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dimanche 10 novembre 2019 à 08:59

49ème anniversaire de la mort du Général De Gaulle

Commémoré à Montceau-les-Mines comme il se doit "Le gaullisme, ça ne s’apprend pas, ça ne se décrète pas, ça ne se copie pas, ça se fait..."





Ce samedi soir, au monument aux Fusillés, a eut lieu la commémoration du 49ème anniversaire de la disparition du Général de Gaulle, figure emblématique de la Résistance pendant la 2ème guerre mondiale, fondateur de la 5ème République et 1er Président de la République Française élu au suffrage universel.

 

Un hommage qui, avec de nombreux élus parmi lesquels bien évidemment on retrouvait Marie-Claude Jarrot, maire, Gérard Gronfier, maire-adjoint chargé des Anciens Combattants, entourés de nombreux membres du conseil municipal, Caroline Ghulam-Nabi, suppléante de Raphaël Gauvin, député.

 

Gérard Gronfier, étant le maître de cérémonie, c’est à lui que revint “d’organiser” les 5 dépôts de gerbes.

 

Maître Jacques MORLET, président de l’Amicale Gaulliste : “Le général de Gaulle est mort, la France est veuve..; un homme qui a sauvé la France deux fois du déshonneur : en 1940 et en 1958 en lui donnant les fondations inébranlables qui avait tant fait défaut aux républiques précédentes… vous avez su reconstruire un pays en lui donnant une constitution appropriée aux temps modernes…. Reposez en paix; vous ne nous abandonnez pas, quoiqu’il arrive, nous savons que tout ce que vous avez dit, écrit, penser, réaliser nous permettra de vous retrouver, non pas comme un sémaphore dans la brume, mais comme un phare éblouissant qui évitera au navire de se fracasser sur les récifs du renoncement; retour aux erreurs du passé en raison d’une erreur ou d’une faute de pilotage…”

 

 Mme Jarrot de prononcer un discours dont vous avez pu prendre connaissance d’une partie ci-dessus…

 

“A l’aube du cinquantième anniversaire de la mort du général de Gaulle, nous sommes en droit de nous demander si le gaullisme trouve encore une place aujourd’hui.

 

Dans l’imagerie populaire, c’est d’abord le fait historique d’un homme et de ses compagnons refusant la défaite de 1940 au profit de la défense d’une certaine idée de la France et d’une certaine conception de la souveraineté.

 

C’est ensuite la volonté d’un soldat courageux de tout faire pour donner à son peuple la chance d’écrire sa propre histoire au lieu de la laisser rédiger par d’autres.

 

Être gaulliste aujourd’hui, ce n’est pas être le gardien nostalgique d’un temple du bout du monde, c’est plutôt agir sans renoncer pour maintenir vivante une conception du service aux autres.

 

Le gaullisme, ça ne s’apprend pas, ça ne se décrète pas, ça ne se copie pas, ça se fait. Parfois aussi inconsciemment que Monsieur Jourdain fait de la prose.

 

D’ailleurs certains Français ont sans doute fait du Gaullisme sans le savoir au moment de refuser la défaite et sans même sans avoir entendu l’appel du 18 juin 1940.

 

Bien sûr, il est des époques et aujourd’hui encore où certains admirateurs du soir ont abusé de la postérité politique du général pour acquérir une auréole d’occasion.

 

D’autres, en revanche, et j’en ai quelques souvenirs personnels et familiaux, furent de leur vivant d’inconditionnels serviteurs, même si une minorité d’entre eux n’a pas toujours été à la hauteur des engagements prescrits par l’exemple.

 

Combien en tous cas, au-delà de l’adhésion, ont été capables par la suite de produire du gaullisme, c’est à dire de vivre leur citoyenneté et leur engagement public sous le prisme d’une certaine exigence ?

 

Pas l’exigence des circonstances, celle que l’on façonne à sa mesure pour qu’elle soit plus facile à s’imposer. Non, l’exigence qui vient d’un comportement moral et d’une certaine façon d’agir, dictée par la vertu.

