Énergie : « On nous dit que tout va bien »… Mais qui paie vraiment la facture ?
On ferme les centrales, on ferme les usines… et on demande aux habitants de payer la transition sans en voir les bénéfices.

Photo d’archives d’une visite d’Arnaud Montebourg
à Francéole au Creusot en février 2013
Sur le plateau de BFM, le face-à-face, côte à côte, entre Arnaud Montebourg, ancien ministre, et Henri Proglio, ancien Président de Véolia et d’EDF, a mis des mots sur un sentiment de plus en plus répandu : celui de Français qui ont l’impression de payer toujours plus… pour un système qu’on leur présente comme une réussite.
Dans les territoires populaires et industriels, ce malaise est encore plus palpable.
Et dans le bassin minier, il devient une évidence quotidienne.
Le « débat » s’attaque à une présentation trompeuse. Henri Proglio ne s’en prend pas aux chiffres, il fait retentir un coup de tonnerre, il s’attaque à leur mise en scène. Et son accusation est lourde. Pour lui, on donne aux Français une vision partielle de la réalité énergétique. On met en avant une électricité française très décarbonée, des progrès réels dans le renouvelable, mais on passe sous silence l’essentiel. Et cet essentiel, c’est que la France reste dépendante à près de 60 % des énergies fossiles. Là, ça change la donne de ce que l’on entend journellement sur les antennes. Autrement dit, oui, le système électrique est performant mais non, le système énergétique global ne l’est pas encore.
Les Montcelliens et Montcelliennes peuvent se rendre compte que cette nuance change tout.
D’abord il y a les chiffres officiels… qui disent autre chose quand on les regarde en entier. Les données publiques (RTE, ministère) confirment deux vérités : environ 95 % de l’électricité est bas carbone, mais la majorité de l’énergie consommée reste fossile. C’est contre-intuitif, mais à Montceau News on aime bien déchiffrer. Le problème n’est pas le chiffre, le problème est ce qu’on en fait. Car dans le discours politique, cela devient allègrement : « La France est décarbonée, nous sommes exemplaires. » Alors que, selon Arnaud Montebourg et Henri Proglio, la réalité est bien plus contrastée.
D’ailleurs, la Cour des comptes a posé un constat implacable. Et c’est ici que le débat change de dimension. Car ce que disent les juges de la Cour des comptes rejoint en partie les critiques… mais, bien entendu, avec la rigueur des chiffres publics. Il existe un coût massif, assumé par tous, des milliards d’euros de soutien chaque année, jusqu’à 120 à 140 milliards d’engagements cumulés. Mais, surtout, il existe des dépenses verrouillées sur des décennies.
Pour le commun des mortels cela peut s’apparenter à de la langue de bois, mais que nenni. La Cour des comptes pointe un système jugé mal piloté, des choix de priorités discutables, un pilotage insuffisant, une vision trop fragmentée.
Pour nous tous, en clair, cela signifie que l’on empile les dispositifs sans cohérence globale. Et là, le constat est brutal, la France a peu bénéficié industriellement du développement des renouvelables. Dites donc, voilà une transition écolo… Sans industrie, ben alors ? On subventionne, mais on importe. C’est ce que dénonçait déjà Montebourg depuis longtemps. Voilà donc bien une transition qui peut appauvrir le pays si elle n’est pas structurée.
Immédiatement une question vient à l’esprit : « Qui paie ? » et dans le même temps surgit la réponse : « Toujours les mêmes. »
Et c’est bien là le cœur du ressentiment. Car derrière les milliards engagés, il y a des financeurs bien réels : le contribuable, l’usager, le client. Et ce sous différentes formes mais cumulatives : impôts, dette publique, factures d’énergie
Et ne nous y trompons pas, même les dispositifs de protection (bouclier tarifaire) sont eux-mêmes financés collectivement.
Pour le bassin minier, c’est la double peine. À Montceau-les-Mines et dans tout le bassin minier, ce débat n’a rien d’abstrait. Ici, les habitants cumulent la fermeture des activités industrielles, la perte d’emplois stables, la stagnation des revenus et en parallèle une énergie qui coûte de plus en plus cher.
