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samedi 20 février 2016 à 05:01

J’exige une journée mondiale de la journée sans commémo

437 journées internationales répertoriées, sans être exhaustif



Pouce, temps mort.

 

 

Il ne se passe pas un jour sans qu’on nous colle une journée…internationale, mondiale, nationale du, de, des….

 

 

Ne me regardez pas d’une oreille étonnée et d’un doigt inquisiteur, je n’invente rien.

 

 

Voyons un peu, on va commencer par l’international. Nos politiques et les gens du Medef ne nous parlent que de ça, l’international par ci, l’international par là. Alors on y va.

 

 

Janvier 18 journées qui vont de la journée du Domaine public, à celle de la paix en passant par celle sans pantalon, ou du pop-corn, ou encore des câlins. Que des causes nobles ayant un côté charnel.

 

On trouve aussi des journées sur la cuisine italienne, sur les migrants, les orphelins de guerre et la corse, pour aller vers la protection de données, les lépreux, l’holocauste et la prévention des crimes contre l’humanité.

 

 

Février 24 journées. On commence aussi par du charnel avec les zones humides, le gastronomique avec le Nutella, les mutilations génitales, le syndrome d’Angelman, le patrimoine canadien (tabernacle) la langue maternelle, le scoutisme, le 112, les malades, les baleines, le scoutisme, un jour sans Facebook et compagnie. Et ô curiosité la journée mondiale d’action contre l’ordonnance sur les brevets en Inde.

 

 

Mars 50 journées on entame avec les compliments, la vie sauvage, le tennis, l’impro, la prière, la femme, l’audition, le rein et la plomberie. On est dans la conduite, la bonne conduite et la tuyauterie.

 

On continue avec la césure sur Internet, nous sommes forcément contre même si nous ne savons absolument pas de quoi il s’agit. Nous continuons avec les prières pour la Birmanie, le Pi ( ?), la lutte contre les violences policières (« re ? », ça va faire peur aux policiers brutaux ?), la guerre et le conte (on nous conte la guerre et après nous faisons les comptes), le bonheur et le macaron, les alternatives aux pesticides et le sans viande.

 

 

Avril : 34 et comme c’est le mois du poisson, le 1er c’est donc la journée de la bague, puis le 2 des batailles d’oreillers, de l’autisme, le travail invisible, des roms, de la maladie de parkinson, de l’hémophilie, des radios amateurs, des vocations, du cirque, de la danse et de la non-violence éducative. A côté de cela on va se préoccuper aussi du paludisme, de la sécurité et de la santé au travail.

 

En mai en dehors de faire « ce qu’il te plait » on trouve 41 journées. Comme c’est la fête du travail on colle au 1er mai la journée mondiale du rire, il y a des rapprochements bizarres. Du coup on file au scrapbooking (Késako ? du créacollage ou du collimage), à Star war, aux pompiers, aux sages-femmes, au coloriage, aux orphelins du sida, aux drones, à l’orgue et, à la croix rouge, à la fibromyalgie, à la santé du pied, à l’infirmière (c’était temps qu’elle arrive.). On passe par la biodiversité pour attaquer la thyroïde, la sclérose en plaque, le lupus, l’asthme, l’hypertension, la maladie cœliaque et l’obésité (chérie tu veux encore un peu de tripes à la mode de Caen ?), sans tabac et le droit aux origines pour finir avec le jeu.

 

 

Juin débute ses 36 journées par les parents, puis le lait, la faim, ensuite on se penche sur le cas du travail des enfants et des enfants victimes innocentes d’agression, les enfants africains pour foncer sur la maltraitance des personnes âgées, les violences sexuelles en temps de conflit, les donneurs de sang, la drépanocytose (maladie du sang particulièrement fréquente dans les population d’origine africaine subsaharienne, des Antilles, d’Inde, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen), la mini-jupe, le tricot, le vent, le yoga, les réfugiés, les veuves, l’olympisme mondial, les contrefaçons et le soutien aux victimes de torture. On achève le mois sur les astéroïdes. Nous ne sommes pas fâchés d’arriver en juillet.

