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vendredi 9 février 2024 à 15:19

Nécrologie de Robert Badinter

"Il a mis la peine de mort hors la loi"



C’est une grosse perte pour la justice, pour l’âme française, pour la gauche, pour l’histoire même de la France et de ses valeurs démocratiques, républicaines, humaines.

Né le 30 mars 1928 ce grand homme fut à la fois juriste, professeur de droit, avocat mais aussi homme d’État en qualité de garde des sceaux (1981/1986)puis président du conseil constitutionnel (1989/1995). Il devint ensuite sénateur (1995/2011).

Ami de François Mitterrand il possédait une immense culture humaniste et professait des idées de gauche. Ses engagements et ses combats portèrent sur des causes chères a son cœur : la réinsertion des détenus, la lutte contre l’antisémitisme et contre l’homophobie. Il fut a l’origine de nombre d’évolutions du code pénal, dont la plus remarquable, la plus noble, la plus humaniste fut sans conteste l’abolition de la peine de mort. Il y a eu un avant et un après l’abolition. Depuis la loi no 81-908 du 9 octobre 1981, promulguée le 10, la France a retrouvé les valeurs des lumières. La flamme avait été allumée le 18 septembre 1981 par la majorité de gauche que de grands noms de droite avaient accompagnée comme  Jacques Chirac et de Philippe Séguin.

Ce fut un homme de plume, un essayiste, auteur de théâtre, 23 ouvrages dont plusieurs pièces de théâtre et un livret d’opéra.

L’histoire de Robert Badinter s’inscrit aussi dans le lourd tribut que sa famille a payé pendant la seconde guerre mondiale du fait de ses origines juives. Son père,Simon,est mort en 1943  au camp de Sobibor, son oncle maternel Naphtal Rosenberg, est mort en 1942 à  Auschwitz. Sous le faux nom de Berthet, Robert Badinter a vécu avec sa mère et son frère Claude Robert  à Cognin en périphérie de Chambéry de mars 1943 à août 1944. Robert Badinter agrégé de droit privé en 1965  devient professeur et il enseignera dans les universités de Dijon (1966), Besançon (1968-1969) puis Amiens(1969-1974), avant d’être nommé, en 1974, à l’université Paris I.

Pour un parisien né et mort dans la capitale on pourra lui tenir compte de ses 3 années en Bourgogne Franche-Comté comme enseignant. La classe politique dans sa grande majorité lui rend hommage ce jour et continuera de le faire dans les temps qui viennent.

Une voix de sagesse et de bienveillance s’est tué.

Gilles Desnoix

 



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2 commentaires sur “Nécrologie de Robert Badinter”

  1. philou71 dit :

    je suis pour , Michel SARDOU 1976

  2. marius dit :

    Mieux vaut ne rien ajouter, au risque d’être désagréable. Qu’il repose malgré tout en paix.