Quand une usine, une centrale, ferme, comme celle de Lucy, ce n’est pas qu’un site, ce sont des salaires en moins, des commerces fragilisés, une base fiscale qui s’effondre, un côut de l’énergie qui progresse sans cesse. Et pourtant les impôts, eux, restent, les factures, elles, augmentent
Pour les Montcelliens et Montcelliennes, les Français et Françaises, qui ont suivi l’émission, le sentiment d’injustice s’exacerbe. C’est ce qui ressort le plus fortement, c’est souvent dans les conversations : « On nous demande de payer pour une transition… dont on ne voit pas les bénéfices. » et dans le même temps, le discours officiel martèle que tout va dans le bon sens, que le système est vertueux, que les efforts sont nécessaires
Ce qui est vrai… en partie. Mais vécu comme déconnecté. Pendant des décennies, la centrale thermique de Lucy n’était pas qu’un site industriel.
Elle était un pilier du bassin minier, un prolongement du travail des mineurs, et une garantie concrète pour tout un territoire.
Cette centrale jouait un rôle stratégique. Elle permettait d’écrêter les pics de consommation, elle contribuait à sécuriser l’approvisionnement électrique, elle participait à maintenir un prix de l’électricité stable et supportable.
Elle incarnait une époque où le territoire produisait ce qu’il consommait, où l’énergie était un outil de souveraineté locale et où les habitants voyaient directement les retombées économiques. Sa disparition n’a pas seulement marqué la fin d’un site, elle a symbolisé un basculement d’un territoire producteur… à un territoire dépendant, d’un système maîtrisé… à un système subi. Et aujourd’hui, pour beaucoup d’habitants, le contraste est brutal : on ne produit plus ici… mais on paie toujours plus cher.
En fait, la vérité est plus dérangeante, dite par Henri Proglio et Arnaud Montebourg, la réalité se trouve confirmée par la Cour des comptes, l’impact est double. Oui, la transition est indispensable, sortir des fossiles, sécuriser l’approvisionnement, limiter les coûts futurs. Mais elle est aujourd’hui coûteuse, mal organisée, inégalement répartie. Et surtout trop mal expliquée.
Ce que révèlent Montebourg et Proglio, chacun à leur manière, entre discours et réalité, ce n’est pas une fraude, non, c’est un biais : on met en avant les réussites, on minimise les failles, on évite de parler du coût réel
Et on aboutit à une fracture qui s’élargit. De ce fait, dans les territoires comme le bassin minier, une conviction s’installe : « le système énergétique se transforme… mais pas en notre faveur », point à la ligne. Et tant que les coûts seront supportés localement, que les bénéfices resteront invisibles, que le discours restera partiel, la défiance continuera de grandir.
La transition énergétique française n’est ni un mensonge, ni une réussite totale : c’est une transformation nécessaire… dont la facture est aujourd’hui payée de manière profondément inégale.
Ce débat, côte à côte, a pu déciller les yeux des habitants du bassin minier, sinon Montceau News entend permettre à chacun de se faire son opinion et de comprendre ce qui se passe.
Gilles Desnoix



5 commentaires sur “Énergie : « On nous dit que tout va bien »… Mais qui paie vraiment la facture ?”
Je n’ai pas suivi cette émission.
Votre article est simple et limpide.
Tous nos hommes politiques depuis Valery Giscard d’Estaing jusqu’à Macron nous ont emmené droit dans le mur.
La dette a commencé en 1975 avec M Barre, super économiste, suivi de Mitterand Chirac Sarkozy Hollande et notre président actuel.
Tous avec leurs ministres n’ont fait que nous faire subir les lobbys mondialisés et nous ont emmené droit dans le mur.
Ceux qui devraient lpayer a facture, ce sont les décisionnaires de l’époque dont M Proglio et Montebourg qui étaient aux manettes d’entreprises publiques et de l’Etat.
Que dire des écologistes qui ne veulent plus de nucléaire mais tous un véhicule électrique, un smartphone….
Des éoliennes..,..
Pour ce qui est des impôts, directs, ils ne sont supportés que par 48% de la population.
Tout le monde devrait payer des impôts en fonction du pourcentage de son salaire.
Plus d’aides aux entreprises, aux particuliers., CAF,APL et autres aides en tous genres.
Des salaires plus conséquents pour les personnes qui investissent entreprennent et travaillent.
Comment se fait t il que dans notre pays, tout le monde veuille être président avec une dette supérieure à 3600 milliards voir plus à ce jour ?
