Autres journaux



mardi 25 février 2014 à 06:53

Viticulteur bio jugé pour désobéissance civile à Dijon : il fait le « Buzz »

Devant le tribunal, peut-être 900 personnes, dont des Montcelliens



 

Devant le tribunal,

 

 

peut-être 900 personnes,

 

 

dont des Montcelliens

 

 

Emmanuel Giboulot, est un viticulteur qui exploite depuis plus de trente ans 10 hectares de Chardonnay et de Pinot Noir en biodynamie sur la côte de Beaune et la haute-côte de Nuits (Côte-d’Or).

 

 proces vigneron 2502149

 

Il « fait le buzz » depuis quelques semaines sur Internet, des pétitions circulent à son sujet (plus de 400000 signatures) pour cause de désobéissance civile.

 

 

Voici en quelques lignes les faits

 

 

En juin dernier, pour contrer un risque hypothétique d’épidémie de flavescence dorée, une maladie de la vigne, le
préfet de Côte-d’Or a pris un arrêté radical : tous les vignerons devront traiter leur vigne contre la cicadelle, l’insecte qui répand la maladie.

 

 

Le problème est que même l’insecticide le moins polluant contre la cicadelle tue les abeilles et la faune auxiliaire.
Il détruit toutes sortes d’insectes nécessaires à la régulation de la vigne pour éviter les parasites. Or, Emmanuel Giboulot travaille justement depuis plusieurs décennies à préserver les équilibres biologiques de sa vigne. Il décide donc de lutter contre la cicadelle en choisissant parmi les nombreux traitements naturels bien connus des agriculteurs bio.

 

 

Le 30 juillet dernier, un inspecteur de la direction régionale de l’Agriculture arrive chez lui. L’inspecteur s’aperçoit qu’il n’a pas déversé de pesticide.Il décide aussitôt de le signaler au procureur. Emmanuel Giboulot est mis en examen, comme un délinquant, et traîné en correctionnelle, le procureur décide de le renvoyer devant le tribunal correctionnel. (source : IPSN, Institut pour la Protection de la Santé Naturelle).

 

Son procès avait lieu ce lundi 24 février au tribunal correctionnel de Dijon.

 

 Devant le tribunal, peut-être 900 personnes, vignerons, représentant de la Confédération Paysanne, d’Europe Ecologie Les Verts, entres-autres Philippe Hervieu, président du groupe EELV au Conseil Régional et Sandrine Bélier députée européenne, d’Attac et de nombreuses autres associations, et bien sûr de nombreux citoyens motivés par la cause du vigneron s’étaient réunis et c’est très ému qu’Emmanuel Giboulot a salué tous ces soutiens qui lui ont entonné le ban bourguignon.

 

proces vigneron 2502147

 

 

 

Une dizaine de chaines de télévisions étaient également sur place, autant dire que l’évènement avait pris une tournure médiatique qui a peut-être surpris la préfecture et le procureur.

 

 

Alors qu’Emmanuel Giboulot encourait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, le tribunal a finalement demandé, à l’issue d’une séance de près de deux heures, 1000 € d’amende dont 500 avec sursis, avec jugement définitif le 7 avril en ce même tribunal.

 

Pour Emmanuel, immense soulagement, et de même pour les défenseurs d’une agriculture plus respectueuse de la nature qui la fait vivre.

 

 

Pour Emmanuel Guillot, vigneron bio de Cruzille, à côté de Lugny en Saône et Loire et président de la commission viticole de la Confédération des Groupements d’Agriculture Biologique de Bourgogne :

 

« le but n’est pas de dire non au traitement. Quand la vigne est malade, il faut la traiter ! Le but est de faire comprendre qu’il existe des moyens pour éviter que la maladie se répande. Nous essayons de faire découvrir ces techniques que le bio pratique depuis des années et qui permet de protéger des maladies et aussi de préserver l’environnement et notre terre. C’est de concertation et de dialogue que nous avons besoin, parce que la flavescence dorée est une maladie nouvelle et qu’elle fait peur ».

 

 

proces vigneron 2502144

 

 

 

Pour Sandrine Bélier, députée européenne EELV venue soutenir Emmanuel Giboulot :

 

« Nous voulons croire que le tribunal a entendu nos arguments et que le jugement du 7 avril en tiendra compte.
Le tribunal a demandé une faible peine, très faible même au vu de la peine initialement encourue et c’est un signe.

Nous espérons également que cela permettra de nuancer les traitements par la suite ».

