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mercredi 28 avril 2021 à 06:11

Docs ici, Courts là ! Courts métrages et documentaires de Bourgogne-Franche-Comté en libre accès

Rencontre avec Louise Courvoisier, réalisatrice



 



 

 

Ce mardi soir, l’APARR organisait une rencontre par visioconférence avec la réalisatrice Louise Courvoisier.

L’APARR (Association des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel de Bourgogne-Franche-Comté) propose en accès libre une sélection de documentaires et courts métrages en lien avec la Région Bourgogne Franche-Comté, depuis le site de Docs ici, Courts là.

Ce sont ainsi 46 documentaires et courts métrages régionaux qui sont accessibles gratuitement en ligne (après simple inscription sur le site de Docs ici, Courts là). L’opération va s’arrêter le 23 mai.

 

Pour donner envie de découvrir ces œuvres et maintenir le lien avec leurs auteurs, l’APARR propose des parcours thématiques enrichis de rencontres en ligne avec les réalisateurs et réalisatrices !

Ce mardi 27 avril à 18h00, on pouvait ainsi échanger avec Louise COURVOISIER, auteur-réalisatrice (originaire du Jura) autour de son court métrage Mano a Mano (Prix Cinéfondation du Festival Cannes 2019), que vous pouvez découvrir dès maintenant en ligne !

 

Louise Courvoisier

 

Louise Courvoisier est originaire du Jura, et a fait ses études à La Cinéfabrique à Lyon. Elle remporte le Prix Cinéfondation à Cannes en 2019 pour Mano a Mano. La sélection comprenait 17 films d’étudiants en cinéma, choisis parmi 2 000 candidats en provenance des quatre coins du monde. Son film précédent, La Jarretière (2017) avait été en partie tourné dans le Jura, à Cressia. En 2020, elle réalise un documentaire, produit par Agat Films, Roule ma poule, qui suit la tournée du spectacle éponyme d’une troupe de cirque itinérant.

Elle est actuellement en cours d’écriture de son premier long métrage de fiction.

 

Mano a mano est le film de fin d’études de Louise Courvoisier.

 

Louise a suivi ses études dans le département scénario de son école lyonnaise. Elle a réalisé 5 courts-métrages pendant ses études. Elle a décidé de parler du cirque, un monde dont elle est assez proche. L’équipe était une équipe de l’école. Elle a tourné tous ses courts-métrages dans le Jura sauf un documentaire au Sénégal. Sa famille participe beaucoup à la réalisation des films.

 

Ses deux frères sont circassiens de formation et l’un est professionnel. « C’est un challenge pour moi de se dire que je vais filmer le cirque sans être dans la captation. C’est aussi changer la vision du cirque, montrer les coulisses » a-t-elle expliqué.

 

Mano a mano

 

Avec le chef opérateur, elle avait fait des tests avant le tournage. « On a assez vite voulu montrer ce qui se passe entre eux et pas les acrobaties. On n’essaie pas de montrer les figures. Le plus juste c’était d’être sur scène avec eux. On a réfléchit longtemps. Je me suis rendue compte que c’était une contrainte. C’est quelque chose à trouver. Pour le plan séquence du début, je pense que c’était le plus naturel pour moi et pour lui. Les premières scènes sont importantes. On a envie d’être emmené. Il y avait plein de déplacements. J’avais imaginé au scénario. On a travaillé avec la costumière, 3 mois avant. Petit à petit, il y a d’autres choses qui se sont construites autour. Pour le chef opérateur c’était évident de tourner à l’épaule. »

 

Elle raconte l’importance des silences, du travail sur l’expression des corps.

 

« Ils ont un rapport au corps qui facilite les scènes de corps. Tout ce qui était la dernière scène, c’était très facile de construire avec eux. J’adore travailler avec des non-professionnels. C’était une évidence aussi avec les circassiens. J’ai travaillé avec des gens que je connaissais très bien. On a fait trois semaines de répétition. Ils ont l’habitude d’un jeu. Donc cela nous a pris du temps pour un travail de dé-construction. C’était un travail assez difficile pour eux au début. J’arrive au milieu d’un couple aussi. Il fallait que je trouve ma place. Il y a quelque chose physiquement qui fonctionne avec eux de base. » explique-t-elle.

