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mardi 30 juin 2026 à 11:28

Faits Divers : Montceau-les-Mines

Violences « Il veut avoir la main sur son épouse. Elle doit être protégée, malgré elle »



 

 

« Le 2 février dernier une femme appelle au secours. Elle s’est réfugiée dans la gare de Montceau-les-Mines. Les forces de l’ordre interviennent. Les photographies sont effrayantes. La femme a été strangulée, ses lèvres sont tuméfiées. Elle saigne de la bouche et du nez » dit la procureur de la République.

Ce lundi 29 juin, à l’audience correctionnelle, un homme âgé de 56 ans doit répondre de violence sur son épouse mais il n’en répond pas : il ne l’a « jamais tapée ».
Alors, la procureur prend le temps de requérir : « Peut-être, peut-être que son épouse saigne du nez, fait des malaises, peut-être. Mais ce n’est pas de ça dont on parle. On parle de violences volontaires. »

Un SMS entraîne l’ordre d’interpeller le mis en cause

« Les policiers cherchent à prendre en charge madame. Ils l’emmènent à l’hôpital et lui proposent une nuit d’hôtel. Malheureusement, madame ne reste pas à l’hôpital et rentre chez elle… Le lendemain à 9h40, elle envoie un SMS au capitaine X : ‘Bonjour, c’est madame Y. Mon mari m’a promis de ne jamais me toucher, de ne jamais recraquer. Je vais lui pardonner et ne pas faire de plainte. Merci beaucoup.’ »

Le capitaine de police contacte alors le procureur de permanence. C’est celle qui requiert aujourd’hui. Elle ordonne l’interpellation du mari. « Il est interpellé à 10h20. Madame est réentendue ensuite. Elle raconte ce qu’elle a subi. C’est très clair. Son mari lui a promis de changer et il lui fait du chantage. »

Le certificat médical établit que la femme a été victime d’agression, elle porte des traces de coups, sur une joue, sur les lèvres, et des rougeurs des deux côtés du cou.
Le prévenu est poursuivi aussi pour des violences le 24 décembre : « Là encore une strangulation. Elle en fait un malaise et tombe. A la police elle dit qu’elle a été giflée. »

Un prévenu très volubile

L’homme à la barre n’a pas d’avocat. Il est très volubile. « J’ai jamais fait un geste de violence et j’en ferai jamais. » Il se défend avec vigueur et beaucoup de phrases. Pour amadouer le tribunal, il dit qu’il avait voulu faire un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales. La juge réagit : « Vous vouliez faire ce stage et vous dites n’avoir jamais été violent ? »
L’homme dit : « Je travaille dans une association. Le terme ‘violence’ me fait peur. »

« Il veut avoir la main sur son épouse »

La procureur n’en croit pas un mot. « Les pressions familiales sont nombreuses. Madame est arrivée en France, du Maroc, début janvier 2025. Elle n’a ici, pas d’autres relations que la famille de monsieur. Le commissariat l’a mise en relation avec une intervenante sociale. »
Le prévenu n’a pas de casier. Il a plusieurs enfants issus d’un premier mariage. Celui-ci est le second. L’union fut célébrée au Maroc.

Construction de la peine requise :

La procureur requiert la peine de 12 mois de prison : « C’est grave, la strangulation. Il veut avoir la main sur son épouse. » Les 12 mois seront assortis d’un sursis probatoire avec interdictions de contact et de paraître au domicile de madame. « Elle doit être protégée, malgré elle. » Et puis obligation de soins : « Ce qui inquiète la société, c’est que madame n’est pas en capacité de se protéger elle-même. »

« Apparemment »

Le prévenu a la parole en dernier, pour se défendre. Que fait-il ? Il exhibe son acte de mariage, « transcrit au consulat ». Le rapport avec la choucroute ? Aucun, si ce n’est d’abonder dans le sens de la procureur : « Il veut avoir la main sur son épouse. » Un mariage n’est pas un certificat de propriété.
« Elle veut me condamner parce qu’apparemment j’ai frappé, mais croyez-moi, croyez-moi… »

Deux ans sous main de justice, 6 mois de prison révocables au cas où…

Le tribunal ne le croit pas. Le relaxe toutefois pour les violences du 24 décembre (que rien n’objective ? Le tribunal ne le dit pas), le dit coupable pour celles du 2 février et le condamne à la peine de 6 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire de 2 ans, avec interdictions de contact et de paraître au domicile de madame, obligations de payer le droit fixe de procédure de 254 euros, de faire un stage de prévention et de sensibilisation aux violences intrafamiliales, et puis engager « des soins psychologique ».
« Concrètement vous serez suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation pendant 2 ans. La mesure, ses obligations et interdictions, prend effet immédiatement. »
Reste une femme, victime d’agressions extrêmement violentes et d’abus et de pressions familiales, seule ici depuis à peine plus d’un an. Si l’homme enfreint les interdictions et qu’elle n’est pas entourée ni soutenue, le dénoncera-t-elle ? C’est tout le souci du parquet.

FSA

 

 



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