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lundi 15 mars 2021 à 18:19

Montceau – Un contrôle de police se passe mal

Le jugement est renvoyé au 9 septembre



 



Enquête en cours pour suspicion de violences volontaires de la part d’un policier lors d’un contrôle en avril dernier


Le 6 avril dernier, un homme âgé de 30 ans était orienté en comparution immédiate pour violence et rébellion à l’encontre de policiers de Montceau-les-Mines, mais le prévenu affichait des blessures impressionnantes au visage -de la peau arrachée, des hématomes, des points de suture sur le pavillon de l’oreille – et soutenait avoir été victime de violences arbitraires de la part d’un des policiers de l’équipage qui contrôlait son attestation de sortie.

On était alors en plein confinement, et nous n’avions pas de masques à ce moment-là. Le prévenu, sans casier judiciaire, décrivait le principal responsable de son état, de ses souffrances, et de sa peur. Il avait en effet eu très peur. Il mangeait encore à la paille, précisait maître Leray, son avocate, et souffrait aussi des suites du gazage dans l’habitacle de sa voiture, alors qu’il portait encore sa ceinture de sécurité. « La gazeuse était collée à mon visage, le gaz m’a brûlé la peau. » Il avait une main blessée. Son téléphone avait été mis hors d’usage.

« Qui l’a mis dans cet état, et pourquoi ? » écrivions-nous le 6 avril

La question, presque 1 an après les faits, reste en attente de réponses. L’audience de ce lundi 15 mars 2021 se contente d’expliquer pourquoi :

D’une part, « une enquête parallèle », suite au supplément d’information demandé par le parquet et par l’avocate du prévenu, est toujours en cours. D’autre part, l’expertise du téléphone ne satisfait personne car elle est revenue incomplète. « Le dossier n’est pas prêt », dit le président Dufour. « L’expert doit répondre précisément à la mission demandée », dit maître Bibard, avocat des policiers qui souhaitent se constituer parties civiles, si toutefois le prévenu était condamné. « L’expert devait dire si le téléphone avait été allumé pendant le temps de la garde à vue, ou pas », précise maître Leray, avocate du prévenu.

L’expert judiciaire en télécommunication va devoir reprendre l’expertise

En conséquence le jugement est renvoyé au 9 septembre. Le tribunal ordonne un complément d’expertise pour dire si un fichier a été supprimé, ou pas, du téléphone pendant la garde à vue, si le téléphone a été rallumé puis éteint, « ou, cas échéant, de préciser si de telles opérations sont impossibles à vérifier ».

Et on attend le retour de l’enquête IGPN

Le président s’adresse au prévenu, certainement estomaqué par le temps si long qui lui est imposé (somme toute il doit vivre avec cette histoire) : « Monsieur, il faudra revenir, en espérant que nous ayons le retour de l’enquête IGPN. »

Le tribunal souhaitait, en avril dernier, que les policiers qui se sont dits victimes de violence de la part du prévenu se présentent à l’audience. Ils n’étaient pas là.

 

Florence Saint-Arroman

 

https://montceau-news.com/faits_divers/600399-montceau-un-controle-de-police-se-passe-mal.html

 

 






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