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jeudi 21 mai 2020 à 06:26

Blanzy – Violences intrafamiliales chez un jeune couple

7 mois de prison ferme 



 



 

Il est plus de 19 heures ce lundi 20 mai et la salle d’audience du tribunal de Chalon est vide, à l’exception d’une jeune femme à l’air effrayé qui se tient recroquevillée. À la barre, son compagnon et père de leurs deux enfants va être jugé pour des violences sur sa compagne et sur sa fille de 2 ans. Il est en état de récidive légale. 

En 2019 déjà, mais…

 

En 2019 alors qu’elle attend leur deuxième enfant, il est condamné à 3 mois de prison assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans avec une obligation de soins chez un psychothérapeute pour des violences sur personne vulnérable. Elle, enceinte. Il y eut à l’époque une ordonnance de protection pour la victime, il y eut des mesures, mais ils ont repris une vie commune et, le 11 mars dernier, à leur domicile de Blanzy, il a fait parler ses poings. Dans le salon, dans la chambre, dans les toilettes, dans le salon à nouveau, puis dehors où il a dégradé la voiture qu’elle avait prise en location. « Au final j’aurais peut-être dû prendre la voiture et aller faire un tour. »

 

Six scènes en une

 

Il se tient face au tribunal. De dos, on remarque ses bras tatoués, sa carrure musculeuse. Il a gardé son masque en tissu, dit « grand public », il est plutôt inaudible, le tribunal lui demandera de l’ôter. Il le gardait par déférence envers les juges. C’est un ancien militaire. Maître Delmas assiste la victime, et reprend les scènes du 11, il en compte 6, on se représente alors ce « déchaînement » de violence, c’est le terme de la présidente. La jeune femme est allée poser plainte au commissariat de Montceau le 13 mars. Lui, il s’est rendu à la convocation, fut placé en garde à vue, puis sous contrôle judiciaire d’ici son jugement.

 

Il aurait giflé sa petite fille, il dit que non

 

Le prévenu était donc sous main de justice depuis juin 2019, soit depuis 11 mois, le bébé en a 8. C’est un désastre. Le certificat médical relève une quantité très importante de bleus. La jeune femme en a plus de 20 sur les jambes, par exemple. Elle a aussi mal au cou (strangulation), des douleurs au visage (un aller-retour l’a projetée contre un mur). Il aurait giflé la petite de 2 ans, qui voulait, ce jour-là, regarder une vidéo sur le téléphone portable de son père… Pas de gifle, dit le père, « une petite tape sur son petit bras ». « Je ne vois pas ce qui peut conduire un père à traiter ainsi son enfant », observe maître Delmas.

 

Il n’a que 26 ans

 

ITT de 15 jours pour la victime « qui se terre quelque part en France, plaide son avocat, et qui ne donnera pas son adresse, le juge aux affaires familiales a autorisé qu’elle soit domiciliée à mon cabinet ». Le vice-procureur dit au prévenu qui se tient droit, visage à nouveau masqué fixé devant lui, « il a 26 ans et aura deux condamnations pour violences conjugales à son casier ». Le magistrat demande 12 mois de prison dont 6 mois seraient assortis d’un sursis probatoire de 2 ans avec des obligations et interdictions à effet immédiat, il demande aussi la révocation des 3 mois de sursis de juin 2019. 

 

« Il ne charge pas la victime »

 

« Il a bien dit : ’elle ne méritait pas ça’, plaide Jérôme Duquennoy. Il ne charge pas la victime, alors que bien d’autres le fond. Il a bien respecté son contrôle judiciaire, un suivi s’impose, il fera tout ce qu’il devra faire. » Le tribunal se retire pour délibérer. La victime craque en gros chagrin, ses sanglots montent dans la salle dont l’atmosphère était bercée par le coucher du soleil. Son avocat fait entrer une amie dont la présence va l’aider à s’apaiser. Le prévenu ne bronche pas, il attend, assis au fond de la salle.

 

7 mois de prison ferme : détention à domicile sous surveillance électronique

 

Le tribunal le déclare coupable, le condamne à 10 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire pendant 2 ans. Obligations de travailler et de soins psychologiques. Interdiction de contact avec la victime ainsi que de paraître à son domicile. Obligation de l’indemniser. Le tribunal ordonne l’exécution provisoire : tout cela prend effet immédiatement.

Le tribunal révoque les 3 mois de sursis de juin 2019. Ça fait donc en tout 7 mois de prison ferme, qui sont aménagés immédiatement eux aussi, sous forme de la détention à domicile sous surveillance électronique.

 

Florence Saint-Arroman

 

La victime est reconnue comme telle, et aussi au titre de représentante légale de la petite. L’auteur devra lui verser 500 euros de provision en attendant l’audience d’intérêt civil de décembre prochain.

 

 

 

 

 

 

 



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