 

Toujours d’après l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle, les alternatives naturelles sont efficaces.
« Contrairement à ce qu’affirment les autorités, il existe plusieurs moyens de protéger les vignes contre la cicadelle tout en respectant l’environnement : les vignes peuvent être protégées avec des fougères et de l’argile calciné ; on peut également poser entre les pieds de vigne de la paille d’avoine ou du papier d’aluminium, dont la forte intensité lumineuse empêche l’insecte de se poser. Des expériences ont montré que cette simple mesure est tout aussi 

efficace que l’insecticide.

 


Mais surtout, c’est en préservant la biodiversité qu’on lutte le mieux contre la cicadelle, car c’est un insecte apprécié 
par de nombreux prédateurs dans la nature. Le problème est que ces prédateurs, les araignées, la mante religieuse et certains types de punaises, ont aujourd’hui été éradiqués dans les vignes non biologiques, où la faune est ravagée par les insecticides.

 

 

Ces solutions ne devraient pas être combattues mais au contraire encouragées par les autorités. »

Pour les autorités sanitaires, compte tenu de sa propagation explosive et des dégâts occasionnés sur la vigne, la lutte contre la cicadelle vectrice de la flavescence dorée est obligatoire, régie par arrêté ministériel et complétée par des arrêtés préfectoraux, lesquels organisent la stratégie dans les départements viticoles concernés. Pour être efficace, cette lutte doit avant tout être collective.

 

 

 

proces vigneron 2502142

 

 

 

proces vigneron 2502145

 

 

 

proces vigneron 2502146

 

 

 

proces vigneron 25021413

 

 

 

proces vigneron 2502143

 

 

proces vigneron 2502148

 

 

 

proces vigneron 25021410

 

 

 

 

proces vigneron 25021412

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 






8 commentaires sur “Viticulteur bio jugé pour désobéissance civile à Dijon : il fait le « Buzz »”

  1. eladon dit :

    La honte ! Voila une personne qui fait de l’agriculture raisonnée, et le voila en justice !

  2. Daniel Z dit :

    Est il possible de se faire une opinion objective, sans risquer de venir l’avocat du « Diable » ?

    A priori, parler bio, écolo, naturel ne peut que susciter la sympathie.

    Mais rien n’empêche de se documenter, surtout de nos jours.
    Il semblerait que les pouvoirs publics préfèrent prévenir plutôt que de tenter de guérir, ce qui impliquerait une destruction massive.

    Pas encore contaminé ? O.K. mais :

    «  » Les symptômes ne sont pas visibles l’année de l’infection (N), ils le seront au plus tôt l’année suivante (N+1) et parfois beaucoup plus tard (N+5). En conséquence des pieds apparemment sains peuvent héberger le phytoplasme «  »

    «  »L’adulte (5 à 6 mm de long) est observé de mi-juillet à fin août. Les adultes effectuent des vols de dispersion. » »

    Il existerait des procédés « alternatifs » (mais validés comment ?)

    «  »Pourtant, il existe plusieurs moyens de protéger les vignes contre les cicadelles tout en respectant l’environnement comme avec de la poudre de racines de fougères, des terres de diatomées, de l’argile kaolinite calcinée4, des pièges à cicadelles qui sont attirées par la couleur orange. On peut également poser entre les pieds de vigne de la paille d’avoine dont la forte intensité lumineuse empêche l’insecte de se poser. Mais c’est surtout en préservant la biodiversité qu’on lutte le mieux contre l’apparition de la maladie » »

    Pour la défense du bio, ne pouvons nous nous poser des questions ?
    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/09/24/21295-traces-pesticides-dans-vin

    «  » Et si les vins bios sont eux aussi concernés par les traces de pesticides – à des concentrations bien moindre que dans l’agriculture traditionnelle -, il s’agit dans leur cas de contamination environnementale. Dur de rester totalement vierge de produits chimiques quand les autres viticulteurs du secteur épandent des pesticides sur leurs pieds de raisin… » »

    Comment ne pas penser au petit village gaulois…;

    Amitiés

  3. VALLOIDIEN dit :

    on nous demande d’être bio, vert, ou naturel,
    voilà un qui se met,
    et pan,
    en justice,,
    alors,
    le bio, n’a plus raison d’y être, si je comprends bien!!???
    : »enlevons tout le bio,
    et restons aux pulvérisations insecticides,et aux fongicides !
    et trente ans plus tard « le cancer,les maladies génétiques se propagent dans le corps humain ! »
    c’est ça que vous vouliez messieurs les juges,
    hein,

  4. Daniel Z dit :

    Hello Valloidien.

