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dimanche 29 mars 2026 à 05:46

Montceau-les-MInes : Exposition de Julien Clar

15 600 mouchoirs : le rideau saisissant de l’exposition 23h59



 

 

Elle était attendue depuis des mois, presque comme un rendez‑vous suspendu. Le public l’a enfin découverte ce samedi à l’Embarcadère, et l’enchantement a été immédiat. Il s’agit bien sûr de l’exposition du métallier d’art Julien Clar, qui, pour l’occasion, a imaginé une mise en scène si subtile et si maîtrisée que les visiteurs en sont restés médusés.

23h59, la dernière minute de la journée

Intitulée « 23h59 », cette exposition prend la forme d’un récit intime, un arrêt sur image au bord du basculement. Julien Clar y explore la mort, non pas dans sa brutalité ou son éclat tragique, mais comme un moment d’introspection silencieuse, dépouillée de toute dramatisation.

Cette dernière minute du jour devient le symbole d’un instant fragile, celui où l’on se dérobe à soi-même, où le regard se replie avant de franchir le seuil du lendemain.

Un rideau de 15 600 mouchoirs en papier

Au centre du parcours, un objet humble s’impose : le mouchoir. Un rideau monumental, composé de 15 600 mouchoirs, y est suspendu. Parfaitement éclairé et traversé par un souffle d’air discret, il ondule doucement, comme une respiration.

Ce tissu ordinaire, léger et vulnérable, se transforme ici en motif chargé de sens. Il évoque la tristesse, la maladie, la perte, mais aussi la retenue, le soin, l’effacement volontaire.

Dans cette œuvre où tout semble prêt à disparaître, le mouchoir devient le témoin d’une émotion contenue, d’un passage, d’un dernier souffle avant la nuit.

Le mur des regrets

On découvre également dans cette sublime exposition, « Le mur des regrets », une installation participative où chacun est invité à inscrire, sur un simple mouchoir, l’un de ses plus grands regrets.

Une fois les mots déposés, le visiteur glisse ce mouchoir dans les interstices du mur, comme pour enfouir symboliquement ce qu’il souhaite laisser derrière lui. Ce geste discret, presque rituel, prolonge le thème de l’exposition : une émotion contenue, un aveu fragile, un pas vers l’effacement.

Un espace intime fissuré

Autre élément intrigant du parcours : une structure de lit, posée directement sur un lit de terre, au centre duquel repose un cadre brisé.

Cette installation, à la fois simple et déroutante, évoque un espace intime fissuré, un lieu de repos devenu fragile. Le lit, symbole du refuge quotidien, se trouve ici confronté à la matière brute du sol, tandis que le cadre cassé suggère une rupture, un souvenir altéré, une image que l’on ne parvient plus à contenir. L’ensemble renforce cette atmosphère de basculement silencieux qui traverse toute l’exposition.

Une visite s’impose

Et pourtant, malgré tout ce que nous venons d’évoquer, nous sommes encore loin d’avoir tout révélé. L’exposition regorge de détails, de symboles discrets, de respirations silencieuses qu’aucun texte ne peut vraiment restituer.

Pour saisir pleinement la force de « 23h59 », il faut s’y rendre, se laisser envelopper par l’atmosphère, marcher entre les œuvres et sentir ce moment suspendu que Julien Clar parvient à créer. Rien ne remplace l’expérience directe.

Et cette exposition est tout ce que vous n’avez jamais vu ailleurs !

Un travail singulier et profond

Après que le très nombreux public a découvert l’exposition, Isabelle Louis, nouvelle maire de Montceau, a pris la parole. Elle a exprimé tout le plaisir qu’elle avait à accueillir, d’une part, plusieurs membres de l’équipe municipale sortante, dont Marie‑Claude Jarrot, et, d’autre part, l’artiste Julien Clar lui‑même. Son intervention, chaleureuse et attentive, a souligné l’importance de cette exposition pour la ville et pour ceux qui la font vivre.

Mme Louis a également précisé que l’exposition de Julien Clar constituait son tout premier vernissage en tant que maire. Elle en a profité pour saluer le travail singulier et profondément expressif de l’artiste, dont les œuvres, selon elle, portent une force rare.

La modestie de l’artiste

À son tour, Julien Clar a tenu à remercier chaleureusement l’équipe de l’Embarcadère, qui l’a accompagné tout au long de la préparation de cette exposition. Visiblement ému par l’affluence, il s’est dit ravi de voir autant de visiteurs réunis pour découvrir son univers. Ce vernissage, d’une ampleur rarement atteinte, a marqué les esprits par son caractère unique et résolument personnel.

Du grand art, sans conteste.

Autoédition artisanale à réserver d’urgence

Julien Clar propose également une autoédition entièrement artisanale réunissant 24 haïkus. Tirée à 365 exemplaires, chacun signé et numéroté, cette édition limitée constitue une pièce rare, pensée comme un prolongement intime de l’exposition.

Disponible uniquement en pré‑commande, elle pourra être retirée sur place le 6 juin, dernier jour de « 23h59 ».

Une occasion unique de repartir avec une œuvre personnelle de l’artiste et les exemplaires risquent de disparaître très vite.

 

Conférence et table ronde

Tout au long de l’exposition, Julien Clar et l’équipe de l’Embarcadère proposent plusieurs rendez‑vous destinés à approfondir le thème central de « 23h59 » : la vie à travers la mort.

Mercredi 29 avril à 18h30 

Conférence de l’artiste : présentation de sa démarche, de ses intentions et des réflexions qui ont nourri la création de l’exposition. Une occasion rare d’entrer dans les coulisses de son travail.

Mercredi 27 mai à 18h30 

Table ronde « La vie et la mort » : un temps d’échange ouvert à tous, pour interroger notre rapport à la finitude et partager différentes perspectives sur ce sujet universel.

Ces rencontres sont ouvertes à tous, mais la réservation est obligatoire.

De beaux moments en perspective pour prolonger l’expérience de l’exposition et en saisir toute la profondeur.

Et si ces rendez‑vous existent, c’est bien parce que « 23h59 » mérite d’être vécue pleinement. Rien ne remplace l’expérience de l’exposition elle‑même : marcher entre les œuvres, ressentir l’atmosphère, se laisser surprendre par la délicatesse des installations.

Une exposition à voir absolument, pour sa force, sa poésie et la profondeur du regard qu’elle porte sur nos fragilités.

 

Nelly Desplanches

 

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