Disparition de Gaston Dubois
L'hommage de Marie-Claude Jarrot, présidente des CVR 71
« Gaston Dubois, Cher Gaston, vous nous manquerez beaucoup.
Votre présence physique toujours très vraie, sincère et joviale nous manquera vraiment à nous tous, et à nous dans le cadre de nos associations mémorielles.
Il nous appartient maintenant de faire vivre votre mémoire et de transmettre les valeurs que vous nous avez inculquées. C’est la raison pour laquelle, je parlerai au présent et non au passé dans la suite de mon propos.
VOTRE DETERMINATION NOUS OBLIGERA.
En 1939, Gaston vous avez 19 ans, vous vous engagez dans l’aviation et grâce à votre brevet supérieur vous ne passez l’écrit, vous rentrez donc chez avec votre engagement dans l’aviation en attente de votre affectation qui ne viendra jamais du fait du déclenchement des hostilités entre la France et l’Allemagne nazie.
A La débâcle votre père, ancien gradé de 14/18 vous conseille de partir, ce que vous faîtes sans hésiter en vélo avec quelques copains et l’armistice vous surprend en Auvergne.
Vous revenez à Montceau, à cette époque vous vous réunissez très souvent au café des Arts avec quelques copains et là vous commencez d’en découdre avec l’occupant, vous n’avez pas envie de fraterniser et vous chercher en vain une filière pour partir en Angleterre, déjà une belle détermination vous anime.
Au printemps 1943 à la sortie du cinéma « le Trianon » après avoir avec vos copains largement sifflé les actualités de propagande vous êtes arrêté par une dizaine de feld gendarmes, vous passez la nuit au commissariat de police puis vous êtes conduit à la citadelle de Chalon. Vous y passez 15 jours très difficiles, c’est votre père bardé de toutes ses décorations de la guerre de 14/18 qui vous sort de là, tombant sur un allemand, un soldat et non un nazi. Vous revenez à Montceau avec 8 kilos en moins mais toujours aussi déterminé et pas du tout impressionné !
Puis vous rencontrez André Lataud qui a 22 ans, de deux ans votre aîné, il est de l’armée secrète, il vous propose de l’aider, ce que vous faîtes avec enthousiasme animé par l’amour de votre patrie et toujours cette belle détermination :
– vous recrutez des volontaires pour la Résistance,
– vous glanez des renseignements à cette époque, vous étiez secrétaire de l’ingénieur en chef des Houillères,
-un jour d’avril 1944, vous êtes prévenu, vous devez réceptionner un parachutage à Pouilloux, c’est là que vous rencontrez Georges Machuron et André Soleillant qui deviennent vos amis, vous nous en avez tant et tant parlé. Pas de parachutage la première nuit, il vous faudra attendre la seconde nuit.
Après ce parachutage, vous êtes bien équipé avec des armes et des munitions.
Vous constituez un groupe qui prendra l’appellation de groupe franc, votre mission consiste à réceptionner des parachutages, attaquer les voies ferrées, organiser des embuscades, détruire des écluses sur le canal, détruire des lignes électriques, attaquer à la grenade, attaquer un train blindé et bien sûr Participer à la Libération de Montceau. Votre engagement dans la Résistance est permanent, il demande du courage, vous en avez, de la détermination vous en avez, de l’intelligence vous en avez.
Après la Libération, toujours aussi déterminé à servir votre Patrie, vous signez avec quelques camarades un engagement dans l’armée pour la durée de la guerre qu’il reste à mener. Votre titre de chef de groupe dans la Résistance vous permet d’accéder directement au grade de Sergent puis de Maréchal des Logis chef sous le commandement du colonel de le Ferté. Vous êtes dirigé dans les Alpes à Beaufort habillé en Chasseurs Alpins et à cette époque vous reformez avec vos camarades le 5ème régiment de Dragons dont vous avez été le Président de l’Amicale de Montceau .Votre mission dans ce cadre des Alpes consiste à patrouiller dans un no man’s land, à cette époque vous êtes blessé mais cela n’altère pas votre détermination.
Vous poursuivez votre mission et vous traversez le Rhin vers Strasbourg puis la Forêt Noire, puis le lac de Constance et vous finissez la guerre dans le Tyrol à Lustenau sur la frontière Suisse.
C’est là que se terminera votre équipée, vous êtes démobilisé et rentrez à Montceau pour y retrouver Renée et travailler avec elle dans le magasin très connu des Montcelliennes et Montcelliens : « Au Gaspillage ».
Mais rien ne sera oublié, votre engagement est intact au service de la mémoire, vous l’avez prouvé il y a encore peu de temps avec votre détermination et pugnacité pour la mise en place du totem du parachutage de Pouilloux, ce fut pour nous un honneur de vous écouter, de vous obéir et de vous permettre d’être le grand témoin de cet événement.
La Patrie vous a reconnu : vous êtes décoré de la Croix de Guerre, Médaillé Militaire, Combattant Volontaire de la Résistance et Chevalier de la Légion d’Honneur.
De Gaulle disait :
« La fin de l’espoir est le commencement de la mort » et bien avec vous nous gardons l’espoir et même si votre vie terrestre n’est plus, vous restez avec nous pour longtemps. Merci Gaston pour cette belle leçon de vie qui se poursuit maintenant ailleurs, j’en suis persuadée.
De Gaulle disait aussi :
« La difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même. » Et je crois que ces paroles illustrent parfaitement votre vie semée d’embûches et de peine mais qui fût votre vie au service d’un idéal, La Fraternité. »
Marie-Claude Jarrot – Présidente départementale des Combattants Volontaires de la Résistance en charge de la transmission de la Mémoire – Déléguée des Fondations France Libre et Résistance.



2 commentaires sur “Disparition de Gaston Dubois”
Bonsoir,
Un bel hommage, bien mérité !!
les jeunes de l’association une traction pour Jean Moulin que vous voyez sur la photo se souviendront longtemps du récit si émouvant de Gaston Dubois au totem de Pouilloux.