Saint-Gengoux le National
Un tabac-bimbeloterie créé en 1900 cherche son nouveau coup de cœur
Un commerce de plus d’un siècle d’âge, un commerce polyvalent cœur de quartier, à Saint-Gengoux le National village lui-même au carrefour du département, risque de fermer faute de repreneur. Alors, Guy Avonture, qui tient ce tabac-bimbeloterie depuis 30 ans, vient d’en baisser le prix.
« C’est un commerce qui a un fort potentiel, dit Véronique Tissier-Lacondemine, première adjointe au maire de la commune. Quelqu’un qui a des idées le fera revivre sans difficulté. »
La boutique, située dans le bourg médiéval, fut créée en 1900. « A l’époque c’était une régie des douanes, raconte Guy Avonture. Toutes les transactions passaient par ce magasin. Et puis, on s’y procurait du tabac, à l’époque roulé en carottes, d’où l’enseigne des tabacs en France. » On peut apercevoir ces fameuses carottes du tabac à chiquer sur une des photos ci-dessous, celle en noir et blanc, forcément.
En 1995, sur « un coup de cœur », Guy reprend le commerce. Il est à cette époque « correspondant local des douanes » : les déclarations d’arrachage, les autorisations de buvettes, les droits d’acquises pour l’alcool (le privilège d’alambic), etc., tout cela passe par la boutique.
Cette activité disparaît lors de l’ouverture des frontières européennes, en 2002, mais le commerce continue et diversifie encore son activité.
Un commerce aux nombreux services
Aujourd’hui, outre la vente de tabac (qui reste un produit d’appel en dépit de tout), outre les jeux de la Française des Jeux, outre la vente des timbres-amendes et des timbres fiscaux, le lieu sert de caisse de paiement pour les impôts fonciers ou les cantines, mais encore permet d’acheter des coupons pour une quantité impressionnante de commerces et de services.
Cette très jolie boutique sert également de point relais pour les colis, vend des livres, des cartes postales, des cartes routières, des montres, des piles, de la papeterie, des bonbons, des articles de pêche, de chasse, des couteaux et de la bimbeloterie. Autres services fort utiles : l’impression ou la photocopie de documents. Pas plus tard que ce mardi 6 octobre, environ 200 passages à la boutique.
« Il faut aimer les gens pour être commerçant »
Le local, sa réserve et sa petite cour à l’arrière, sont soumis à un bail qui vient d’être re-signé, pour un loyer on ne peut plus raisonnable. Le fonds est à 49 000 euros FAI* (le prix reste négociable), « et c’est trente ans de travail » ajoute Guy qui tente d’arbitrer entre la valeur de son travail (son commerce est extrêmement apprécié ici, et c’est aussi grâce à sa personnalité : « Il faut aimer les gens pour être commerçant » dit-il) et l’importance de ce lieu qui est aussi un lieu de vie, dans le village de Saint-Gengoux le National.
« Un lieu de passage », « potentiel de développement »
« Si je ferme, la carotte tombe, le tabac disparaît, tout bonnement. Ça sera perdu définitivement. » Or les deux tabacs du village alimentent non seulement les résidents mais tous les villages alentour, ce qui fait qu’ils ne sont pas concurrents mais complémentaires. La volonté est de ne pas fermer définitivement sans repreneur, ce lieu pourra inspirer une personne ayant envie de créer un commerce qui lui ressemble.
Saint-Gengoux le National
Saint-Gengoux le National est un village médiéval où l’activité locale est préservée avec ses nombreux commerces et autres activités… Le bassin de vie contribue à son attractivité, avec des écoles, un collège, un quartier petite enfance et début 2027, l’ouverture d’un village des enfants, porté par le Prado, qui jouera un rôle humain mais aussi économique. A peine croyable : outre une pharmacie, le village a une librairie ! De nouvelles enseignes ont ouvert cette année. Le tourisme, la proximité de la Voie verte, les nombreuses manifestations, le patrimoine génèrent du passage et augmentent la fréquentation des commerces locaux.
A vendre
Voilà comment ce commerce ancestral et toujours d’actualité cherche un repreneur et rapidement. « Ce magasin est destiné à quelqu’un qui va lui donner une nouvelle identité » affirme Véronique Tissier-Lacondemine. Guy Avonture prendra sa retraite quoi qu’il arrive mais il préférerait que ce beau commerce lui survive et poursuive son évolution. Les habitants du village le souhaitent aussi.
FSA





