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lundi 14 septembre 2020 à 21:10

Faits divers à Montceau – En prison pour des violences sur un policier

16 mois de prison dont 8 ferme



 



 

L’auteur des violences avait plus de 4 grammes d’alcool par litre de sang

C’était la nuit du 13 septembre, à Montceau-les-Mines. Voilà deux semaines qu’il se trouvait sans travail, et comme à chaque fois qu’il est livré seul à ses jours et à ses nuits, il boit. La première bouteille, tout seul. De la vodka-ananas. Pour la seconde bouteille il était accompagné mais enfin après ça « j’avais du mal à marcher pour rentrer chez moi ». Les policiers l’arrêtent dans un parc public où il faisait du grabuge, l’emmènent à l’hôpital puis s’apprêtent à le placer en cellule de dégrisement.

 

Un coup de tête qui blesse l’auteur et la victime

 

Jusque-là rien à signaler, y compris lorsqu’on saisit sur lui deux couteaux. Mais lorsqu’on lui demande d’ôter son sweat et son pantalon de survêtement dont la cordelette à la taille pouvait servir de moyen pour attenter à ses jours, lui, il comprend surtout (vraisemblablement) qu’il va se retrouver en slip et il s’énerve. Il veut quitter le commissariat, il tente d’attraper le taser du policier le plus proche, lui donne un coup de tête. Ce coup lui ouvre l’arcade sourcilière et blesse le policier – « traumatisme crânien sans perte de connaissance, et traumatisme des cervicales », 3 jours d’ITT-. Un troisième collègue arrive en renfort, le prévenu les insulte et menace que « toi je vais te retrouver, je vais te crever ».

 

Hier à midi il avait encore une alcoolémie à 2 grammes

 

Il est jugé en comparution immédiate ce lundi 14 septembre, pour violence aggravée et menaces de mort réitérées, il est en état de récidive légale (jugement de 2014), il sort de garde à vue. Hier à midi il avait encore une alcoolémie à 2 grammes, c’est dire que l’homme n’est pas bien frais.  Le prévenu est un mahorais de 34 ans, « scolarisé jusqu’au CM2, en métropole depuis 2010 » dit l’enquête sociale préalable au jugement. Il ne conteste rien.

 

« Plus les mois passent, plus les policiers dont un travail difficile »

 

Que pense-t-il de son comportement vis à vis des policiers ? lui demande la présidente Catala. « Je dis que normalement je ne dois pas faire ça. Il faut que j’arrête l’alcool, je regrette tout ce que j’ai fait. » Il dit que « c’est la faute à l’alcool ». « Prétexte, alibi » répond Béatrice Moire, procureur, qui dans le sillage de maître Bibard plaidant pour les policiers victimes, insiste sur le fait que « plus les mois passent, plus les policiers ont un travail difficile » auquel « le ministère public rend hommage ».

 

Effectifs insuffisants, matériel pas approprié : « ce n’est pas du fait de monsieur »

Maître Öztürk est bien conscient des difficultés que rencontrent les forces de l’ordre, « ces difficultés sont aussi dues à un manque de moyens. Si les effectifs sont insuffisants et le matériel pas approprié, ce n’est pas du fait de monsieur ». Le parquet requiert une peine de 12 mois de prison ferme, « je ne crois plus en la possibilité d’un sursis probatoire ». La procureur compte les sursis mis à l’épreuve déjà prononcés, elle en compte 5. « Pourtant, lui oppose l’avocat, on ne peut pas ne plus y croire, car monsieur ne va pas disparaître, donc il faut traiter le problème. Vous ne pouvez pas ne pas prendre en compte le problème de l’alcool. Ce n’est pas une partie de plaisir pour lui, il faut continuer. »

 

« C’est tout le temps quand je suis soul, parce que quand j’ai pas bu, ça va »

 

Au casier du prévenu, 13 mentions dont trois conduites sous l’empire de l’alcool, un outrage, trois rébellions : « C’est tout le temps quand je suis soul, parce que quand j’ai pas bu, ça va. » Célibataire, sans enfants, formé à la maçonnerie il travaille dès qu’il le peut, mais lorsqu’il boit « je ne peux plus m’arrêter ». Son alcoolisme n’est pas récent.

 

Peine mixte mais mandat de dépôt

 

Le tribunal le déclare coupable et le condamne à une peine mixte : 16 mois de prison dont 8 mois sont assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant 2 ans, avec obligation de soins, de travailler et d’indemniser les victimes. Pour les 8 mois de prison ferme, le tribunal décerne mandat de dépôt, « compte-tenu du risque de réitération, vu votre parcours personnel et pénal ». L’escorte de policiers le conduit au centre pénitentiaire en sortant du tribunal.

 

Florence Saint-Arroman

 

L’avocat des policiers demandait 1000 euros de dommages et intérêts pour la victime principale, 500 euros pour le second policier menacé, le tribunal leur octroie respectivement 600 euros et 300 euros, ainsi que 600 euros pour leurs frais de défense.

 

 

 



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