Rubrique du vendredi par « Michel Du Jardin »
Aujourd’hui : les haricots !
Les « peutous », y en a qui disent qui faut les planter à la St Georges, y disent « ils seront superbes », mais vers nous, y caille trop à mon avis ! é pi y en qui disent qui faut les s’mer à la Saint Didgier, et qu’y en aurait des pleins pagniers ! là, j’y crois plus !
JML
Alors qui qu’ô dit l’Michel ?
Peut-on penser que le temps de saison est installé à demeure ? Je ne suis ni devin ni prévisionniste de la météo, en tout cas, il faut faire « comme si » et pratiquer au niveau du potager les semis de fin de printemps maintenant que les Saints de Glace sont passés.
Parmi ceux-ci, il en est un que je trouve incontournable à bien des égards c’est celui des haricots. Les qualités gustatives et les rendement de ce légume en font pour moi un obligé du jardinier. Quel régal en plein été de manger ces haricots tout juste cueillis du matin, cuits simplement à la vapeur avec une noisette de beurre !
Il en existe quatre variétés à cultiver dans les jardins, mais toutes présentent les mêmes modes de culture. Tout d’abord il faut un sol bien réchauffé et l’on préconise de les semer après la floraison de l’épine noire, pour les puristes, il faut une terre dont la température est supérieure à 15°.
Les haricots ont la faculté de fixer l’azote atmosphérique, ils sont considérés comme des engrais verts comme toutes les plantes de la famille des fabacées. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir auparavant bien fumé l’emplacement où on va les cultiver. Il faut compter deux mois à deux mois et demi entre le semis et la récolte. Je conseille de ne faire qu’un rang à la fois (nos anciens en faisaient toujours au moins deux) le soleil peut ainsi donner de chaque côté de la plante et l’état sanitaire et le rendement s’en trouvent améliorés.
Par contre il faut faire un semis différent tous les quinze jours, trois semaines est un grand maximum à ne pas dépasser. On sème les grains en poquets de trois à cinq grains espacés de quinze centimètres, on recouvre de très peu de terre, ils doivent lever en dix jours maximum sinon ils risquent de pourrir dans le terrain. Une fois que les plantes ont atteint une dizaine de centimètres on procède au buttage, c’est-à-dire ramener de la terre contre les tiges pour maintenir l’humidité.
Il existe des haricots nains et des ramants, dans chacune des deux variétés on peut les récolter en filets ou en grains, bien sûr certaines espèces s’y prêtent mieux que d’autres. Les haricots en grains restent plus longtemps dans le terrain, c’est pourquoi il est préférable de choisir une espèce ramante quand on a un petit jardin. Ils se développent en hauteur et n’occupent donc pas une surface trop importante au sol du potager. Et de plus ils sont plus faciles à récolter. Un rang en conditions normales donne trois à quatre récoltes dont l’abondance diminue petit à petit.
Pour moi les variétés les plus intéressantes sont : Talisman et Delinel pour les filets, Saint Fiacre pour les ramants. Bien sûr les rames sont maintenant difficiles à trouver, je les ai remplacées par de la ferraille quadrillée qui sert de fer à béton, plantée verticalement dans le terrain et tenue par des piquets elle assure et ressert d’une année sur l’autre.
Il y a deux autres variétés de haricots dont nous n’avons pas parlé, ce sont ceux qui ont des gousses de couleur. Les Purple violets deviennent verts à la cuisson et les beurres jaunes quant à eux gardent cette couleur à la consommation. Il faut cependant les faire en début de saison pour éviter l’invasion de pucerons qui en sont friands.
N’oublions pas enfin les Haricots d’Espagne, cultivés pour leurs fleurs, ils peuvent égayer d’une touche de couleur l’uniformité des plantations.
Signé Michel du Jardin



