Saint-Romain-Sous-Gourdon
Rencontre avec un passionné
de locomotives à vapeur
Georges Esquis, dit « la Tatane », a 60 ans, il est natif de Saint Vallier, a vécu rue Jules Guesdes à Montceau, près du puits des Alouettes, puis rue du Château au Bois Roulot, et à Blanzy au Bois de Savigny qu’il a dû quitté parce que sa passion lui faisait faire trop de bruit et que cela incommodait ses voisins qui ont porté plainte.
Il vit aujourd’hui en pleine campagne sur la commune de Saint Romain sous Gourdon. Sur le plan professionnel, après avoir été soudeur dans l’entreprise Saudin, il a été agent Michelin de 1972 à 2012. C’est un grand « fana » de moto, il possède une BMW de 1977, mais sa grande passion, sa raison de vivre, c’est le train et en particulier la locomotive à vapeur. Et c’est pour nous faire partager l’histoire de cette passion qu’il a accepté de nous recevoir.
Georges s’est rendu sur tous les circuits et trajets des trains touristiques de France.
Voilà comment il nous parle de son histoire d’amour avec le rail :
« Quand j’étais enfant, à l’âge de huit ans, à Noël, j’ai reçu en cadeau un train électrique et, après, plus tard, j’ai acheté une loco vapeur comme les locos à vapeur que je voyais passer dans le bas du jardin de la maison familiale et, aussi, je regardais la vapeur qui sortait de la bouilloire qui chauffait sur la cuisinière… j’étais en extase devant ! je trouvais çà formidable !. Un jour, avec mon père, lui en vélomoteur, un solex, et moi à vélo, nous sommes partis voir des locomotives en direction de Montchanin qui était le départ de la SNCF. Quelle joie d’être au plus près, de pouvoir grimper en cabine, avec l’autorisation des agents de la SNCF, et de voir devant nous, ranimer le feu en sommeil…
Plus tard, je voulais rentrer à la SNCF, j’ai fait plusieurs tentatives, mais çà n’a pas réussi et à la mort de mon père, c’est ma mère qui est entrée comme garde barrière remplaçante, ses collègues de travail me « passaient » les revues « la vie du rail » et c’est comme çà qu’un jour j’ai eu le coup de foudre : La revue parlait de loco à vapeur en modèle réduit, j’étais enthousiasmé !
Le temps a passé et sur un autre « La vie du rail », j’ai lu un article avec une photo de loco à vapeur et une personne à côté, je ne sais plus trop de quoi parlait cet article, mais il y avait une adresse, pas très éloignée de Bourg en Bresse, alors, un dimanche, j’ai pris ma moto et je suis allé voir. J’ai fait connaissance avec la personne,. On a préparé une loco, on l’a complétée en eau, il a mis du charbon de bois, il l’a allumé avec une lampe à souder, après avoir remis du charbon, une fois la pression obtenue, il accrocha des wagons derrière et il l’a fait rouler. Quelle joie j’ai eue ! Je suis retourné le voir et il m’a dit : « fais la toi-même » ! J’étais aux anges, mais…..
Cela dit, il fallait acheter un tour et je ne connaissais rien au tournage, il m’a fallu apprendre en achetant un livre. Pour la soudure, çà ne posait pas de problème, je connaissais. Pour la loco, il me fallait des plans, je suis allé en gare de Montceau les mines, ils ont trouvé ce que je cherchais et j’ai fait une demande au dépôt de Nevers pour voir les locos remisées froides et prendre des mesures et faire des clichés de pièces, de roue, de bielle et bien d’autres encore. J’allais aussi souvent au musée du Chemin de Fer à Mulhouse, j’ai acheté des ouvrages qui parlaient de ces locos. Cet Ami m’a beaucoup aidé et je me suis lancé dans la construction . Parallèlement, j’ai connu l’association « la 840 » et j’ai fait du bénévolat pour la restauration de locos, cela m’a bien aidé.
En tout, il m’a fallu dix ans pour construire ce modèle réduit à l’échelle et qui est en état de fonctionner comme son modèle, sur rails et à la vapeur. »
Quand nous entrons plus en détail dans sa véritable épopée, il nous répète combien le fait d’avoir passé son enfance près de la voie ferrée Montchanin-Paray le Monial avait eu de l’importance dans sa vie, comment pourrait-il : « oublier cette enfance remplie des vues de ces « 141R »qui passaient près de son jardin, comment oublier ces fumées noires, ces odeurs si caractéristiques, les visages noircis des conducteurs, et aussi comment oublier les sifflements ! ».
Il a commencé la construction de son modèle réduit (maquette animée)en 1975, il a TOUT réalisé lui-même, il a tout fait de ses propres mains. Il a travaillé les métaux, fabriqué toutes les pièces, près de 500 en tout (hormis bien sûr les écrous et les tiges filetées), il a tout assemblé par vissage ou soudure. « J’ai tout réalisé, depuis le châssis jusqu’aux clapets des pompes en passant par les roues motrices taillées dans la masse, les bielles, les pistons, le freinage, les tuyauteries, le sifflet etc… ».
Il s’agit de la fidèle réplique de la 141R de 72cm de long, de 15cm de large, de 23cm de hauteur, d’un poids de 28kgs. Cela a représenté 4000h de travail. Elle est présentée avec son tender.
Et alors, le plus formidable, c’est qu’en elle, tout fonctionne, comme son grand modèle !
Il est pas peu fier de sa réalisation le Tatane !
Nous ne pouvons que le féliciter d’être allé au bout de sa passion et comme le dit son Ami Gilbert Bialas, alias « Bernard Loiseau », qui nous a permis cette rencontre : « l’œuvre d’art va finir dans un musée ! ».
Jean Michel LENDEL













Un commentaire sur “Saint-Romain-Sous-Gourdon”
Super mon vieux Georges je savais pour ta loco
Mais ou en es tu pour le Berliet G L R ?
Continu, je passerai te voir un de ces jours