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samedi 2 janvier 2016 à 06:54

Montceau et les lacs miniers…

... rappel des interrogations d’alors après 30 ans d’existence !



 

 

 

Un article réslisé avec l’aide de Bernard Régnier, ancien maire-adjoint de Montceau-les-Mines.

 

 Le Bassin minier (déjà le nom de bassin), pourrait mériter l’appellation de région des lacs. Car vu d’en haut le paysage est constellé de miroirs. Ces lacs et retenues ne sont pas naturels, ils ont été créés soit pour servir de réserve au canal du centre, pour lutter contre les inondations ou pour combler les découvertes minières.

 

 

Après l’arrêt de l’exploitation, selon les solutions de réhabilitation envisagées, on peut laisser faire la nature et ressurgir les eaux. Dans ce cas ça s’appelle l’ennoyage des découvertes minières par infiltration. En fait, il y a toujours de l’eau qui menace de remplir les galeries ou les carrières à ciel ouvert. Pendant l’exploitation on a durement lutté contre ce phénomène naturel par des pompes d’exhaure.

 

 

Mais qui dit nature et réalisations humaines dit antinomie.

 

 

Un homme a travaillé sur cette antinomie, sur les risques et la confrontation de l’homme avec les conséquences de ses réalisations.

 

C’est Bernard Régnier ancien Maire Adjoint de Montceau-les-Mines (1965-1995). Il fut responsable de la réhabilitation des sites Minier. Il assuma aussi les fonctions de Conseiller Régional.

 

 

L’exploitation minière a généré de multiples fractures dans les couches géologiques, ce qui perturbe lourdement l’équilibre hydrogéologique naturel. Cela entraine une infiltration progressive des eaux souterraines. L’ennoyage permet la reconstitution de la nappe phréatique jusqu’à sa stabilisation. Ce nouvel équilibre engendre des mouvements du sol et du sous-sol et provoque ponctuellement des désordres

 

 

C’est un problème important, prégnant qui a mobilisé l’état et a donné lieu à une mission confiée au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) en 2006, c’est la mise en route de la période “après-mine”

Le sous-sol français est une vaste meule de gruyère qui recèle des centaines de milliers de kilomètres de galeries minières et de puits. L’exploitation minière date de l’époque gallo-romaine. Plus de 520 communes sont en France impactées par les risques miniers.

 

Ceci a amené, après des affaissements terribles dans plusieurs bassins miniers, le gouvernement à créer les Plans de prévention des risques miniers

 

 

Décret n° 2000-547 du 16 juin 2000 relatif à l’application des articles 94 et 95 du code minier

 

Conformément à l’article 94 du code minier, les plans de prévention des risques miniers sont élaborés et mis en œuvre dans les conditions prévues par les articles 40-1 à 40-7 de la loi du 22 juillet 1987 susvisée ainsi que par le décret du 5 octobre 1995 susvisé pris pour l’application desdits articles, sous réserve des dispositions particulières aux risques miniers précisées à l’article 2 du présent décret.

 

Art. 2. – I. – Les risques pris en compte, au titre de l’article 2 du décret du 5 octobre 1995 susvisé, sont notamment les suivants : affaissements, effondrements, fontis, inondations, émanations de gaz dangereux, pollutions des sols ou des eaux, émissions de rayonnements ionisants.

 

Bernard Régnier est préoccupé dès les années 1980 et l’ »après mine » des conséquences de la « réhabilitation » des sites miniers.

 

 

Des exemples parfois dramatiques ont permis de classifier ce qui est convenu d’appeler des séquelles minières environnementales.

 

 

On trouve les fontis (instabilité localisée qui s’initie par l’éboulement du toit d’une cavité souterraine d’assez faible extension et située à faible profondeur), affaissements de terrain, glissements de terrain, ravinements. On observe des effets négatifs sur les nappes phréatiques et sur certaines masses d’eau superficielles, aussi bien quantitativement que qualitativement.

 

 

Dans ses études Bernard Régnier s’est intéressé au lac Saint Louis qui fut son grand œuvre dans le projet de réhabilitation des découvertes de Montceau.

 

Il examine les facteurs de risques. Le premier est dû à l’instabilité des berges, conséquence des méthodes de remblaiement des berges abruptes, particulièrement sur le versant côté stade des Alouettes. Le second est un phénomène physique appelé « effet thermosiphon » dû aux écarts de températures entre la surface et le fond à 50/60 mètres et à la forme du lac en forme de pyramide inversée. Ce qui est connu sous le nom d’inversion des courants, les courants froids remontent en provoquant une alternance de zones chaudes et froides avec pour le plongeur un réel danger d’hydrocution.

 

Le troisième risque tient à la conformation de la nappe d’eau et à sa profondeur. La pression hydrostatique dans l’eau douce est de 1, soit 1 bar pour 10 mètres de profondeur ou 1Kg au cm2. Et elle s’accroit d’autant à chaque tranche de 10 mètres.

 

A 50 mètres elle sera donc de 6 bars (1bar d’atmosphère plus 1 bar par 10 mètres de profondeur), soit 6 kg au cm2. C’est beaucoup, énorme en fait, et réservé aux adeptes de plongée de niveau 3 et déconseillé très, très, fortement aux amateurs de « petites baignades »

 

 

A l’époque Bernard Régnier soulignait un quatrième risque concernant la tenue (solidité) du bouchon de remblai qui obstrue le tube du puits. Il semble qu’en 30 ans rien ne se soit produit à ce niveau.

 

Il menait aussi une réflexion sur les absences d’abattage des arbres dans la fosse « locodrome-Poudrière » et sur les « faiblesses » des purges mécaniques et industrielles des installations.

 

 

En même temps lorsque dans les années 80 la ville lance cette opération de chirurgie esthétique réparatrice le concept « l’après mine » n’est pas né. Les études du BRGM interviendront deux décennies après.

 

Nous étions là dans les visions de précurseurs. Et s’ils ne disposaient pas de toutes les informations et données actuelles ce qu’ils ont réalisé existe et fonctionne encore.

 

Mais il faut être réaliste, les cicatrices causées par l’exploitation minière ne sont pas comparables aux travaux d’excavation que l’on ferait pour réaliser un bassin de plongée ou une piscine naturelle. Alors oui, il y a des risques, mais en 30 ans ils n’ont pas bouleversé les lieux ou mis en péril les installations ou la vie humaine.

 

Par contre ils ont bénéficié à toute la population et leur ont beaucoup apporté.

 

 

Et puis en Bourgogne l’eau c’est beau mais le vin c’est bon.

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

lac sanvignes 3007142

 

 

lac 23 12 15

 

 

lac 23 12 152

 

 

lac 23 12 151

 

 

 

 

 

 

 



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Un commentaire sur “Montceau et les lacs miniers…”

  1. beauregard dit :

    Gardons notre Montceau les Mines !