Montceau-les-Mines : Vernissage
Quand l’art de Julien Clar révèle ce que le temps tente d’effacer
Vendredi soir, la galerie haute de l’Embarcadère s’est remplie d’une lumière singulière : celle que Julien Clar façonne, sculpte, apprivoise. Ses œuvres ne cherchent pas à séduire par l’effet, mais à toucher par une présence discrète, presque méditative. On y sent une quête patiente, obstinée, qui traverse toute sa démarche : comprendre ce qui reste lorsque le temps a fait son œuvre.
Somptueuses sculptures lumineuses
Dans les volumes d’acier aux lignes rigoureuses comme dans les surfaces marquées par la rouille, l’artiste explore la même énigme. La géométrie semble retenir une part d’éternité ; la matière altérée, elle, révèle ce qui survit sous l’usure. Les sculptures ne se donnent pas comme des formes à contempler, mais comme des lieux où quelque chose s’installe en nous, sans bruit, comme une empreinte qui ne demande pas de mots.
Des visages effacés mais si évocateurs
Entre les structures lumineuses qui ouvrent l’espace et les visages effacés des tableaux qui rappellent ce qui disparaît, une tension se crée, douce, mais insistante. Elle nous ramène à une question que l’on repousse souvent : que faisons-nous de ce qui nous appartient encore, avant que le temps ne décide à notre place ?
Dans cette exposition, la lumière ne sert pas à éclairer : elle révèle. La matière ne sert pas à figurer : elle témoigne. Et le visiteur repart avec l’impression d’avoir traversé un territoire intérieur, où la mémoire et la présence se répondent.
La modestie de l’artiste
Julien Clar, dont les œuvres ont déjà voyagé jusqu’à des lieux prestigieux comme le Carrousel du Louvre, aborde pourtant ce vernissage avec la même simplicité que lorsqu’il expose hors ses murs. Vendredi soir, à l’Embarcadère, cette modestie a frappé autant que la force de ses sculptures lumineuses.
Isabelle Louis sensible au message de Julien Clar
La maire de Montceau, Isabelle Louis, venue accompagnée de plusieurs élus, a longuement observé les portraits métalliques de mineurs. Elle a souligné combien ces visages, gravés dans la matière, semblent apparaître ou s’effacer selon l’angle du regard, comme si la mémoire elle-même se déplaçait dans la lumière.
Pour elle, ces œuvres ne relèvent pas seulement de l’esthétique : elles incarnent une histoire industrielle, sociale et humaine que la ville se doit de préserver et de transmettre.
L’engagement patrimonial de Michèle Muller
Mme Louis a d’ailleurs souligné que Michèle Muller, la conseillère déléguée au patrimoine, qui était présente au vernissage, s’attachait à ce travail de conservation, tout en saluant la manière dont l’artiste parvient à faire vibrer cette mémoire collective dans des pièces où la matière raconte autant que la forme.
Dans cette salle, chacun a pu sentir que les œuvres de Julien Clar ne se contentent pas de représenter : elles ravivent ce qui a façonné le territoire, et invitent à regarder autrement ce qui demeure.
Un discours simple, comme l’artiste…
Lorsque Julien Clar a pris la parole, il a choisi la sobriété. Quelques phrases seulement, dites sans emphase, comme on partage une évidence plutôt qu’un discours.
Cette simplicité, loin de diminuer l’instant, révélait au contraire un artiste arrivé à une pleine maîtrise de son langage artistique, mais qui continue d’aborder chaque exposition avec la même humilité.
La soirée s’est achevée autour du traditionnel verre de l’amitié, où artiste, élus et visiteurs ont prolongé les échanges dans une atmosphère simple et chaleureuse.
Infos pratiques
L’exposition de Julien Clar sera visible jusqu’au 26 septembre prochain, aux heures d’ouverture de l’Embarcadère.
Nelly Desplanches

















