9e Festival radiophonique « Radioactif »
Carine Bécard, journaliste, invitée spéciale
Ce jeudi matin et pour toute la journée, les ateliers du jour accueillaient des élèves des lycées Claudie Haigneré, Henri Parriat et Léon Blum dans le cadre de la 29e semaine de la presse et des médias et du 9e festival radiophonique « Radioactif ».
Au programme ? Initier des jeunes allant de la seconde à la terminale au métier de journaliste radiophonique.
Cette année, ce sont donc des classes des trois lycées de la CUCM qui ont voulu être présents. 2018 voit le retour d’une professionnelle ayant déjà participé à cette manifestation : Carine Bécard. Ancienne élève du lycée Léon Blum et journaliste à France Inter, elle était présente dès 9h ce jeudi matin afin d’organiser la conférence de rédaction avec les jeunes.
Les sujets d’actualité choisis par les élèves
Au cours de la conférence de rédaction, ce sont les jeunes lycéens qui ont choisi les sujets qu’ils souhaitaient traiter : la grève (enseignants, parents d’élèves, syndicalistes et micro-trottoirs au programme), l’hôpital de Montceau, la garde à vue de Nicolas Sarkozy, le parcours sup’ au lycée Parriat ou encore le festival des lycées.
Après avoir été briefés sur l’utilisation d’un dictaphone professionnel et sur le type de questions à poser, les lycéens se sont retrouvés quelques instants à la médiathèque afin de décider par groupes de 3 à 4 personnes l’angle d’attaque de leurs reportages.
C’est ainsi à 10h30 que le dernier groupe partait en voiture des Ateliers du Jour afin d’aller sur le terrain.
Le festival impulsé par Positive Radio et le service jeunesse de la ville de Montceau est suivi par des classes qui s’inscrivent selon l’initiative de leurs enseignants.
Les élèves ont rarement l’envie de devenir journaliste. Une exception toutefois cette année avec une jeune élève du lycée Léon Blum qui a tenu à être présente à cette journée pour mieux se faire une idée du métier qu’elle souhaite entreprendre.
Et la suite de la journée sera très studieuse pour les élèves qui devront à leur retour écouter leurs enregistrements et choisir les meilleurs passages en vue du montage de ceux-ci à l’aide d’un logiciel professionnel.
Jonathan, membre d’un groupe de trois élèves nous a avoué pour sa part qu’il s’agissait d’une véritable découverte. Un peu intimidé, il se demandait encore quelles questions poser.
Plus loin, le dernier groupe travaillant sur le sujet des grèves cherchait à contacter les syndicalistes : « Pas facile » avouait l’un d’eux. « On n’arrive pas à avoir les personnes au téléphone ! ».
Comment se fabrique l’information ?
Juste après le départ des lycéens, Carine Bécard nous a accordé quelques instants. Elle s’est confiée sur sa motivation pour participer au festival : « C’est toujours amusant de travailler avec des lycéens, de voir l’image qu’ils se font de notre métier et qu’ils sachent comment se fabrique l’information. Comment prend-on un angle ? L’image qu’ils ont à l’issue de cette journée est moins naïve après. C’est important, on est dans une démocratie. Tous les matins, les journalistes font vivre la démocratie. »
Écoutent-ils les informations à la radio ? La plupart des lycéens écoutent plutôt des radios de leurs générations alors que leurs parents écouteraient plutôt France Inter.
Aussi pour la journaliste de France Inter, c’est important d’être présent dans les lycées : « leur montrer, démystifier France Inter. On s’interroge sur ce qu’il se passe dans le monde. Qu’ils voient aussi qu’on est comme tout le monde en jean et en basket. La radio est encore un média apprécié. On a à évangéliser » considère-t-elle.
Elle explique aussi le travail conjoint avec Internet et pour certaines émissions la mise en place de podcasts. Difficile en revanche pour l’actualité ! En revanche, « on essaie d’apporter des informations supplémentaires sur internet. Cela permet de rallonger le format souvent contraint à l’antenne.
Carine Bécard aux « commandes » d’une émission dès 16h sur www.positivradio.fr/
Les lycéens sont partis avec des consignes assez précises : ils doivent poser trois questions sur le sujet et il faut rester sur son angle. Et avoue Carine Bécard, c’est loin d’être toujours évident. Cela devrait permettre de comprendre aux jeunes gens qu’il n’est pas toujours facile en un temps restreint d’aborder un sujet dans son intégralité. « Mon travail est de cerner l’angle » nous explique ainsi Carine Bécard.
Les élèves ont toutefois la possibilité de rebondir sur les propos de leurs interlocuteurs. Il est donc nécessaire d’être à l’écoute, une autre qualité indispensable du journaliste pour Carine Bécard.
Et les lycéens auront vécu des moments parfois frustrants lors de la sélection des meilleurs passages, toujours en respectant l’idée de l’interlocuteur sans trafiquer ni pervertir.
Et la journaliste de France Inter se réjouit de l’exercice : « Dorénavant, quand ils vont écouter, ils se douteront que d’autres questions ont été posées. On ne leur donne pas toutes les informations. Être journaliste, c’est être curieux. »
Et être lecteur ? Pour Carine Bécard, être lecteur c’est aussi faire preuve de curiosité, même si elle reconnaît que nous n’avons pas toujours le temps de comparer les différentes approches d’un sujet par différents médias. « Normalement il faudrait croiser des informations dans les différents médias. Cela prend du temps de s’informer. Ensuite c’est une quête sans fin. Enfin il faut trouver un média avec lequel on est le plus à l’aise. C’est important de savoir qu’il y a autre qui peut être raconté. »
Pour sa part et même si elle reconnaît que sa lecture est étroitement liée à son activité professionnelle : « J’aime lire le Parisien, le Figaro et le Monde le matin. J’aime voir les traitements différents. Cela fait partie de mon job. La pluralité me réjouit. »
En fin d’après-midi vers 16h, les lycéens ont enregistré sous le regard attentif de Carine Bécard et dans les conditions du direct un journal.
A suivre sur www.positivradio.fr/
EM





