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jeudi 15 février 2024 à 19:42

Conseil communautaire

La Communauté Urbaine Creusot Montceau annonce l’implantation de l’entreprise Jimmy, fournisseur d’énergie décarbonée.   Près de 300 emplois générés sur le bassin



 

La Communauté Urbaine Creusot Montceau annonce la vente d’un terrain de 120 000 m² pour permettre l’implantation de l’entreprise Jimmy dans les prochaines années. Basé sur le site de Coriolis, ce producteur et fournisseur de chaleur décarbonée fabriquera et assemblera au Creusot, une partie des composants destinés à ses futurs générateurs. Cette installation génèrera près de 300 emplois sur le bassin à termes.

Ce jeudi 15 février en Conseil Communautaire, la cession d’une réserve foncière de 120 000 m2 sur le site de Coriolis, à la start-up industrielle Jimmy, a été soumise au vote des élus de la Communauté Urbaine Creusot-Montceau.

 

Fournisseur de chaleur décarbonée, Jimmy développera à compter de l’année 2026, des générateurs thermiques qui produiront de la chaleur bas carbone à partir d’un micro-réacteur nucléaire. En amont, le site industriel du Creusot permettra d’assembler les éléments de ces générateurs (par exemple, des pompes, des systèmes de ventilation, etc.) et de préparer la matière fissile, sous forme de particules dites « Triso ».

 

La chaleur décarbonée produite par Jimmy répond à un triple enjeu de coûts, de transition énergétique et de souveraineté nationale. Cette solution décarbonée connaît une traction commerciale importante, principalement auprès des entreprises consommatrices de vapeur (chimie, agroalimentaire, pharmaceutique ou encore papier). Une première commande de générateur est signée pour 2026 et d’autres projets sont à venir en France et en Europe. Jimmy  est aujourd’hui une entreprise en pleine croissance, soutenue par l’État qui lui a accordé une subvention record de 32 millions d’euros dans le cadre du programme France 2030.

 

Site Jimmy à Coriolis : une activité industrielle

 

L’usine basée sur la zone Coriolis aura une activité industrielle intervenant en amont de la production de chaleur. L’usine ne sera donc pas un lieu de production d’énergie et n’abritera aucune activité de fission nucléaire. L’uranium accueilli sur le site pour la préparation des particules Triso sera quant à lui inerte, non activé et sans nocivité, que ce soit à l’intérieur du site industriel comme à l’extérieur.

 

Sur le plan des nuisances, ce site de production de combustibles générera très peu d’impacts (absence d’odeur, de fumée ou de bruit, faible trafic routier, bonne intégration paysagère) et comparables à d’autres sites industriels.

 

En matière de sûreté enfin, l’usine et les procédés de Jimmy sont soumis à un double référentiel réglementaire : d’une part, les exigences de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) propres aux installations accueillant de la matière fissile, et d’autre part, les directives ICPE afin de prévenir et surveiller les risques industriels « classiques » et réduire leurs conséquences en cas de réalisation.

 

Positionner la Communauté Urbaine Creusot Montceau comme fleuron de la décarbonation en France : c’est possible !

 

En accueillant cette start-up industrielle de pointe, à la technologie éprouvée et recherchée, soutenue par le gouvernement et des investisseurs de renom, la CUCM renforce son positionnement de territoire d’excellence, engagé dans la transition énergétique.

 

Localement, le site de Jimmy créera de nombreux emplois dès l’année 2026 et près de 300 emplois, très divers, à termes. Des campagnes de formation et de recrutement seront organisées. En plus des emplois directs, l’implantation de l’usine Jimmy génèrera des retombées complémentaires pour l’écosystème nucléaire et industriel local (activité pour les sous-traitants, besoins en formations et en qualifications sur le territoire…).

 

L’implantation de cette activité d’avenir sur le site de Coriolis, à proximité de la gare TGV, s’inscrit enfin dans un contexte de relance industrielle, de décarbonation de l’économie et de souveraineté énergétique. Ainsi, faire du territoire du Creusot Montceau, un bastion de la décarbonation à l’échelle nationale et Européenne : c’est possible.

 

Calendrier du projet

2024 : vente du terrain par la Communauté Urbaine Creusot Montceau

2025 : mise en service d’une partie du site

2025 à 2028 : poursuite du chantier

2028 : mise en service de l’usine de préparation de la matière fissile

 

Chiffres clés :

 

Surface de terrain : 120 000m²

Emplois créés : 300 à terme

Fonctionnement de l’usine : 24H/24, 260 jours par an

 

L’entreprise Jimmy

 

Créée en 2020 par Antoine Guyot et Mathilde Grivet, Jimmy est une jeune entreprise industrielle française qui réinvente l’utilisation de la fission nucléaire pour décarboner la chaleur industrielle. La société conçoit et opère des générateurs thermiques fondés sur des micro-réacteurs nucléaires afin de fournir aux industriels de la chaleur décarbonée et compétitive. Soutenue par l’État, dans le cadre du plan France 2030, l’entreprise a reçu une subvention record de 32 millions d’euros.

 

Les interventions des élus

 

Jean-Claude Lagrange

 

Je suis très heureux de l’aboutissement de ce projet. Avant il y a eu beaucoup de réunions de travail. Rien n’était gagné pour le Creusot. Avec le pôle nucléaire qui était présent, nous avions détecté depuis plusieurs années, le projet.

