« La Centrale de Lucy et le système énergétique français »
Une conférence-débat en attendant la table ronde en préfecture du 10 décembre prochain
A l’initiative du Front de Gauche se tenait ce vendredi une conférence-débat autour de l’énergie en France et autour du devenir de la centrale de Lucy. Cette conférence était animée par Claude Martin, délégué syndical CGT mais aussi Référent Energie pour la Bourgogne.
Petit rappel :
La centrale de Lucy, qui produit 250 mégawatts d’électricité à partir de charbon importé, est appelée, selon les nouvelles directives européennes d’émission de polluants, à fermer d’ici décembre 2015, ainsi d’ailleurs que bon nombre de ses homologues sur le territoire français. Le groupe Allemand EON, actionnaire majoritaire de Lucy, souhaite quant à lui fermer la centrale dès mars 2014.
Dans ce contexte peu réjouissant pour les employés de la centrale, Claude Martin a dressé un portrait assez significatif de l’état de l’énergie en France.
Lucy appartient à cette catégorie de centrales que l’on appelle « de pointe ». Elle produit breaucoup moins d’énergie qu’une centrale nucléaire, mais elle peut stopper ou démarrer sa production en quelques heures, avantage très appréciable en cas de pic de consommation, lorsque l’énergie produite par les centrales nucléaires n’est pas suffisante.
Si toutes les centrales du type Lucy ferment (donc, selon les nouvelles directives européennes en fin 2015) que se passera-t-il au prochain pic de consommation ? Pourra-t-on assurer notre production électrique ? D’autant que les pays voisins Allemagne, Italie, Espagne … vont être appelés à consommer notre énergie eux aussi.
Une situation plutôt cornélienne et qui laisse planer un sérieux doute sur la vision à long terme des responsables énergétiques européens.
Existe-t-il une solution pour éviter l’arrêt total de la centrale ?
De nombreux scénarios ont été envisagés pour pérenniser son activité : la plupart de ces scénarios ont été jugés économiquement désastreux, y compris par la CGT qui en a cependant retenu un comme étant économiquement viable, générateur d’emplois et peu polluant par rapport au charbon ou au pétrole. Il s’agit de convertir la centrale de lucy afin qu’elle puisse fonctionner à la bio-masse (déchets de bois). Ce projet, s’il se réalisait, pourrait , en plus de conserver les emplois actuels, en générer d’autres. Cependant, il nécessite une gestion très écologique de la forêt (un arbre coupé, un arbre planté) pour être viable, ainsi qu’un respect de la diversité des espèces. Une filière bois pourrait se développer entre le Jura et la centrale de Lucy.
Mais pour l’instant, c’est un projet.
Peut-être sera-t-il présenté lors de la table ronde du 10 décembre, qui aura lieu à la préfecture de Macon en présence du préfet de police, de la direction d’EON, du Conseil Régional, de Christophe Sirugue et des syndicats.
Telles furent les grands points évoqués lors de cette conférence dont on peut regretter qu’elle n’ait pas été suivie par plus de participants. Après tout, le sujet de l’énergie concerne tout le monde !





2 commentaires sur “« La Centrale de Lucy et le système énergétique français »”
l’idée de transformer Lucy en centrale bio-masse est une excellente idée, mais comment la réaliser sans l’aide de nos politiques qui ont l’air de se f………de la centrale un max…
Les années se suivent et se ressemblent ?
Il y a des années, une réunion avait déjà eu lieu.
A cette époque, il était envisagé de convoyer le charbon de la Nièvre vers Lucy en camions….. C’était économique…
Je crois même me souvenir que l’ingénieur qui avait conçu le « lit fluidisé » avait été surpris par les certitudes de certains….. Mais tout cela est loin.
Là, il ne s’agit que d’amener les bois du Jura….
Pas de doute, c’est encore écolo……
Amitiés