 

 

Juillet, sortez les chichons ça commence comme à la Jamaïque avec la journée mondiale du Reggae. (Cousin, « Lève-toi, tiens debout »), du coup on noue le drapeau blanc contre la pauvreté une autre des 19 journées de ce mois de vacances, donc pas trop de commémo. La 3ème journée est celle des ovnis (nous avions prévenus pour les chichons…), ça enquille sur les coopératives, le jour sans sac plastique, celui des armes légères, de la population et de la justice internationale (ma petite entreprise ne connaît pas la crise). Après la journée Mandela ( ?) on attaque le tigre (ça ne nous met pas du baume au cœur) pour virer sur la malbouffe, la jeunesse, le fonio (une céréale), et l’hépatite. Certes ! L’amitié se trouve coincée entre les administrateurs systèmes et la dignité des victimes de la traite d’êtres humains, et de l’amitié il en faut pour supporter les administrateurs systèmes et consolér les victimes. Du coup comme c’est le mois des plages méditerranéennes et de l’ambre solaire, on installe la femme africaine le 31 juillet.

 

 

Il y a des thèmes qui ne sont pas à leur place. C’est la frite qui attaque août, j’aurais plutôt vu le chouchou, le churros… mais bon. Août fait mieux que juillet avec 23 journées mondiales. La frite est immédiatement suivie de l’allaitement maternelle, du ketchup ou de la mayonnaise c’est mieux non ?, mais nous trouvons ensuite la bière, l’éducation (on ne peut pas foutre la paix aux aoutiens ?), le chat et les populations autochtones ( ?), les éléphants et les gauchers, le cerf-volant et la photographie, une pointe avec l’aide humanitaire, le souvenir de la traite négrière et de son abolition.
Ce qui montre bien qu’en août on s’en fout, c’est la succession des journées du chien, du topless, des essais nucléaires (« t’as vu sa poitrine c’est une bombe atomique ». Confidence d’un futur président de la république lors de sa période pré pubère.), de la chauve-souris, des personnes disparues, du blog pour terminer par la prévention des overdoses. Là on se dit la Saint Gilles va pas être triste…

 

 

 

Et bien non mes très chers frères nous attaquons septembre par la journée mondiale de prière pour la création. Mais aussitôt histoire de montrer que l’on ne veut pas couper les cheveux en 4 c’est la journée mondiale de la barbe. C’est au poil, non ?!? Tout logiquement nous attaquons la suite avec la sensibilisation aux vautours (« mon ennemi c’est la finance ! » auteur oublié), ne pas confondre faucon et gypaète barbu qui est un vautour (« Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. » même auteur), et le lendemain la journée internationale de la charité. Ah le fun.

 

Passons l’alphabétisation, la sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale, puisque nous avons juste après la journée mondiale des premiers secours (ils ne sont pas encore parvenus dans le monde entier), juste avant la prévention du suicide et la prévention contre le terrorisme, la journée du lymphome, la prostate, la maladie d’Alzheimer, la leucémie myéloïde.

 

La rentrée ça craint grave. Il y a des jours où l’on n’ose même plus dire bonjour. En même temps une fois que les journées de l’échec scolaire, des sourds, des chercheurs, de la contraception, de l’avortement, du cœur sont passées il reste celles du café, de la rage, de la traduction, du tourisme et des langues, de la bisexualité. On termine par la journée mondiale de la mer.

 

 

Foutu mois de septembre, octobre va sans doute nous arranger ça. 64 journées, ce n’est pas gagné. Pourtant ça démarre fort, le 1er octobre comporte 5 journées de…Chocolat, personnes âgées, urticaire (c’est vrai trop de chocolat peut donner de l’urticaire aux personnes âgées), musique et végétarisme (ce qui n’est pas incompatible.

 

Ensuite, en vrac, nous trouvons la non-violence, l’habitat, l’architecture (quoique certaines architectures de certains habitats soient violentes.). Là où Prévert aurait fait son beurre c’est dans l’hétéroclisme suivant : aveugles et malvoyants, animaux, enseignantes et enseignants, aidants, travail décent, handicap, la poste, santé mentale, peine de mort, accidents vasculaires cérébraux, soins palliatifs, canne blanche, filles, femme rurales, coming out, hamburger.

 

Par exemple vont bien ensemble les journées Christophe Colomb, œuf, solidarité avec les peuples amérindiens, langue et culture créoles, journée missionnaire mondiale, refus de la misère.. En fait le mois se termine bien par deux journées essentielles : la vie et l’épargne. Octobre est rose aussi.