Pendant 2 à 3 ans, l’agence économique a été travaillé cette question. Fort logiquement en Bourgogne Franche-Comté, après avoir réuni tous les éléments en matière d’accessibilité, de capacité financière et de moyens techniques, le bassin industriel du Creusot Montceau apparaissait comme une évidence. Ces jeunes passionnants, passionnés, sont assez impressionnants parce qu’une start-up, c’est toujours quelque chose de jeune. Mais ce niveau de technicité c’est intéressant. Il ne s’agit pas de construire des SMR. Il s’agit d’entrer dans l’ère de la décarbonation.

C’est un projet qui va se développer progressivement. Plus de 10 hectares, c’était très significatif. A termes, la constitution du noyau énergétique en dernière phase. On aura d’autres annonces. Je suis très satisfait. C’est le fruit du travail de la collaboration de l’agence et la capacité d’accueil de la CUCM.

C’est un projet d’avenir avec des créations d’emploi. Ce type de start-up, je crois que cela va être la première à passer dans ce mode de production. C’est de l’ingénierie française. C’est une satisfaction du travail mené ces dernières années.

Il faut régler les questions immobilières. Franchement c’est motivant.

 

Charles Landre

 

On peut souhaiter quand il s’agit d’une entreprise jeune qu’elle réussisse. Le potentiel de la gare TGV se maintiendra à condition qu’elle continue de recevoir des trains de manière cadencée.

Il s’agit d’une start-up sur un marché qui n’existe pas, les SMR, largement soutenus par l’État.

A priori, il y a trois entreprises françaises. On est à la levée de fonds réalisés par cette entreprise. Il n’y a pas encore de produits. Ils n’ont pas encore testé la technologie en  conditions réelles. La technologie telle qu’elle est présentée aujourd’hui ne garantie pas la durée du vie du combustible, sur l’efficacité et la durée de vie du process.

Vous avez annoncé 300 emplois en 4 ans. Il me semble que le pdg de l’entreprise annonçait 60 emplois d’ici 2026. J’aimerais que vous précisiez ce qu’il en est sur la phase d’échanges avec l’entreprise concernant la production. Y aura-t-il de la fission sur le territoire de la CUCM ? Je pense que c’est important d’avoir une démarche de communication pour les questions que pourraient se poser les habitants.

Qu’est-ce qui sera produit exactement ? Est-ce que ces SMR seront-ils construits et testés sur Coriolis ?

 

Jean-Claude Lagrange

 

Il n’y aura pas d’essai, de tests sur ce site. C’est du nucléaire froid. Dans quelques semaines, on saura chez quel industriel la première chaudière sera dévoilée. Ils ont la première partie assemblage et ils finiront par la partie comestible.

Sur ce qui est des emplois : 60 emplois pour la première partie en 2025 et avec la deuxième partie, 285 parties.

En tonnage, ce sont quelques kilos de combustibles qui arriveront et repartiront de ce site. Il n’y a pas de quoi diaboliser quoique ce soit sur cette entreprise.

 

Charles Landre

 

Je ne diabolise personne. Je pose des questions sur un produit qui n’existe pas et qui n’a jamais été testé. La délibération entrant en contradiction avec le calendrier, je demandais cette question de production.

Il ne s’agit pas du tout de diaboliser. En matière d’énergie, l’industrie française se transforme profondément.

 

David Marti

 

Personne ne remet en question votre bon sens. Je parle qu’en parlant de transparence. SI nous avons voulu faire une conférence de presse avec les porteurs de projet, c’est justement par question de transparence. La transparence, elle est là. Jean-Claude a bien précisé qu’il n’y aura pas de SMR implantés ici, pas d’essai ici. Ils ont des commandes fermes. Il y a des tests réalisés ailleurs et pas ici. C’est une réalité. La production ici consiste à produire une partie des composants des SMR. Ceux-ci vont se développer vite notamment à travers la décarbonation. Le besoin en SMR va être un besoin énorme. Il s’agit du marché national et européen. Ils ne seront pas les seuls à produire. En termes de délais, c’est la société qui a annoncé les 300 emplois avec la pose d’une première pierre en septembre 2024. Est-ce que je peux vous garantir qu’il y aura pile 300 emplois en 2028 ? Je ne sais pas. Cela va dépendre de leur capacité à produire et recruter. Sur un projet industriel avec un investissement de 100 millions d’euros, 5 ans, ce n’est rien.

C’est du très court terme.

Je rajoute quelque chose qui a été dit par Nuclear Valley. Quand on créé ce type d’emploi, il y en 2,5 de créés. Quand on annonce 300 emplois, imaginez le nombre d’emplois créés derrière, des emplois induits par 100 millions d’euros d’investissements.

C’est toujours comme ça en économie. On sera bien au-delà de 300 emplois qui seront créés par cette implantation. Voilà la réalité de ce projet. Financièrement pour la CUCM, c’est une belle opération, 5 millions d’euros. On est à plus de 40 euros le m², qui n’ont pas été discutés par le porteur du projet. Rien qu’avec cette opération, on aura déjà équilibré le budget annexes.

La société Jimmy a décidé de venir ici et ce n’est pas pour rien. C’était un projet qui était demandé par d’autres territoires en France. C’est un travail collectif avec beaucoup d’acharnement. Cela a payé et nous pouvons en être fier. Il faut mettre en avant cette belle vitrine. Quelqu’un disait, aujourd’hui on parle du territoire de la CUCM comme le territoire d’avenir. Plusieurs acteurs le disent, l’État le dit, la Nuclear Valley le dit. Qu’on soit prudent, qu’on ait des réserves, c’est légitime. Je crois que les réponses ont été apportées. Je crois qu’il faut avoir de l’audace et de l’ambition. La start-up Jimmy a de l’audace et de l’ambition et la CUCM aussi. Et puis il y a quelques années, votre slogan, M. Landre, c’est Osons. Alors Osons !

 

 

 



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