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jeudi 14 mai 2020 à 05:47

Le retour des sourciers pour parer les pénuries d’eau

Les agriculteurs très demandeurs



 



 

Pascal Paget est tombé dedans lorsqu’il était petit. A 10 ans, il a rencontré un sourcier et découvert que l’on pouvait grâce à ses ressentis trouver de l’eau. Il a alors commencé à s’y intéresser, puis à pratiquer. Aujourd’hui âgé de 58 ans, il pratique à titre professionnel depuis 12 ans, en Saône-et-Loire et parfois au-delà selon les demandes.

Et les sourciers sont encore bien recherchés aussi bien par les particuliers qui constituent 50 % des demandes que par des agriculteurs.

 

Ces dernières années, Pascal Paget remarque qu’il est davantage sollicité. Certes il est davantage connu avec le temps grâce à l’organisation de stages. Toutefois, il a remarqué que depuis une vingtaine d’années de plus en plus de personnes se sont mises à refaire des puits.

 

Le coût de l’eau est à l’origine du regain d’intérêt en direction des puits en même temps que les conditions climatiques actuelles et la progression d’épisodes de canicules ces dernières années.

 

Des agriculteurs qui font de plus en plus de forages

 

Le manque d’eau touche de plus en plus les professionnels, notamment les agriculteurs. Pour s’occuper de leurs animaux dans les prés, ils avaient pris l’habitude de transporter beaucoup d’eau. Ils se sont rendus compte qu’ils perdaient beaucoup de temps à le faire, raison pour laquelle ils se tournent à présent vers les sourciers. Pascal Paget nous indique ainsi faire beaucoup de recherche dans les prés.

 

Encore en 2019, « on s’est aperçu qu’il y avait des déficits sur les veines de surface où il n’y en avait jamais eu jusqu’à présent. » explique-t-il avant d’ajouter : « l’eau existe toujours mais plus en profondeur. »

 

En outre, le sourcier déplore le manque d’entretien des sources et des puits. Comme il raconte : « dans le coteau, il y a une résurgence. Il y a une fontaine à nettoyer, enlever les végétaux et désensabler pour permettre à l’eau de nouveau de circuler dans les cours d’eau. »

De la même manière, un puits s’entretient, se recreusent. Beaucoup de puits ont été creusés à la main nous explique-t-il.

 

Il est d’ailleurs souvent contacté par des propriétaires qui savent l’existence d’un puits sur leur terrain ou d’une source et qui souhaitent la retrouver. « C’est souvent dû à des coups de sécheresse ».

 

Et de poursuivre : « Il y a encore des hameaux isolés qui n’avaient que ça, dans le Morvan par exemple. »

 

Une augmentation de la consommation en eau

 

Pascal Paget se rappelle sa grand-mère qui rapportait l’eau du puits, le poids des seaux et aussi les gestes du quotidien pour économiser l’eau. Aujourd’hui la consommation d’eau a augmenté aussi, plus qu’il y a 50 ans.

Chez les agriculteurs on est ainsi passé d’exploitations où il y avait jusqu’à 5 bêtes à certaines pouvant en accueillir jusqu’à 250, indique le sourcier.

 

Ce sont ainsi les quantités d’eau nécessaires aux bêtes que les agriculteurs cherchent. Le puits de la ferme n’a plus la quantité requise. Ils font des forages ou re nettoient les puits.

Pour le sourcier, il est indéniable qu’il y a un réchauffement climatique. Pour autant, il considère que les quantités d’eau de pluie sont les mêmes. La différence notable porte sur la capacité des sols aujourd’hui à les absorber : il parle ainsi d’à-coups dans la météo qui génèrent les problématiques actuelles d’accès à l’eau naturelle, des à-coups qui ont des effets directs sur les puits et les nappes de surfaces, nous indique-t-il.

 

Pour les agriculteurs, un forage a un coût : entre 110 et 140€ du mètre de forage en moyenne.

 

Un sourcier qui travaille à l’ancienne avec ses baguettes de noisetier

 

Pascal Paget travaille à l’ancienne avec ses baguettes de noisetier. Cela peut être un autre bois, mais il doit être souple. Pour mesurer la profondeur à laquelle se trouve l’eau, il mesure grâce à l’aide d’un pendule. « On n’a rien fait de mieux. Les outils n’ont pas évolué » nous expliquent-ils.

 

S’il n’assure pas une réussite à 100 %, ses résultats sont globalement bons pour un tarif de 60€ plus les frais de déplacement. Et le sourcier se déplace toute l’année, de la Région Parisienne à l’Auvergne en passant par la Bourgogne. Ce sont ainsi 30 000 km qu’il fait au volant de sa voiture chaque année pour permettre à chacun de trouver l’eau si précieuse ces dernières années, que ce soit pour arroser son jardin ou abreuver les bêtes d’une exploitation agricole.

 

Autrefois répandus dans nos campagnes, les sourciers se font plus rares, raison pour laquelle Pascal Paget propose des stages pour permettre à chacun de se remettre à rechercher l’eau précieuse pour nous tous.

 

Pour en savoir plus sur son expérience, découvrez son site pascalpaget.com

 

EM

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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