Montceau Chauffage urbain
Les usagers n’ont pas mieux compris pourquoi leur facture de chauffage a explosé
Mardi, a eu lieu à la salle du centre nautique une nouvelle réunion avec Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau, Emmanuel Père de l’OPAC à Mâcon, Denis Couturier responsable OPAC Montceau, Dominique Lamard, directeur régional du réseau Moncia et André Strutynski responsable du site Moncia et Gérard Gronfier maire-adjoint à Montceau.
Présente également, Colette Bury, présidente de la CNL.
Une réunion qui a réuni une petite poignée d’usagers seulement, qui sont repartis désabusés. Car tout comme pour la 1ère réunion, ils n’ont rien compris aux explications très techniques que les intervenants leur ont servies pour la seconde fois.
« On n’y comprends pas mieux ! » « C’est fini, je ne viens plus à leurs réunions » « Ils noient le poisson » « On nous enfume ». Et avouez que concernant le chauffage, se faire enfumer, c’est drôle ! Sauf pour les usagers qui ont plutôt envie de pleurer…
Votre serviteur ayant eu un peu de mal lui aussi à s’y retrouver, tout comme ses collègues, rendez-vous fut pris ce jour avec Colette Bury, qui a consacré beaucoup de temps ce jeudi à la presse, pour expliquer les tenants et aboutissants de ces factures de chauffage qui ont explosé.
Chauffage urbain : une facture différente des autres moyens de chauffage
Et cela se traduit par une facture difficile à comprendre, pour le citoyen lambda. Peu de gens savent précisément ce que couvre la facture de chauffage des réseaux de chaleur. Car ces derniers sont portés par des acteurs locaux et les prix varient donc d’un réseau à l’autre.
Ce qu’il faut comprendre sur les factures du réseau de chaleur
Tout au long de la réunion de mardi, les représentants de Moncia ont parlé de R1 et de R2. Mais que sont-ils ?
Le R1, est la part variable qui correspond à la consommation de l’occupant. Il est calculé en fonction des différents combustibles utilisés. Mais aussi en fonction des quantités utilisées
Le R2 est la part fixe, correspondant à l’investissement et à l’amortissement des installations de chauffage urbain. « C’est la maintenance, avec le petit entretien des installations, le gros entretien et le renouvellement et l’amortissement des équipements mis en place en début de contrat. Par exemple les chaudières, la chaufferie, les tuyaux » explique Colette Bury.
Sont également compris en R2 (part fixe) l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’installation, l’entretien de l’installation, à l’intérieur de l’immeuble et la location des compteurs de répartition.
Tableau à l’appui, Colette Bury démontre qu’aux bâtiments J, K et L des Alouettes, en 2016-2017, la location des compteurs représentait 2 731,26 euros, qui ont été répartis par le nombre de logements.
Et plus la partie fixe est importante par rapport à la part variable, plus l’abonné est protégé des augmentations de factures dues à la hausse des prix de l’énergie.
Période transitoire
Globalement, après la période transitoire de travaux au cours de laquelle la chaufferie biomasse n’était pas encore opérationnelle, les prix de la chaleur étaient compris entre environ 84 € TTC / MGWH (pour les logements) et 96 € TTC / MGWH (pour les équipements).
Evolution des prix entre les deux contrats
Il y a eu un « avant » et un « après ». Avant, désignant la période où les travaux n’étaient pas encore réalisés, et après lorsque le nouveau contrat est entré en vigueur. Et la différence est sidérante !
Ainsi sur le R2 (maintenance), avant travaux, le prix de la chaleur était de 25,46 euros. Après travaux, il était de…89,82 euros !
Deux avenants signés
Puis, deux avenants ont été signés : modification de de la structure du R2 et l’allongement de la concession de 3 ans.
Marie-Claude Jarrot, lors des deux réunions précédentes avait souligné le non versement des deux subventions municipales prévues dans la concession, la prise en charge des chaudières des pavillons déconnectés, la suppression des installations aériennes de l’ancien chauffage urbain etc.
« Dans notre malheur, nous avons quand même la chance d’avoir un réseau neuf, qui tourne avec la biomasse. Biomasse qu’on ne pouvait pas utiliser avec l’ancien réseau » constate Mme Bury.
Au final, on comprend bien que les locataires, furieux de voir leur facture de chauffage s’envoler, le sont encore plus lorsqu’on leur explique que la facture Opac baisse, alors que la consommation grimpe…et que finalement tout est bien dans le meilleur des mondes ! Mais que quoi qu’il arrive, ils paieront encore et encore.
Même si on leur promet une (très) légère baisse de la facture l’année prochaine, la colère est bel et bien là. Combien pourront se permettre de rester dans des appartements où le chauffage absorbe une bonne partie des revenus ?
Les 3 propositions de Colette Bury à Mme Jarrot
La présidente de la CNL 71 propose : de faire baisser le R2 en apportant de nouveaux abonnés au réseau de chauffage urbain. Si un ou plusieurs grands ensembles rejoignent les rangs, le réseau sera plus important et fera baisser le R2.
« A partir de 2019, Moncia va engranger des bénéfices, cela fera peut-être baisser la note » espère-t-elle.
Mme Bury, en 3e proposition, demande d’étudier « avec soin et précaution » l’allongement de la concession qui est actuellement de 28 ans. Si on étale la dette sur 2 ou 3 années de plus, cela fera moins cher sur la facture.
Par contre, sur cette proposition, Marie-Claude Jarrot répond : « Impossible, on est déjà au taquet… ».
Les souhaits de Mme Bury resteront-elles des vœux pieux ? L’avenir le dira. En attendant, les locataires continuent de se désespérer…







