Rubrique du vendredi par « Michel Du Jardin »
Rien ne pousse correctement dans le potager
Heu là ! les tomates, yè pas c’qu’on croit, moi, j’les paille, le « nounous », lui, ô y’eu z’y fait une cabane ! é pu, on y laisse faire avec un peu d’amour, è pi on prie l’bon djeu qu’y grèle pas…. ! voyè don les photos !
JML
Allè à toi l’Michel !
D’aussi longtemps que je me souvienne, jamais le jardinier n’aura été autant à la peine que cette année. Nous avons des conditions climatiques pour le moins surprenantes : Avril et Mai très pluvieux et surtout froids, Juin qui prend le même chemin et puis, depuis une semaine le beau temps avec bien sûr des températures qui sont de saison mais qui ne sont pas montées progressivement.
Le résultat affiché est le suivant : rien ne pousse correctement dans le potager, au verger ce n’est pas mieux, les cerises sont attaquées par la mouche et ne seront donc pas consommables, les fraises mûrissent sans goût et par-dessus tout une invasion d’herbes partout où elle n’est pas nécessaire. Il faut sans cesse limiter cette prolifération car l’herbe a tendance à étouffer les petits plants qui ne voient plus la lumière et surtout elle véhicule avec elle tout un cortège de limaces, escargots et plein de charmantes bestioles ainsi dissimulées qui n’ont qu’une idée en tête se régaler des jeunes pousses fraîches.
Cette année le jardinier qui n’aura pas tenu compte des conditions climatiques et qui aura voulu comme les années antérieures exposer les plus beaux plants le premier se retrouve avec une ribambelle de maladies qu’il n’arrive pas à éradiquer. Certains sont retournés plusieurs fois en jardinerie sans plus de résultats d’ailleurs.
Les haricots semés au 1er Mai ont du être remplacés depuis longtemps, ne parlons même pas de ceux que le jardinier a enterré à la Saint Didier ou le Vendredi Saint !
Les tomates repiquées dans le jardin trop tôt ont vu leurs feuilles se jaunir, les nervures restant vertes et bien sûr la plante ne grossissait pas. Les jardiniers se sont précipités sur le cuivre de la bouillie bordelaise et le pulvérisateur a fait son travail. Aucun résultat significatif n’est apparu est la plante a irrémédiablement disparu.
Essayons d’y voir un peu plus clair, le cuivre intervient en préventif sur les maladies cryptogamiques telles le mildiou par exemple qui est dû à un champignon. Cette fois ci le cuivre est sans effet car la maladie qui détruit nos tomates est virale et elle s’attaque principalement à la variété « Maestria » qui avait très bien résisté à la virose de fin de saison 2012, ce qui prouve que ce n’est pas le même virus ! Donc amis jardiniers il est inutile d’utiliser la bouillie bordelaise elle est sans effets.
Alors que faire ? J’ai réussi à en sauver quelques pieds en les pulvérisant abondamment au purin d’ortie. Ce produit est un éliciteur, c’est-à-dire qu’il renforce les défenses naturelles des plantes, pulvérisé sur les parties encore saines de la tomate, il joue son rôle. Pour savoir si la plante possède encore un système circulatoire en état, après un bon arrosage au pied vous mettez quelques grains d’un engrais coup de fouet type ammonitrate, si vous constatez une croissance des parties hautes votre pied de tomate est sauvé, mais continuez tous les deux jours la pulvérisation de purin d’orties.
Ce type de mésaventures survient malheureusement quand les conditions climatiques ne sont pas en adéquation avec les productions horticoles qui incitent le jardinier à aller trop vite. Avoir des plants poussés sous serres dès le mois de Février ne veut pas dire qu’à cette époque il faut se dépêcher de les mettre au jardin. Il faut revenir à une relation normale entre les cultures et les conditions climatiques et ne jamais oublier que c’est toujours la nature qui a le dernier mot !
En tout cas cette année, peut être plus que les autres, il était urgent d’attendre !
Rendez vous à tous ceux qui le souhaitent samedi matin à 10h à la jardinerie « Villa Verde » Route de Mont Saint Vincent.
Signé Michel du Jardin





