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mercredi 25 décembre 2013 à 08:16

Ordre des vétérinaires

Entretien avec un montcellien réélu par ses pairs à la présidence



 

 

Un montcellien réélu par ses pairs à la présidence 

 

 

Michel Baussier,est le président du Conseil supérieur de l’Ordre des vétérinaires, élu une première fois le 21 décembre 2010, il a até réélu le 12 décembre dernier pour 3 ans . Nous avons voulu en savoir un peu plus ; d’où cette interview !

 

 

Montceau-news : qu’est-ce que le Conseil de l’Ordre et combien de vétérinaires en France ?

 

 

M. B. : « L’Ordre des vétérinaires est l’un des seize ordres professionnels existant en France. A titre de comparaison, au Québec, quarante-cinq professions sont organisées en ordre professionnel. A l’inverse, dans certains pays il n’y a pas d’organisation professionnelle équivalente.

 

Un ordre est d’abord un ensemble de personnes, l’ensemble de celles qui le composent obligatoirement de par la loi. Dans le cas de l’Ordre des vétérinaires, l’ensemble des dix-sept mille vétérinaires du secteur privé habilités à exercer la profession de vétérinaire sur le territoire. Les mille cinq cents vétérinaires fonctionnaires ne participent pas à la composition de l’Ordre, ils sont directement placés sous l’autorité du ministre. L’Ordre est ainsi une institution légale de droit privé chargée par l’Etat, en tant qu’organisme statutaire autonome, d’une mission de service public : garantir aux citoyens la compétence et le comportement éthique des professionnels. En définitive, loin de protéger les intérêts matériels des professionnels, à la façon d’un syndicat, l’Ordre contribue à maintenir la confiance que le public, les citoyens et l’Etat lui-même peuvent et doivent avoir dans ce corps de professionnels.« 

 

 

M.N. : quelles sont les revendications éventuelles de la profession ?

 

M.B. : « A côté de l’Ordre, il existe des syndicats de vétérinaires qui, eux, ont des revendications pour la profession vétérinaire.
L’Ordre ne revendique rien. Il vérifie les diplômes des personnes qui désirent exercer, il administre la profession, il propose à l’Etat un code de déontologie, il propose des évolutions de ce code et il le fait ensuite appliquer, à travers ses organes juridictionnels (chambres de discipline présidées par des magistrats) ; plus largement il veille à l’application des lois et règlements professionnels ; il veille à l’honneur et la probité de la profession. Il joue un rôle social interne; il représente la profession, notamment auprès des pouvoirs publics. »

 

 

M.N. : Pouvez-vous préciser l’organisation ?

 

M.B. : « L’Ordre est une forme d’organisation professionnelle adaptée à certaines professions à la fois dites réglementées au sens des directives communautaires, c’est-à-dire des professions pour lesquelles il y a une exigence de qualifications professionnelles déterminées pour avoir le droit de les exercer, indépendantes (libérales) et astreintes au respect d’un code de déontologie opposable. Il s’agit de professions pour lesquelles il y a nécessité d’une confiance forte de la part de l’usager, à laquelle doit répondre une grande compétence et surtout une grande conscience professionnelle. Il s’agit aussi de professions que certains sociologues qualifient de professions à activité « prudentielle ».

 

Cet Ordre est organisé en France en vingt régions au sein desquels les représentants élus par leurs pairs constituent un conseil régional, formé selon l’importance démographique des régions, de six à quatorze membres. Un conseil national, dit conseil supérieur, composé de douze membres, supervise et coordonne l’action des vingt conseils régionaux. Auprès de chaque conseil régional est constituée une chambre de discipline, présidée depuis toujours par un magistrat de l’ordre judiciaire. Il existe aussi une chambre supérieure de discipline, présidée par un magistrat de la Cour de cassation, traitant des appels des décisions du premier degré. L’Ordre est ainsi l’autorité compétente française pour les dix-sept mille vétérinaires du secteur privé.« 

 

 

M.N. : pourriez-vous préciser les missions des vétérinaires ?

 

M.B. : « Les vétérinaires ont la mission de santé et protection animales que chacun connaît. Ils sont les médecins des animaux. A travers le monde et historiquement leur première mission est la sécurité alimentaire : aider le monde de l’élevage à la bonne santé des animaux de travail et à la production de protéines animales, lutter contre la faim dans le monde. Depuis la fin du XIXème siècle, les vétérinaires, dans le monde entier se sont logiquement investis dans la sécurité sanitaire des aliments (inspection de la viande, des poissons, du lait, des œufs…). Autrement dit, veiller à ce que les aliments d’origine animale soient sains. Aujourd’hui cette profession est une profession de santé publique en première ligne, quand on sait que les deux tiers des maladies infectieuses de l’homme sont communes à l’homme et l’animal et que les trois quarts des maladies infectieuses ou parasitaires émergentes le sont (zoonoses). Il suffit d’évoquer pour s’en convaincre les grippes aviaires, la maladie de la vache folle, la brucellose, la tuberculose…« 

 

 

M.N. : Comment voyez-vous votre nouveau mandat de trois ans ?

 

M.B. : « Présider le Conseil supérieur de l’Ordre des vétérinaires d’un pays comme la France est aujourd’hui une très grande responsabilité.

 

Même si l’Ordre des vétérinaires a depuis 1947 donné l’exemple de la transparence et de l’ouverture, en confiant la présidence de ses chambres de discipline à des magistrats professionnels, même si en 1989 il a été le premier à associer les usagers à la conception et l’évolution du code de déontologie, même si, à la même date, il a été le premier à permettre à tout citoyen d’interpeller directement l’Ordre au sujet du comportement d’un professionnel en exercice, je considère que les évolutions ne sont pas suffisantes encore et je veux résolument engager cet ordre dans la voie de la modernité et de l’excellence du service rendu aux citoyens. J’ai réussi à convaincre notre ministre de tutelle, Stéphane Le Foll, d’introduire dans la loi d’avenir pour l’agriculture un principe de modernisation législative de notre organisation ordinale. Un chantier exaltant.

 

Cela d’autant que le modèle d’organisation professionnelle du secteur vétérinaire privé français est considéré de par le monde, déjà en l’état, comme un modèle à copier ou susceptible d’inspirer. C’est une des raisons pour lesquelles –exemple parmi d’autres- je participais début décembre à un congrès de l’Organisation mondiale de la santé animale au sud du Brésil et exposais le modèle ordinal français devant plus d’un millier de participants représentant cent quarante pays du monde…

 

La modernisation de cet ordre professionnel est dès lors un enjeu pour les trois ans à venir, soit la durée de mon nouveau mandat !« 

 

 

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 Michel Baussier

 

 

 

 

 

 

 

 






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