Des pages plein les yeux avant l’été
Quels livres emporter dans sa valise cet été ? Les lecteurs de Mine de Lire ont leur sélection.
Le dernier Café-lecture avant les vacances d’été s’est tenu le 10 juin 2026, au bistrot des Mimis. Ce n’est pas la fin des activités au mois de juin pour Mine de Lire, car il reste encore la « balade contée » à l’école maternelle de La Charbonnière le 25 juin au matin et l’après-midi « lecture expressive » avec les classes de CM2 des écoles René Picard et Jean Régnier le 30 juin.
Le café lecture reste un carrefour de culture important où se mêlent adhérents et lecteurs venus de tous horizons sur le bassin minier. Les adhérents, après cette année bien chargée en activités diverses, vont se reposer en juillet et en août pour profiter du soleil, de leur famille et, également, découvrir de nouvelles régions lors de vacances bien méritées.
Le 10 juin à 18 heures, ils se sont retrouvés à 7 pour partager et échanger leurs différents coups de cœur, leurs éblouissements ou leurs sujets de débat.
Pour les livres, 7 ont été présentés et discutés. Ce sont toujours des moments passionnants d’échanges et souvent de prêt entre les personnes présentes. Lire c’est formidable, mais partager ses lectures c’est encore plus fort.
– Les sept sœurs : Lucinda Riley, paru chez Le Livre de poche, collection littérature, une saga en 8 tomes qui retrace le parcours de sept (ou six) sœurs toutes adoptées par le même homme. À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a adoptées aux quatre coins du monde lorsqu’elles étaient bébés, Maia d’Aplièse et ses sœurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique château sur les bords du lac de Genève.
Pour héritage, elles reçoivent chacune un mystérieux indice qui leur permettra peut-être de percer le secret de leurs origines. La piste de Maia la conduit au-delà des océans, dans un manoir en ruines sur les collines de Rio de Janeiro, au Brésil. C’est là que son histoire a commencé… Secrets enfouis et destins brisés : ce que Maia découvre va bouleverser sa vie. Chaque tome concerne une des sœurs ; on voyage, chaque fois, dans un pays différent. C’est passionnant.
– Sur les traces de la ligne de démarcation en Saône-et-Loire : Sébastien Joly. C’est l’occasion de revenir sur la conférence qui s’est tenue à Blanzy le 29 mai ; durant environ 2 heures, Sébastien Joly nous a transmis des histoires, des moments difficiles, des drames qu’il est allé puiser dans la mémoire de nos anciens. Tout l’auditoire est resté attentif et captivé. Longtemps oubliée dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation, frontière intérieure du 22 juin 1940 au par mars 1943, traversant treize départements français dont la Saône-et-Loire, a pourtant marqué les esprits et la vie quotidienne sous l’occupation. Frontière terrestre mais aussi économique, politique, financière, administrative et postale, elle a désorganisé la vie des Français pendant la guerre, et notamment de ceux vivant à proximité, appelés les « frontaliers ». Retour sur cette « blessure française » de son installation à sa suppression, au plus près du quotidien des Français sous l’occupation avec de nombreux témoignages collectés dans le département, qui, plus de 80 ans après, laisse encore aujourd’hui de nombreuses traces dans le paysage.
– La révolution intérieure : Louis Arnaud : Éditions des Équateurs Ce livre fait suite à une conférence qui s’est tenue en mars 2026 aux Ateliers du Jour. Ce récit, qui décrit le vécu moral de l’enfermement de Louis Arnaud, émeut par l’extrême humanité des prisonniers avec lesquels l’auteur a partagé sa détention arbitraire. De prisonnier d’État en Iran à combattant de la liberté intérieure. De 2022 à 2024, Louis Arnaud a été otage en Iran, enfermé dans l’une des prisons les plus redoutables du monde. Réduit à l’état d’animal, il subit de nombreux interrogatoires, de la torture psychologique. Pourtant, c’est en prison qu’il découvre la liberté.
Son récit est celui d’un apprentissage de la liberté intérieure. En choisissant de tenir sa dignité, Louis Arnaud s’affranchit de la servitude pour recouvrer la seule liberté qui soit absolue : celle qui ne dépend que de nous-mêmes. Cette transformation profonde passe par plusieurs étapes, dont le dépassement d’une vision manichéenne de l’existence et la libération du potentiel inépuisable de l’esprit. En changeant de regard sur sa condition, en devenant non plus la victime mais le survivant, non plus le prisonnier mais l’anthropologue, non plus l’otage mais le combattant, il parvient à se sauver, donnant du sens à son calvaire.
Louis Arnaud découvre qu’au sein de l’adversité extrême naît une fraternité inattendue, presque sacrée. Chaque rencontre, chaque échange tisse un lien indéfectible, un rappel puissant que, même dans les ténèbres, l’humanité persiste et résiste. Un récit captivant, sidérant, profondément humain.
