Agriculture : Assemblée Générale de la FDSEA
Les agriculteurs affichent leur détermination : « On ne lâchera rien. »

La salle EVA de Blanzy était bien remplie vendredi 13 mars pour la 81ᵉ assemblée générale de la FDSEA de Saône-et-Loire. Adhérents, responsables agricoles, élus et partenaires du monde rural se sont retrouvés pour dresser le bilan de l’année 2025 et évoquer les défis à venir.
Entre crises sanitaires, défis climatiques et tensions politiques autour de la PAC et des accords commerciaux, l’année 2025 n’a pas épargné les agriculteurs de Saône-et-Loire. Réunie à Blanzy pour sa 81ᵉ assemblée générale, la FDSEA 71 a dressé le bilan d’une année de combats syndicaux et de solidarité professionnelle. Dans un contexte tendu, le syndicat affiche sa détermination. « on ne lachera rien ». Un message clair adressé à la fois aux agriculteurs, aux décideurs politiques et à l’ensemble de la société.
Cette assemblée générale a réuni de nombreux représentants du monde agricole et des institutions. Outre les adhérents, étaient notamment présents des représentants de la Chambre d’agriculture, de la MSA, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, des diverses instances et association et des élus qui avaient fait le déplacement. Hervé Mazurek, maire de Blanzy qui a suivi l’ensemble des débats avec une grande attention, la sénatrice Paulette Mattray, Jérémy Decerle, député européen, Sylvie Montaron-Clément, conseillère départementale représentant le président André Accary, un certain nombre de maires ruraux
Leur présence a illustré l’importance du dialogue entre la profession agricole et les institutions.
Christian Bajard, président de la FDSEA 71, et Anton Andermatt, secrétaire général, ont dressé le constat d’une année marquée par les incertitudes. Instabilité politique, pression réglementaire, volatilité des marchés : les agriculteurs doivent composer avec un environnement de plus en plus complexe. À cela s’ajoutent les aléas climatiques qui ont marqué l’année 2025, printemps très pluvieux, épisodes de fortes chaleurs, périodes de sécheresse. Ces phénomènes fragilisent les productions et rappellent l’importance de disposer d’outils efficaces de gestion des risques.
Et puis il y a eu la période crève-cœur : la dermatose nodulaire contagieuse. Ça a été aussi une crise révélatrice de la solidarité agricole
La crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse a profondément marqué les éleveurs bovins du département. Lors de l’assemblée générale, François Chamot est revenu sur cette période difficile avec une intervention empreinte d’humanité et d’empathie. Il a rappelé l’ampleur de la mobilisation qui s’est organisée pour accompagner les éleveurs touchés par la maladie. Sur le terrain, vétérinaires, agriculteurs et réseaux professionnels se sont mobilisés quotidiennement pour gérer la crise. La solidarité s’est également exprimée au-delà des frontières du département. « Dans ces moments-là, la profession sait se serrer les coudes. »
Le soutien venu d’autres territoires, notamment des Savoies, a été particulièrement salué.
Le président des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire a tenu à remercier publiquement François Chamot ainsi que l’ensemble des acteurs mobilisés : « Merci pour ce travail de terrain, pour la solidarité entre départements et pour l’accompagnement des éleveurs. »
Cette crise a aussi ravivé des tensions syndicales. Plusieurs intervenants ont dénoncé l’attitude de certaines organisations agricoles accusées d’avoir adopté des positions jugées irresponsables et populistes. Pour la FDSEA et les JA, la gestion de la crise a démontré l’importance d’un syndicalisme responsable et organisé.
Enorme paradoxe : l’agriculture recrute… mais peine à recruter. Autre sujet majeur abordé lors de l’assemblée générale : l’emploi agricole. Contrairement aux idées reçues, l’agriculture continue de proposer de nombreux emplois de salariés agricoles, de techniciens, de responsables d’exploitation, d’apprentis.
Pourtant, les exploitations rencontrent de plus en plus de difficultés à recruter. Les responsables syndicaux pointent notamment les incertitudes entourant les politiques publiques en matière d’apprentissage. « Les promesses de l’État sur l’apprentissage sont de moins en moins tenues. ». Or, pour la profession, l’apprentissage reste un levier essentiel pour transmettre les savoir-faire, préparer la relève, maintenir l’activité dans les territoires ruraux.
Face à ces évolutions, certains responsables agricoles commencent à s’interroger sur la cohérence des politiques de formation.
Une difficulté générationelle ou une différence philosophique est soulevée par le passage de la JA (Jeunes Agriculteurs) à la FDSEA. Certains y voient un défi générationnel. La question du renouvellement des générations se pose également au sein même des organisations professionnelles. Lorsque les responsables des Jeunes Agriculteurs dépassent l’âge limite de leur organisation, ils rejoignent naturellement la FDSEA. Mais cette transition n’est pas toujours simple. Certains jeunes responsables évoquent des difficultés d’intégration face à de nouvelles méthodes de travail, un fonctionnement syndical différent, une nécessité de trouver leur place dans les instances. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de réussir cette transition. « Il faut savoir accueillir les nouvelles générations et leur laisser la place de s’engager. » L’enjeu est majeur pour garantir le renouvellement du syndicalisme agricole.
Autre évolution notable : la féminisation progressive des responsabilités agricoles. Et en effet les femmes sont de plus en plus présentes sur le terrain, dans les exploitations comme dans les organisations professionnelles. Elles occupent une place croissante, mais elles n’obtiennent pas encore l’audience et le poids correpondants à leur quantité et leurs qualités. Cette évolution se traduit également au sein de la FDSEA, où de plus en plus d’agricultrices participent aux instances et aux responsabilités syndicales. Une dynamique saluée comme un facteur de modernisation du monde agricole mais qui peine encore à s’affirmer, surtout aux yeux des militantes.
L’année 2025 a été particulièrement dense pour la FDSEA 71. Le syndicat s’est mobilisé sur plusieurs dossiers majeurs : défense de la loi Duplomb, opposition à l’accord commercial UE-Mercosur, défense de la souveraineté alimentaire, accompagnement des exploitations face aux crises. Des mobilisations ont également été organisées à Paris et à Bruxelles pour alerter les décideurs européens.
La FDSEA 71 s’appuie sur un réseau structuré de sections ancré dans les territoires dans les domaines de la viticulture, de l’élevage bovin et ovin, des grandes cultures, des fermiers-bailleurs, des agricultrices et des retraités agricoles.
Ces sections assurent une présence forte sur le terrain et permettent de relayer les préoccupations des exploitants.
Face aux crises multiples qui traversent le monde agricole, la FDSEA de Saône-et-Loire a affiché, ce 13 mars à Blanzy, sa détermination. Le syndicat entend poursuivre son travail de représentation et de défense des exploitations agricoles auprès des pouvoirs publics.
Le message adressé à l’issue de cette assemblée générale est sans ambiguïté : « On ne lâchera rien. »
Gilles Desnoix

















