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mardi 25 octobre 2011 à 20:45

Carmi Centre Est (Régime minier)

Le personnel en grève ce mardi a remis une motion en mairie de Montceau-les-Mines




Le personnel en grève ce mardi a remis une motion en mairie de Montceau-les-Mines


Ce mardi 25 octobre, un mouvement de grève a été lancé au plan national, mouvement destiné à mettre l’accent sur les incertitudes pesant sur l’avenir des emplois du Régime minier.


A Montceau-les-Mines, à l’appel de l’intersyndicale FO – CGT – CFDT – et de la Fédération des cadres supérieurs des personnels de la CARMI Centre Est, ce mot d’ordre a été suivi et une délégation des personnels grévistes s’est rendu en mairie de Montceau. Délégation qui, par la voix de Joëlle Liebhardt, a lu une motion à MM. Laurent Serlvez, conseiller général et adjoint, Georges Simon, adjoint, et Mireille Laforêt, conseillère. Des élus qui ont assuré les personnels du soutien de la municipalité.




Cela étant, voici le texte de cette motion :


« En écho à la lettre au personnel du 9 septembre dernier de Monsieur RANCE et à ses réponses en CE du 19/09/2011, nous tenons à vous faire part de notre très forte inquiétude sur notamment le devenir des salariés des CARMI.


Bien loin de nous rassurer, ses propos, tenus de surcroit dans une lettre qui, soyons clairs, n’a aucune valeur juridique et n’engage que lui, mettent encore plus en lumière le vide qui existe autour des questions liées à l’emploi.


En effet, il nous soutient que le décret portant la réforme du régime minier « assure à l’ensemble de ses salariés la pérennité de l’emploi, quels que soient leur statut et leur localisation géographique ». Or, nous ne voyons venir aucun élément concret, tel qu’un plan d’action « Emploi » par exemple, dans lequel :


–    1 °  le Régime Général, désigné dans le décret comme le « repreneur » officiel des salariés du Régime Minier, formaliserait ses besoins en personnel (par métier, par lieu géographique etc.) ;


–    2°  le Régime Minier établirait le plus précisément possible une « cartographie » de ses ressources en personnel, alliant critères objectifs (tels que le métier actuel, les métiers déjà exercés, les diplômes, l’adresse du domicile, etc.) et critères personnels (aspirations individuelles en termes d’orientation/projet professionnel, de trajet domicile-lieu de travail maximum etc.).





Ce manque d’éléments concrets rend la portée de l’article 78 du décret – décret qui reste le seul document officiel ayant valeur juridique – encore plus inquiétante pour les salariés des CARMI. En effet, il y est indiqué que le directeur général de la Caisse autonome nationale « prend toutes mesures quant à l’organisation du travail et l’affectation des salariés » :


Le calendrier précipité de la réforme inquiète les salariés du régime minier quant à leur avenir. En effet, les orientations du décret prévoient le décalage temporel des transferts (au plus tard le 31/03/2012 pour l’ASS et le 31/12/2013 pour l’assurantiel et l’offre de soins), échéances toutes proches.


Ces dispositions ne sont pas de nature à proposer un projet professionnel cohérent et pérenne de manière équitable pour tous les salariés lorsqu’en toile de fond, ils n’ignorent pas que le régime général est lui aussi en pleine mutation.


–      Quelle place leur sera laissée ?


–    qu’en est-il de la prise en compte des compétences personnelles de chacun ?


–    qu’en est-il de la prise en compte des aspirations personnelles des salariés ?


–    A-t-on une idée précise du nombre et de la localisation des postes qui seraient susceptibles d’être d’affectés à notre personnel.


–    qu’en est-il des conditions de reprise du personnel des services ASS et Social, pour lesquels une date limite est fixée au 31 Mars 2012 « au plus tard » Soit demain, alors que ce personnel n’est toujours pas informé de son avenir proche…


–     Quel devenir pour les assistantes sociales, quelle sera la structure d’accueil ?


–    Quid de nos activités commerciales (transports sanitaires, optique, labo de prothèses, pharmacies…………) seront-elles reprises ?


–     Quel devenir pour les pharmacies auxquelles le décret impose une ouverture unilatérale et la CAN des procédures systématiques de marchés publics pour tout achat, ce qui par ailleurs semblerait contraire au code de déontologie des pharmaciens (code de la santé publique) ?






Notre ministre, Xavier Bertrand, nous réaffirmait dans sa lettre du 30 juin dernier qu’ « aucune mobilité géographique ne sera imposée à un salarié ». Dans le décret, il n’est fait référence qu’au « respect des garanties d’emploi et de reclassement prévues par les conventions collectives nationales de travail en vigueur ». Alors, en cas d’affectation inadaptée, de quelle marge de négociation le salarié dispose-t-il ? Et en cas d’impossibilité de trouver un compromis, quel sera l’avenir du salarié ? Comment peut-on garantir l’emploi alors qu’aucune convention collective n’a ce pouvoir ?


La politique de communication menée, se voulant rassurante en minimisant les difficultés, est perçue par le personnel comme une politique de « l’autruche ».Elle ne fait qu’accroître le stress et le mal-être  engendrés par leurs préoccupations concrètes de continuité et de qualité de services.


Ainsi, il nous semble important d’être tenu informé régulièrement des avancées mais également des difficultés rencontrées.


–    Des groupes de travail entre la Caisse Autonome Nationale et la CNAM, l’UGECAM, l’ANGDM sont ils engagés au niveau national ? Si oui, quelles en sont les avancées ? Dans le cas contraire, sont-ils prévus ? À quelle échéance ?


–    Comment organiser une communication, ascendante et descendante, permettant aux salariés d’être acteurs des profondes transformations en cours et à venir ?


Trop de questions déjà posées à plusieurs reprises en Comité d’entreprise et toujours sans réponse inquiètent fortement le personnel.


Comment imaginer pouvoir aborder de manière sereine ce profond bouleversement alors qu’aucun projet d’entreprise n’est aujourd’hui connu ? Ou pire encore, s’il existe, pourquoi n’a-t-il fait l’objet d’aucune communication ? Voilà plus que nécessaire, des raisons d’inquiétudes qu’il conviendra à la direction du nouvel organisme national de lever au plus tôt par des propositions concrètes, acceptables et équitables où la concertation devra revêtir tout son sens. A ces seules conditions, l’implication personnelle de chacun que sollicite le Directeur Général pour réussir la réforme, pourra s’entrevoir.


En  conclusion nous avons indiqué au Directeur Général qu’il peut effectivement compter sur notre implication. Impliqués, nous le sommes et souhaitons l’être encore davantage. Pour ce faire nous devons être informés, écoutés et entendus. Nous demandons que l’article 78 concis et évasif soit complété de façon explicite et que des solutions réelles et concrètes  soient proposées. Nous voulons  des engagements forts des ministères, opposables à nos repreneurs et incontournables par eux« .



 

 

Joëlle Liebhardt, secrétaire du CE







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