– Les sources : Marie-Hélène Lafon : Buchet-Chastel collection Littérature française : Le récit d’une femme, mère de famille, vivant dans une ferme isolée, dans les années 60, avec un mari violent qu’elle n’a pas choisi. Elle devrait tout quitter, mais qu’il est difficile de se résoudre à partir… La cour est vide. La maison est fermée. Claire sait où est la clef, sous une ardoise, derrière l’érable, mais elle n’entre pas dans la maison. Elle n’y entrera plus. Elle serait venue même sous la pluie, même si l’après-midi avait été battue de vent froid et mouillé comme c’est parfois le cas aux approches de la Toussaint, mais elle a de la chance ; elle pense exactement ça, qu’elle a de la chance avec la lumière d’octobre, la cour de la maison, l’érable, la balançoire, et le feulement de la Santoire qui monte jusqu’à elle dans l’air chaud et bleu.
Années 1960. Isabelle, Claire et Gilles vivent dans la vallée de la Santoire, avec la mère et le père. La ferme est isolée de tous.
– Une unique lueur : Fred Vargas : Flammarion. Dans ce roman policier, on retrouve Adamsberg et son équipe atypique enquêtant sur un tueur en série de jeunes femmes. Les enquêteurs découvrent que ce dernier est fasciné par une icône du cinéma…
— Vous avez regardé les photos, Danglard ? De la scène du crime ? demanda Adamsberg.
— Cela va de soi.
— Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.
— Tiens. Et cela vous raconte quoi ?
— Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?
— Aucune idée.
— Faites un effort, nom d’un chien.
— Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
— Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Mais le quelque chose, commandant. On commence par là.
– La librairie des chats noirs : Piergiorgio Pulixi : Gallmeister collection fiction. Nommer entre 2 êtres aimés lequel mourra et lequel vivra, c’est le choix que doivent faire les victimes d’un assassin particulièrement cruel. Pour cela, la police fait appel à un club de lecture (qui a déjà aidé à résoudre une enquête complexe) qui se réunit le mardi dans une librairie. Ce récit rend hommage aux auteurs de polars ; l’écriture de l’auteur est particulièrement agréable et addictive. Une minute. Pas une seconde de plus. C’est le temps dont dispose la proie d’un assassin sadique pour prendre une terrible décision : choisir entre les deux êtres qui lui sont les plus chers, lequel vivra et lequel mourra. Après plusieurs de ces crimes odieux, la police se décide à faire appel à Marzio Montecristo, le patron d’une petite librairie de Cagliari spécialisée dans le polar. Malgré le mauvais caractère de son propriétaire, l’endroit n’est pas dénué de charme. C’est également le quartier général d’un étonnant club de lecture : « les enquêteurs du mardi ». Parmi ses membres, il y a Marzio lui-même, mais aussi un prêtre, une femme à la retraite, un vieux dandy et une jeune gothique. Un an plus tôt, cette poignée de super-experts a aidé la police à résoudre une affaire particulièrement complexe. Parviendront-ils à élucider ce nouveau mystère ? La Librairie des chats noirs est la première enquête d’une nouvelle série irrésistible et addictive, dans laquelle l’auteur bestseller, Piergiorgio Pulixi, rend hommage à la littérature policière.
– Le silence de la mer : Vercors : Magnard Collection classiques et contemporains. L’un des participants à la conférence de Sébastien Joly a relu ce livre qui est un classique publié clandestinement en 1942. Différents thèmes y sont abordés comme l’humanité, la force du silence, le conflit intérieur et la résistance. Sous l’Occupation, une famille française est contrainte de loger Werner von Ebrennac, un officier allemand : c’est un homme de grande culture, souriant, sensible et droit. Pourtant, soir après soir, le nouveau maître du pays ne trouvera que le silence obstiné de ses hôtes, un silence au creux duquel apparaît toute « la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui luttent ».
Le Silence de la mer, devenu un classique traduit dans le monde entier, loué, étudié, adapté au cinéma, est le premier grand livre de la Résistance où Jean Bruller, alias Vercors, a su dépeindre l’amertume et le désespoir de ces années de « catacombes », tout en catalysant avec force les vertus d’un humanisme conscient de ses devoirs.
Après les livres, la télévision et le cinéma, toujours autour de discussions passionnantes, passionnées et avec humour.
– La maison de la rue en pente, une série japonaise en 6 épisodes diffusée sur Arte : La ligne conductrice, c’est le procès, facile d’apparence, d’une mère accusée d’avoir noyé son bébé. Les jurées désignées découvrent, peu à peu, la vie et l’histoire de l’accusée et se questionnent sur leurs propres choix. Il y est décrit l’emprise psychologique toute en nuances ainsi que le rôle et la place des femmes dans la société nippone.
– 2 films à voir absolument : « L’abandon » et « La bataille de Gaulle »
La soirée était avancée quand les participants se sont séparés en se donnant rendez-vous en septembre pour la reprise.
Et Annette de rappeler à tous et toutes : « N’hésitez pas à venir, on y parle de tout, des livres, des films et des séries télé, des expositions, de tout ce qui vous passionne ou vous interpelle. À bientôt. »
Gilles Desnoix






