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vendredi 15 novembre 2019 à 07:11

Tribunal : Violences conjugales à Montceau

L'affaire jugée à huis clos et prison ferme pour l'auteur des faits !



 



Ce jeudi 14 novembre, Clémence Perreau, substitut du procureur, a  demandé que l’audience de comparution immédiate se déroule à huis clos. Le prévenu est un citoyen de Montceau-les-Mines, arrêté pour des violences conjugales, et poursuivi, à l’issue du travail d’enquête, pour « violences habituelles », depuis le début de l’année 2019.

Il a 45 ans. A l’issue de la garde à vue il a été présenté au procureur de la République qui a requis son placement en détention provisoire et le juge des libertés et de la détention a statué : l’homme a été incarcéré hier, mercredi 13. Son épouse a écrit au tribunal, elle souhaite se constituer partie civile, mais ne veut pas s’exprimer à l’audience. Le parquet demande un huis-clos car il va projeter une vidéo et ne voudrait pas que la vision de ces images par des personnes étrangères à l’institution judiciaire ne porte atteinte à la dignité de la victime.

 

Le tribunal ordonne le huis-clos et nous devons alors quitter la salle dont les portes restent fermées jusqu’au délibéré. Nous revenons plus d’une heure après. Le prévenu semble égal a ce qu’il a laissé entrevoir de lui au début de l’audience : il s’exprime bien, il a un timbre de voix posé et agréable et se montre très expressif. Trop ? Trop, sans doute. Ses mimiques sont autant de postures : raisonnable, coopérant, implorant, souffrant, hébété, on dirait qu’il a suivi un cours de théâtre et que, sur commande, il balance des expressions et regards adaptées aux circonstances. Cette impression est très subjective, néanmoins d’autres personnes présentes ont la même. Du cirque, mais un cirque froid, c’est pas le genre à se laisser déborder. D’ailleurs le film en question, c’est lui qui l’avait tourné. La reine des preuves apportée par l’auteur lui-même.

 

Alors que la comédie muette se poursuit dans le box, le tribunal revient rendre sa décision : il est coupable, et condamné (casier vierge, a priori) à 16 mois de prison dont 6 mois sont assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. Obligations de travailler et d’engager des soins. Interdiction de tout contact avec la victime et interdiction de paraître à son domicile. Maintien en détention pour la partie ferme. Il est déclaré entièrement responsable des préjudices. Le président Grandel lui explique la peine, mais l’homme insiste : « Je reste en prison 10 mois, c’est ça ? » Ben oui, c’est ça, et son petit air qui déplore aussi peu de raison chez les gens chargés de le juger n’y change rien, d’autant moins qu’on y voit quelque chose d’inquiétant, le concernant. 

 

 

 



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