Chapelle du Bois du Verne
Françoise Grand de La Mère en Gueule évoque certaitns pans de son histoire
» Concernant la chapelle du Bois-du-Verne, et dans le contexte de nostalgie ambiante, La Mère en Gueule souhaite apporter quelques précisions historiques, sa pierre à l’édifice, si on ose dire!!! (+ photo)
Quand la Chapelle du Bois-du-Verne trembla sur ses bases….
1871 : Construction de la chapelle par Jules Chagot. Un projet d’église plus grande sera abandonné en 1882.
1877 : A la mort de Jules Chagot, la gérance de la Compagnie des Mines de Blanzy revient à Léonce Chagot, son neveu.
Léonce Chagot est imprégné des valeurs religieuses, la religion est le fondement de son action. Il n’admet pas que ses ouailles soient des mécréants.
La situation devient de plus en plus intolérable pour les ouvriers montcelliens, plutôt anti conformistes. Elle empirera jusqu’à la grève victorieuse de 1899.
Février 1878 : grève des mineurs suite au renvoi de 15 ouvriers, tous républicains – c’est un échec.
200 mineurs sont renvoyés, 25 traduits en justice. L’organisation ouvrière devient secrète, c’est le début de La Bande Noire.
Dans ce contexte, à la Paroisse du Bois-du-Verne, arrive l’abbé Gauthier, ancien vicaire de Chauffailles. Dès son arrivée, il se met aux ordres de la Compagnie, devient son auxiliaire, son espion. Il est rapidement détesté par l’ensemble de la population ouvrière : surveillance accrue des familles, notes sur son fameux petit carnet noir, dénonciation des mineurs qui lui déplaisent, mise à pied, renvois, …
Les ouvriers, excédés, lui mènent la vie dure et le somment de partir. Des menaces sont envoyées à l’évêché : … si le curé Gauthier n’était pas changé, on le fera sauter. L’abbé Gauthier se sait menacé, mais aussi, protégé par Léonce Chagot, alors il tient bon.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, les mineurs passent à l’action : ils cherchent l’abbé qui s’est prudemment réfugié en ville. Frustrés et mécontents, ils s’en prennent alors à la chapelle.
Les Archives de 1903 du presbytère relatent ces évènements :
Toute la bande revint en criant « A bas Chagot, Gauthier à la lanterne ! » et en sonnant le tocsin avec rage. Une cartouche de dynamite fut placée devant la rosace de la chapelle, une autre fit voler en éclats la porte ; et tous d’envahir l’église pour tout saccager…
Bancs, portes, confessionnaux, sont entassés et on y met le feu. Un gigantesque incendie s’ensuit.
Déguisé et grimé, l’abbé Gauthier, horrifié, quitte sa paroisse en toute hâte pour ne plus jamais y revenir.
Attaquée en tant que symbole de l’oppression cléricale, la chapelle du Bois-du-Verne n’en finit plus alors de se lézarder …. «
(sources : Montceau-les-Mines, un laboratoire social au XIXe siècle – R. Beaubernard)
Pour La Mère en Gueule,
Françoise Grand



4 commentaires sur “Chapelle du Bois du Verne”
Sacré symbole cette chapelle, il faudrait peut être faire une plaque pour rappeler cette lutte.
J’avais déjà trouvé cette info sur le net, qui montrait qu’il y avait toujours des traces de ce fameux incendie sur la façade, mais le site ne me paraissait pas franchement fiable.
Merci à la mère en gueule pour ce bref exposé des faits.
merci pour ces précisions sur notre chapelle du bdv qui hélas a disparue de notre paysage il y a peu .
Merci d’avoir ainsi retracé l’histoire de « la naissance » de la chapelle que bon nombre d’entre nous ne connaissait certainement pas.
Après des débuts donc bien tourmentés et une paisible retraite, sa fin a pour le moins été rapide et radicale !
… mais nous ne l’oublierons pas pour autant …
Bonjour,
Je viens de finir après une recherche de plusieurs années la biographie de « La Bande noire ». Ces mineurs révoltés montcelliens, socialistes révolutionnaires et anarchistes s’en prirent en Août 1882 à cette Chapelle où officiait le mouchard au service de la compagnie des Mines le curé Gaulthier. Sur mon blog d’écrivain igorsevitch.kif.fr, j’ai en effet publié les photos de la chapelle à l’époque et aujourd’hui. Ces photos sont tout à fait fiables comme le site sur lequel elles sont publiées. J’ai aussi d’autres documents issus des archives sur lesquelles j’ai longuement travaillé qui seront publiés dans le livre qui va paraître en 2014.
Yves Meunier alias Igor Sévitch