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lundi 3 septembre 2012 à 16:02

Délocalisation de Sicavyl (Montchanin)

La communauté urbaine Creusot Montceau va demander des compensations pour la perte d’emplois sur le territoire



 

La communauté urbaine Creusot Montceau va demander des compensations pour la perte d’emplois sur le territoire

 

Lors d’une réunion en présence des services de l’Etat et des dirigeants du groupe Sicavyl ce mardi 4 septembre, Jean-Claude Lagrange, président de la communauté urbaine Creusot Montceau, proposera au préfet de Saône-et-Loire d’étudier la faisabilité de mesures pour compenser les pertes d’emplois subies par le territoire après la décision de Sicavyl de reconstruire son outil de production dans l’Yonne.

 

 

 

Dans un communiqué, la collectivité explique :

« Après avoir fait entendre leur opposition au premier projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) soumis par la direction de Sicavyl et rejeté par les services de l’Etat, les élus de la communauté urbaine Creusot Montceau entendent demander à l’entreprise des mesures destinées à compenser le préjudice subi par la bassin d’emplois lors d’une réunion qui se déroulera ce mardi 4 septembre en présence des services de l’Etat et des dirigeants du groupe Sicavyl.
« Tout comme nous l’avions fait à l’annonce de la restructuration du site Michelin en 2009 ou lors de la fermeture du site Rexam l’année suivante, je proposerai au préfet de Saône-et-Loire, avec mes collègues élus, d’étudier les mesures légales par lesquelles le groupe Sicavyl pourrait contribuer, par une indemnité financière ou par tout autre moyen, à recréer de l’activité économique et des emplois là où il en a supprimé », indique Jean-Claude Lagrange, président de la communauté urbaine Creusot Montceau.

Pour mémoire, Michelin et Rexam avaient, conformément à la loi, signé avec l’Etat une convention de revitalisation par laquelle ils s’engageaient à compenser par divers moyens les pertes d’emplois subies par le territoire. « Les élus communautaires s’étaient alors montrés à la fois vigilants et forces de proposition pour faire en sorte que le plan de revitalisation signé par les deux groupes débouche sur des réalisations concrètes, rappelle Jean-Claude Lagrange. L’enveloppe négociée avec le groupe Michelin, indexée sur le nombre d’emplois supprimés sur le site de Blanzy (477), a ainsi permis de faciliter l’implantation de Webhelp à Montceau. Elle a également permis de soutenir le projet Mecateamcluster, qui prévoit la création, sur le site des Chavannes, d’une plateforme industrielle de services mutualisés pour la conception et la maintenance d’engins mobiles dans les secteurs du rail, de la route et de la construction d’infrastructures. Dans le cas de Rexam, la suppression de 34 emplois sur le site du Monay à Saint-Eusèbe, la communauté urbaine avait, par l’intermédiaire de son agence Creusot Montceau Développement, obtenu du groupe qu’il cède son bâtiment dans des conditions suffisamment attractives pour intéresser le groupe marocain Delta Holding pour l’implantation de la société Isosign. Cette dernière prévoit de créer, à terme, une cinquantaine d’emplois. »

Par ailleurs, il est à noter que la fin de l’activité de Sicavyl à Montchanin génère une perte de ressources pour les collectivités.« 

Rappel du dossier

A la suite de l’incendie survenu le 17 mai dernier sur le site de Sicavyl à Montchanin, qui a entièrement détruit les locaux et l’outil de production de l’entreprise spécialisée dans la découpe et le conditionnement de viande, Jean-Claude Lagrange, président de la communauté urbaine Creusot Montceau, et Jean-Yves Vernochet, maire de Montchanin, se sont immédiatement mobilisés, en liaison étroite avec la sous-préfecture de Chalon, pour rechercher des solutions immobilières pour accueillir l’activité de Sicavyl, à titre provisoire ou définitif. L’espoir des élus comme des 66 salariés et de leur famille était bien entendu que la direction de l’entreprise reconstruise l’usine sur le site ou à proximité. Mais, le 10 août dernier,  les dirigeants du groupe Sicavyl ont annoncé la délocalisation de l’activité sur le site de Migennes, dans l’Yonne.

 

 

 






3 commentaires sur “Délocalisation de Sicavyl (Montchanin)”

  1. Daniel Z dit :

    Si je comprends bien, tout entrepreneur qui créera des emplois dans la communauté urbaine s’expose à des demandes de dédommagement au cas où, pour quelque motif que ce soit, il déplacerait ou fermerait son entreprise ?
    Cette procédure n’amène t’elle pas à se poser des questions ?
    N’est ce pas de nature à décourager toute initiative ?

    Dans le cas de Sicavyl, des contraintes de cet ordre ne seront-elles pas supportées par l’entreprise, c’est-à-dire tous les employés de cette société et ne sont elles succeptible d’augmenter les déficits de cette entreprise, avec à la clef une délocalisation radicale ?
    http://www.societe.com/societe/sicavyl-778673756.html

    J’aimerais comprendre…..
    Amitiés

  2. Vigi dit :

    Il ne faut rien lâcher. Maintenir ces exigences, envers ce type de patrons, qui profitent d’un sinistre pour mettre des dizaines de personnes au chômage, est un minimum. A fortiori, il faudrait exiger auprès du Préfet, que l’ensemble des indemnités versés par l’assureur, soit intégralement consacré, à la réhabilitation du site de Montchanin, aux indemnités dues aux salariés et au paiement des fournisseurs. Il faudrait tout de même éviter que cet accident se transforme en jackpot pour les actionnaires de Sicavyl.

  3. Daniel Z dit :

    Suites aux commentaires émis sur cette affaire, je serais intéressé qu’un débat s’ouvre, afin que nous comparions nos opinions, sans injures ni suffisance…..
    J’ai été salarié toute ma vie. Ce fut un choix car je m’étais rendu compte de mon inaptitude à construire et à fortiori gérer une entreprise.
    J’étais conscient qu’une telle démarche, assez confortable, me mettait pourtant en situation de dépendance.
    Je remercie ici les investisseurs et entrepreneurs qui, grâce aux activités qu’ils avaient développé m’ont permis d’avoir un salaire.
    J’ai l’impression que nous refusons des évidences.
    Partout nous exigeons un travail, gage de salaire….et, bien sûr, nous sommes prêts à lapider ceux qui cessent d’en fournir….
    Sommes nous bien réalistes, si ce n’est honnêtes ?
    Bien entendu cela n’empêche pas d’avoir une pensée pour les millions de personnes en attente d’emploi…. Mais si nous en sommes là, n’est ce pas de notre faute ?
    Quelqu’un veut prolonger la discussion ?
    Amitiés