    Les juges ne font qu’appliquer les lois. Qui élabore les lois ?
    Nos élus.
    C’est donc nous qui sommes à l’origine du problème.

    http://blogs.rue89.nouvelobs.com/de-interet-conflit/2013/06/22/lobbying-en-europe-le-jeu-de-dupe-de-la-transparence-230613

    «  »Au total, ce serait de quelques 15.000 lobbyistes qui seraient présents dans la capitale européenne pour 21 500 employés par la Commission à Bruxelles. » »

    Nous en serions arrivés au stade où certains textes seraient directement rédigés par les lobbyistes dont la fonction est la promotion de leurs entreprises.

    Pour le Bio, c’est cependant une démarche identique. Ne pas oublier qu’il s’agit avant tout d’un commerce.

    Qui croire après cette belle émissions sur les produits « du terroir » ? « on » nous demande ; c’est qui « On »

    Amitiés

  5. savataller dit :

    Merci à tous ceux qui recentrent leurs productions et cultivent de façon plus saine. Il n’empêche que c’est nous qui sommes acheteurs consommateurs et que ce doit être aussi à nous de clamer notre bon sens et la défense du moins traité, plus de saveurs et générer aussi l’économie locale.
    De bons maraîchers bio locaux cultivent ce qui est de saison, vendent leurs productions sur des petits marchés et quelquefois pas plus cher que tous ces produits qui cheminent dans tous les pays européens ou plus, qui ne mûrissent que dans des frigos et qui coutent en pollution sur leurs transports, les légumes, la viande ( ex : le cochon qui voyage vivant puis découpé d’un pays à un autre pour revenir en vente dans les étals en France… et que dire du poisson qui lui aussi est traité de pesticides et fongicides en ferme aquacole…. ) Mais voilà en même temps qu’ accepter l’épandage des pesticides on a formaté l’acheteur à des visions de produits ronds sans défaut sans terre, avec une couleur à la limite du naturel et sans goût, une variété de tout, tout le temps, et oui …. pas facile de se désintoxiquer mais absolument indispensable on prône les 5 fruits et légumes par jour, mais alors la dose de pesticides et équivalente à quoi ?? Pourquoi pas plus de bio proposé dans des commerces toutes enseignes confondues, et bien j’ai posé la question à une enseigne et on m’a répondu  » pas assez de demande  » du consommateur !! voilà tout est dit !!!!!!! ( Certaines enseignes proposent quelques produits bio malgré tout Lid… , Cas…, Lec….) Évidemment le bio 100 % n’existe pas puisque l’ épandage ne s’arrête pas aux clôtures mais si la demande se fait plus présente peut être certains y réfléchiront pour leur santé aussi !! Les jardiniers de loisirs également dans tous les petits jardins des produits phytosanitaires sont répandus et dangereux pour la personne qui s’en sert et les abords de ceux qui n’en veulent pas, mais là aussi en jardinerie le choix est tentant et tellement prometteur !!!
    On peut pousser la réflexion plus loin, en pensant aux abeilles qui sont des insectes pollinisateurs dont on ne pourrait se passer ! ….
    Merci. je ne milite pas pour un parti vert en écrivant cela , mais par la croissante évolution des maladies ( cancer de tous types, thyroïde, hypertension, asthme, allergies… ) est il possible d’inverser une tendance par la seule force de nos achats ? Développer les jardins potagers, se réapproprier les saisons, ne pas surproduire et jeter …

  6. VALLOIDIEN dit :

    à salvataler,,,,
    voilà, une démonstration à l’appui,,
    je voulais dire,que le bio, commence à remplir les gondolières des grandes surfaces,
    ,je pense c’est un bon signe,
    CAR , les gens sont de moins en moins naïfs qu’avant,,,,,,
    à daniel z
    au fait:
    « un bon vin du terroir (ex un bourgogne) sans pesticides, est un vin naturel ayant un goût différent des autres vins de même appellation, que j’imagine!!!????

  7. Philippe dit :

    hélas plus ça va et plus le Bio ne veux plus dire grand chose, quand on sait que l’on trouve une partie d’OGM dans le bio, de l’huile de palme etc…..
    ça m’a toujours interpellé, le jardin de mon grand père il est quoi? pas Bio, mais naturel, alors je préfère manger naturel que Bio ça risque moins, et ça il faut dire merci aux grand groupe qui ont saccagé la réputation du Bio….quand on voit que Mosento se mets dans le Bio on croit rêvé!

  8. VALLOIDIEN dit :

    à PHILLIPPE,,,
    l’huile de palme,,,,
    dans du bio ?????
    jusqu’à présent j’en n’avais jamais vu ,,
    mais ,
    si vous en aviez vu,,
    dîtes au moins lesquels sont ces produits, ,
    on évitera d’en acheter !!!