Novembre ne s’annonce pas mal non plus. On songe à préserver l’environnement en temps de guerre, c’est bien, ne pas faire la guerre c’est mieux, mais bon… Côté maladies ça y va fort aussi : sensibilisation aux tumeurs neuro endocrines, pneumonie, vasectomie, diabète, trisomie 21, prématurité, épilepsie, broncho-pneumopathies chroniques obstructives, herpès. Heureusement nous trouvons des journées sur les antibiotiques, l’écrivain africain, les parents au bureau ( ?), la qualité, les stagiaires, la gentillesse, l’utilisabilité (ah cré diou), l’entrepreneur, les écrivains en prison, du coup la journée du recyclage, l’Unesco, les toilettes, l’homme (n’y voyez aucune allusion), le jeu vidéo, la télé, celle du foie gras, celle des enfants des rues, celle de l’égalité des chances….Ces deux dernière sont accolées au 26 novembre entre la journée internationale des aides-soignants et la journée mondiale sans achat, et ce n’est pas ironique du tout.

 

 

 

Commencer décembre par la journée de lutte contre le Sida ça ne vous marque pas l’entrée d’un mois festif. On termine novembre par la journée internationale de solidarité avec le peuple Palestinien et on enchaine avec l’abolition de l’esclavage, pour poursuivre avec les personnes handicapées. C’est du lourd cette semaine-là, puis ô embellie on passe au cinéma indépendant, au ninja, au bénévolat et à la journée mondiale des sols (ce n’est pas la St Maclou, j’ai vérifié) A rappeler qu’en France le 5 décembre c’est la journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, journée faisant concurrence avec celle du 19 mars.

 

S’enclenchent ensuite les journées de l’aviation civile, du climat (ce qui n’a rien à voir avec la météo), la lutte contre la corruption, la laïcité, les droits de l’homme, puis ceux des animaux et du coup la journée mondiale du chant choral. Ça c’est le 11 novembre, chez nous c’est l’armistice de 1918 comme chez nos copains Belges, Canadiens et étatsuniens (vétérans Day). Mais au niveau international c’est la journée mondiale des enfants partis trop tôt et la journée internationale de la montagne.

 

Se suivant vous avez la journée mondiale pour la langue arabe, la journée internationale des migrants, et donc celle de l’humanisme, l’internationale de la solidarité humaine et pour finir de l’orgasme, cherchez l’intrus.

 

 

Tout le monde connaît l’expression « 3 journées en une » appliquée aux mères de famille qui travaillent. Et bien cette volonté mondiale de célébrations, de commémorations, de sensibilisations, d’implications et de persuasions amène le citoyen responsable à célébrer parfois 3 ou 4 journées en une seule.

 

 

C’est bien beau tout ça comme dirait Mme Michu «  mais entre moi j’m’es dit… à la fin de chacune de ces fameuses journées de tous les ans de toutes les décennies est-ce que chacun en sait plus, chacun a reçu plus, a fait plus ? Que des fois ce serait y pas des gadgets comme dirait mon petit neveu ? »

 

 

On peut évidemment se poser la question. Là nous en sommes à 437 journées internationales répertoriées, sans être exhaustif. Et c’est sans compter toutes nos journées nationales. Dans dix ans, à la vitesse où nos problèmes croissent à l’instar de la population où en seront nous et qu’aurons-nous réussi à faire ?

 

 

Le « faire prendre conscience » est-il suffisant et avons-nous une capacité d’intérêt telle que nous puissions en dehors de nous-même nous motiver et nous impliquer pour énormément de choses ?

 

Par exemple êtes-vous motivés par la journée internationale du pull de noël ? ou par la journée mondiale des Otakus si vous ne vivez pas, ne lisez pas, ne vous habillez pas, ne pensez pas, ou ne mangez pas Manga ?

 

Pouvez-vous faire un effort pour la journée mondiale du bégaiement afin d’aider à la résorption de cette infirmité ?

 

Ne vous fatiguez pas mais mobilisez-vous au moins pour la journée internationale de la lenteur ou à défaut le 19 octobre pour la journée internationale de protection des paresseux.

 

 

En conclusion êtes-vous indifférents, dépassés, impliqués, concernés, attentifs ou conscients que trop c’est improductif ?

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

 

 

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Un commentaire sur “J’exige une journée mondiale de la journée sans commémo”

  1. Babs210 dit :

    SUPER !!! GENIAL !!! Et surtout drôle ; cela me rappelle un ancien travail où, étant nombreux, nous avions toujours quelque chose à arroser ; jusqu’au jour où….rien !! nous avons donc arrosé de fait de n’avoir rien à arroser ; Je vous parie que bientôt on aura une journée du … rien .