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jeudi 19 novembre 2020 à 17:14

David Marti appelle à recréer la solidarité entre les collectivités et l’Etat

Le plaidoyer du président en ouverture du conseil communautaire de ce jeudi qui se tient à L'Embarcadère.



 



Un discours tenu en faisant, bien évidemment, allusion à la situation du moment…

 

Bien malheureusement, nous allons ouvrir ce conseil par un moment de recueillement pour rendre hommage aux victimes d’attentats terroristes qui ont une nouvelle fois endeuillé la France mais aussi d’autres pays de par le monde.

 

Alors que nous venons de commémorer la série d’attaques perpétrées le 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, des attentats ont à nouveau coûté la vie à 4 personnes : un enseignant pour avoir partagé avec ses élèves les valeurs de la République, au premier rang desquelles la laïcité, la tolérance, la liberté d’expression, et trois personnes qui se trouvaient dans un lieu de culte à Nice.

 

Nous ne trouverons jamais de mots assez forts pour dénoncer l’inacceptable, pour affirmer notre profonde révolte face aux lâches assassinats de personnes dont le seul tort est de penser ou croire d’une manière différente de celle de leur meurtrier.

 

En tant qu’élus de la nation, il nous appartient de nous battre chaque jour pour préserver les valeurs de liberté et de démocratie qui sont le fondement de notre République.

 

Je vous invite à respecter une minute de silence en la mémoire de Samuel Paty, de Vincent Loquès, de Nadine Devillers et Simone Barreto Silva.

 

Au-delà du fanatisme et de la barbarie que nous devons combattre sans relâche, nous devons aussi affronter cet autre ennemi qu’est le coronavirus.

 

J’ai une pensée émue pour les professionnels de santé, les personnels des Ehpad, des structures médico-sociales, des résidences pour personnes âgées… Je ne saurais les citer tous. Le virus ne leur laisse aucun répit. A peine la première vague de la pandémie de Covid-19 passée, le second pic s’annonce encore plus violent, mettant tous les professionnels de santé à nouveau sous très haute tension.

 

En respect de leur inlassable dévouement, pour éviter qu’ils n’aient un jour à décider de qui soigner et qui laisser mourir, pour sauver des vies, respectons les gestes barrières. Ce faisant, ce n’est pas seulement soi que l’on protège mais aussi les autres.

 

Je voudrais aussi remercier tous ceux qui contribuent à maintenir l’activité économique, parfois dans des conditions difficiles. Parmi eux figurent les agents de la communauté urbaine, et plus largement tous ceux du service public. Un service public encore plus indispensable dans cette période. Je vous associe, tous mes chers collègues, pour saluer leur engagement dans leurs missions, puisque l’ensemble des services sont à pied d’œuvre.

 

Malgré l’assouplissement du deuxième confinement décidé par l’Etat, nombre de nos entreprises sont une nouvelle fois durement frappées, en particulier les commerçants et artisans concernés par une fermeture administrative.

 

Certes, l’Etat a déployé un Plan de relance exceptionnel de 100 milliards d’euros pour redresser l’économie française. Mais, les collectivités ont elles aussi largement mis la main à la poche.

 

A travers des dispositifs qui lui sont propres ou cofinancés par la Région Bourgogne-Franche-Comté, une enveloppe de plus de 1,8 million d’euros est déjà mobilisée pour aider les entreprises de 0 à 10 salariés. La communauté urbaine y contribue pour plus de 1 million. A ce jour, plus de 386 000 euros d’aides ont été attribués, très majoritairement au bénéfice de commerçants, de restaurateurs et d’artisans. Précisons que ces aides portent sur du soutien à l’investissement, du remboursement de capital et des avances remboursables.

 

Il nous fallait cependant aller plus loin pour que de nombreux commerces et artisans dits « non essentiels » mais essentiels à la vie de nos villes et de nos villages parviennent à surmonter une deuxième fermeture administrative. Et ce d’autant que la période de Noël, qui représente pour certains commerçants et artisans une part majeure de leur chiffre d’affaires, approche.