 

Et de poursuivre concernant ses autres films :

« C’est un hasard que j’ai deux autres films sur le cirque. Il y a des thèmes récurrents. J’aime bien tourner dans un décor rural. Je tourne dans le Jura. Il y a eu des sujets différents. »

 

Les choix de la réalisatrice

 

« Malgré moi, j’avais envie de décrire le sentiment d’étouffer quand on est avec quelqu’un. Cela mélange tout : amitié, vie commune etc. De montrer ce sentiment d’étouffement qu’on peut reconnaître mais qu’on a du mal à expliquer. En plus pendant le tournage, on ne tournait pas dans l’ordre. Ce moment où elle sort toute seule, on la voit dans un autre état. Le moment où elle peut s’échapper, c’est comme un moment de liberté. Tout se jouait dans un contraste. On espérait qu’au montage, cela allait passer. » a-t-elle expliqué.

 

« Dans Mano a mano, il n’y a pas forcément une critique du cirque. J’ai choisi un acteur qui a une certaine carrure. Il peut être vu comme ayant une certaine emprise. C’était particulier de cette histoire d’amour. A ce moment-là il n’a pas senti. Il n’a pas capté. Il a été un peu maladroit. Il se rend compte qu’il est en train de la perdre. Il est démuni. Dans la Jarretière, la critique est plus officielle. » dit-elle au sujet de l’histoire du couple.

 

« C’est une histoire de dépendance. Ils doivent être un. Il y a une écoute qui n’existe plus dans un duo qui fonctionne depuis longtemps. » ajoute-t-elle.

 

Le corps imposant

 

« Oui le corps imposant. C’est vrai c’est très peu bavard. J’ai coupé des scènes que j’avais écrites. De le filmer, cela la rendu crédible cet espace. » explique Louise qui a beaucoup travaillé sur les scènes.

 

Elle poursuit ses explications sur le tournage, les difficultés rencontrés comme pour le plan sur la clé, des plans qui prennent toute leur importance lors du montage.

Elle revient sur l’écriture du film de genre comme pour la Jarretière, film de genre thriller.

 

Mano a mano peut brouiller les pistes entre documentaire et fiction. « J’ai l’impression que c’est plus vrai dans mon documentaire où on filme plus avec une optique fiction. Mais la frontière entre les deux, il y a de la narration entre les deux. Le documentaire s’écrit énormément. » poursuit-elle.

 

La réalisatrice ne souhaite pas se cantonner dans un genre. « J’ai l’impression que c’est le projet qui appelle le genre. Je suis plus proche de la fiction. J’ai plus envie de faire de la fiction en ce moment. Je n’ai jamais eu l’impression que ce soit un choix. » confie-t-elle.

 

Louise a tourné Roule ma poule après Mano a mano.

 

Depuis le 1er prix fondation du festival de Cannes, Louise Courvoisier avoue que c’était une surprise. « On avait fait un film de fin d’études. On loupait les deadlines. J’envoie un lien à l’élève producteur pour Cannes. On a réussi à l’envoyer. Quelques mois après j’ai été contactée pour me dire que j’étais sélectionnée. J’ai eu l’impression que c’était une blague. Finalement j’ai pu prendre avec moi Luka et Abby qui n’étaient pas acteurs. C’était chouette. » se rappelle-t-elle.

 

Un long métrage qui sera présenté à Cannes

 

Louise avoue ne pas être cinéphile. La Cinéfondation est une sélection mondiale. Elle est très heureuse de l’expérience humaine qu’elle a vécu. Des producteurs sont venus la chercher. Elle a dû se décider. La productrice avec laquelle elle s’est engagée l’a rassuré en lui proposant de faire un test.

Le long métrage que Louise écrit depuis un an et demi ira à Cannes ! Le long métrage constitue pour elle une longue aventure. « On revient dans un terrain rural, sur des gens du village dans lequel j’ai grandi » nous dévoile la réalisatrice qui réalisera son film avec des acteurs professionnels.

 

Lors des échanges, une personne indique avoir apprécié une approche sociologique des gens du cirque.

 

Le début de soirée a été très riche d’échanges : relations avec les autres professionnels de tournage, l’importance de la confiance, la peur de passer à côté du film, se poser des questions jusqu’à la fin du film…

 

 

 

 



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