 

Alors évidemment, l’éloge de la vertu serait devenu presque superflu de nos jours tant nous avons atteint les cimes oratoires de la bonté, n’ayant à la bouche que la solidarité, la paix, la tolérance, l’exclusion de l’exclusion ou l’interdiction d’interdire…

Et pourtant, cela ne suffit pas.

Il faut que la vertu soit au rendez-vous l’action politique, au cœur de l’exigence démocratique.

Parce que si le peuple est capable de comprendre les difficultés des responsables politiques à peser sur des lourdeurs chroniques d’une société qui laisse sur son chemin les traces de sa pesanteur, il ne pardonnera jamais l’absence de vertu dans le sens que Montesquieu donne à ce mot, c’est-à-dire, de courage.

 

Et le courage il en a fallu à de Gaulle c’est vrai pour dire non, pour lever haut les couleurs de la France.

Il lui en a fallu pour imaginer et proposer aux Français ce système politique et constitutionnel qui fonctionne aussi bien que l’on prend la peine de l’appliquer de la meilleure façon.

Il lui en a fallu pour s’élever au dessus des basses manœuvres que certains voulaient lui opposer.

Alors, l’hommage que nous lui rendons aujourd’hui n’est pas une séquence mélancolique avec des larmes versées sur un adieu.

Au contraire, elle doit être une force et une promesse d’avenir. La force de continuer à se battre pour agir et ne jamais renoncer.

La leçon la plus admirable de Charles de Gaulle c’est d’avoir pu incarner un idéal de réalité. Jamais de vaines promesses, jamais de vaines chimères. Un cap, une ambition et des solutions réalistes pour y parvenir, portée par une éthique personnelle qui impose l’autorité.

Ce 9 novembre, nos cœurs et nos esprits doivent se porter sur cette recherche d’exemplarité. Point d’idéal ou de nouveau monde. Non. Vous savez, le nouveau monde veut laver plus blanc que blanc, mais la vie est toujours là avec ses limites et ses contraintes.

Et l’exercice du pouvoir et des affaires publiques a toujours conduit à des renoncements.

Certains détracteurs d’ailleurs, au lendemain de la mort du Président Jacques Chirac, vers la mémoire de qui nos pensées sont aussi tournées, ont rempli leur bouche du mot d’immobilisme, parlant même de « Chiraquisme » comme pour exprimer le manque de courage en politique.

Et pourtant, j’appelle cela de la sagesse.

Jacques Chirac qui vient de nous quitter a tiré de sa longue expérience politique une de ces leçons que seul l’exercice du pouvoir enseigne : il ne faut jamais aller jusqu’au point de rupture où l’unité est remise en cause.

Faire marche arrière quand on s’approche de ce point de rupture ce n’est pas manquer de courage, c’est faire son devoir de responsabilité.

Comme le disait De Gaulle, on ne refait pas la France sans les Français. Et à fortiori contre eux.

Il y avait chez Chirac cet enracinement dans le pays profond qui au-delà de toutes les foucades idéologiques lui en faisait saisir la complexité humaine et sociale dont on ne tranche pas les nœuds gordiens à coups d’épée.

Cette complexité ne condamne pas à l’inaction mais elle oblige à s’interroger toujours sur la nature du mandat que l’on a reçu.

Gouverner, un pays, une commune, c’est réformer mais c’est avant tout une tâche de tous les jours faites de grandes et de petites actions qui ont d’abord pour but d’assurer la continuité et l’autorité.

C’est prendre tous les jours des décisions de toutes sortes qui n’appartiennent pas à un abécédaire de je ne sais quel parti idéologie politique pour le coup d’un autre monde.

Non, c’est agir en fonction des circonstances, des priorités et des autres, dans leur ensemble.

Et si c’était cela finalement, faire du gaullisme.”

 

Annabelle Berthier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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