 

C’est pourquoi, dès le lendemain des annonces du président de la République, j’ai pris l’attache de la présidente de Région et du président du Département pour coordonner les actions que nous pourrions mener ensemble sans attendre. Cette question a également fait l’objet d’une conférence des maires fin octobre. Compte tenu du consensus exprimé, je ne doute pas que les délibérations en ce sens, qui vous seront soumises un peu plus tard, recevront un accueil très favorable.

 

Notre volonté est cette fois d’apporter un soutien en fonctionnement, sous forme d’aide au loyer, aux entreprises de 0 à 10 salariés qui subissent une fermeture administrative. Cette nouvelle enveloppe atteint 700 000 €, dont plus de 510 000 € apportés par la communauté urbaine et près de 190 000 € par la Région. Nous savons qu’il faut aller vite et c’est pourquoi des accueils spécifiques seront mis en place dès demain au Creusot et à Montceau, où les entreprises seront invitées à venir déposer leur dossier.

 

Les aides mobilisables par les entreprises de notre territoire seront ainsi portées à plus de 2,3 millions, dont près de 1,4 million pour la communauté urbaine. Si nous pouvons consentir un tel effort, c’est parce que nous avons toujours été extrêmement vigilants à la maîtrise de nos dépenses, sans pour autant renoncer à nos ambitions en termes d’investissement.

 

Lors du conseil précédent, je vous avais fait part de mon intime conviction en cette période difficile : la communauté urbaine doit être le moteur, la locomotive de son territoire sur le plan économique pour préserver l’emploi mais aussi sur le plan social, en lien avec le Département et les communes.

 

Pour atteindre cet objectif, nous devons en avoir les moyens. Or la crise nous impacte aussi fortement. Sur l’exercice budgétaire 2020, nous estimons nos pertes de recettes à plus de 900 000 euros et nos dépenses exceptionnelles à 800 000 euros, sans compter l’enveloppe de 1,4 million dédiée au soutien à l’économie. Et nous savons que nos pertes de recettes seront également importantes, au moins sur les deux années à venir.

 

Nous nous comporterons en élus responsables. Nous continuerons à veiller à la maîtrise de nos dépenses et saurons faire des choix difficiles quand ce sera nécessaire.

 

Mais l’Etat doit aussi entendre les élus des grandes villes, des métropoles et des communautés urbaines lorsque, toutes sensibilités politiques confondues, ils alertent sur l’ampleur des pertes de recettes fiscales et tarifaires et sur la nécessaire préservation de leur autonomie budgétaire pour accompagner la relance économique et juguler la crise sociale.

 

Je prendrai un exemple : comment assurer le transport public, qui ne peut être financé que par le versement mobilité et les recettes tarifaires, lorsque ces mêmes recettes s’effondrent et qu’aucun mécanisme de compensation n’est prévu ?

 

Nous avons bien conscience que l’Etat, comme nous, fait face à une crise inédite par sa gravité et son ampleur. Mais les collectivités locales ont largement démontré qu’elles sont elles aussi pleinement mobilisées, y compris financièrement.

 

Seul, l’Etat ne parviendra pas à surmonter la crise sanitaire, économique et sociale qui frappe notre pays. Seules, les collectivités locales n’y parviendront pas non plus.

 

Nous avons besoin de restaurer la confiance entre l’Etat et les collectivités locales pour rechercher ensemble les solutions qui donnent à chacun les moyens d’agir et d’assurer un service public performant dans tous les territoires.

 

A cet instant, malgré les alertes lancées par toutes les associations d’élus, le gouvernement fait la sourde oreille et met le sujet sous le tapis. Ce n’est pas acceptable.

 

J’ai toujours été un ardent défenseur de la décentralisation et cette crise me renforce encore dans cette conviction si besoin en était.

Rien ne pourra se faire sans l’action forte des collectivités.

 

 

 

 

David Marti,

président de la communauté urbaine Creusot Montceau

 

 

 

 



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