Mr Montebourg depuis qu’il n’est plus aux responsabilités, dit des choses vraies. On aurait bien aimé qu’il tienne ce discours quand il était dans le gouvernement de Mr Hollande. Il a quitté ce gouvernement non pas pour la raison évoquée plus haut , mais parce que ses ambitions personnelles n’étaient pas satisfaites. Un peu comme Mélanchon qui a quitté le PS parce qu’il n’a pas obtenu ce qu’il espérait, et aujourd’hui est devenu un révolutionnaire, et anti France. Preuve qu’il faut être prudent vis à vis de tous ces donneurs de leçon.
Pour compléter mon propos, » Cdubo » Mr Raymond Barre au contraire de ce que vous mentionnez, était un grand économiste et disait toujours que la France vivait au dessus de ses moyens, et en 1981 a laissé la France sans dettes. Ce sont les socialos de Mitterrand, qui ont dilapidé l’argent de l’état, avec leurs mesures d’assistanat, semaine des 35 heurs de Mme. Aubry, les dépenses excessives de J.Lang au ministère de la culture etc etc
bonsoir, moi aussi j’ai pas suivi l’émission. On nous dit qu’il y a plus d’argent dans les caisses de l’état. Mais , tout les ans il y a la fraude fiscale qui se monte entre 80 et 100 Milliards d’euros et au niveau européen à 1000 Milliards d’euros. Chut… il ne faut pas le dire.
Cdubo la crise pétrolière de 1973..Le début du chômage….Quand Raymond Barre est arrivé, il a dit on arrête tout pour le rassemblement familiale, mais le congrès n’a pas suivi….1981, deuxième crise pétrolière et Mitterrand change de Cap, les révoltes dans les usines des licenciements d’OS, remplacement quelque peu en une robotisation, mis en pré retraite des 57 ans, la matière grise s’en va, on licencie….on remplace par des salaires moins élevés …..Dépôts de bilan….Le rassemblement familial…de beaux immeubles, de belles cités qui avaient été construites avec l’aide d’industriels deviennent des zones à risque, les médecins quittent cet endroit, des habitants aussi, reste une préoccupation, dans ces cités, la délinquance, la drogue, les tueries d’animaux dans les baignoires pour le ramadan… Même la police ne peut intervenir sans risque…Un maire décide de détruire 2 hauts immeubles, et de reloger autour… et là ….la délinquance s’est elargie, Vernon jolie ville de Normandie a perdu ses commerces….et jusqu’à Saint Germain en Laye, encore aujourd’hui…..! Quand je sortais du cabinet tard le soir, dans le 8ème arrondissement…. pour rentrer les contrôleurs me déconseillaient de prendre le train….pour ma sécurité…..Mes enfants n’étaient pas tranquilles….Des propriétaires ont perdu sur la valeur de leur bien….Dans les cités ont a mis des frères, pour gérer….Un jour dans une conversation de franchise, j’ai eu des mots de révoltes, nos enfants n’etaient pas en sécurité…et on était entendu….Le lendemain j’ai été encerclé par une tribu qui avait des grosses boules de chaînes d’acier, les habitants autour avaient prévenu la police, ils m’ont sauvé…Je prenais des cours au CNAM le samedi matin, et un frère présent à ces cours, m’a dit de me promener avec lui pendant quelques jours….
Je continue à tendre la main à tous….Ma deuxième carrière dans les tribunaux de commerce du 75, 91, et 93 dans ma partie, la Seine Saint Denis avec le soir les ombres…. Il fallait ne pas tarder….le soir., les boutiques et cachées le trafic…..drogue et billets de banque.
C’était les années, des dépôts de bilan, du chômage, de la délinquance, de la drogue, en région parisienne, à Paris, en Haute Normandie où j’ai fini par habiter…avec…les grèves……où nous ne pouvions nous rendre sur nos lieux de travail…
Est ce que tout à changer ? Nous avions reçu une éducation de travail, que nous avons transmis….payer des impôts…des cotisations…..Que peut on dire de ce qui se passe aujourd’hui ?…A la fin de ma carrière je relevais des anomalies sur des états de créances à transmettre au juge…on embauchait moins cher….on nous rappelait pour retravailler….Je pense à toute cette fraude, ce blanchiment d’argent…ces fausses déclarations…..à tous les niveaux….Même M Barre a été rattrapé après sa mort, ce sont ses héritiers qui ont dû payer…..