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dimanche 16 février 2020 à 06:53

Montceau : Union locale CGT

Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup !





Communiqué :

“Le gouvernement a annoncé que, dans le futur régime, la valeur du point serait indexée sur un indice qui n’existe pas encore. A charge pour l’Insee de l’élaborer. Si le gouvernement avait voulu enfumer un peu plus cette réforme, il ne s’y serait pas pris autrement.

 

Alors que les membres de la commission parlementaire continuaient de décortiquer le projet de réforme des retraites, le secrétaire d’État Laurent Pietraszewski a déclaré
que la valeur du point dans le futur régime serait indexée sur un indicateur… qui n’existe pas encore. L’enjeu est central : c’est à partir de la valeur du point que
seront calculées les pensions perçues par les retraités dans le système concocté par le gouvernement. Selon le secrétaire d’État, cette valeur sera indexée sur l’« évaluation du revenu moyen par tête », un indicateur « qui aujourd’hui n’existe pas » et que l’Insee aura pour mission de construire. Stupéfaction dans les rangs de
l’opposition parlementaire et dans les syndicats.

 

Du côté de l’Insee, c’est le même étonnement. Vu sur France 3, la direction de l’institut assure ne pas avoir été officiellement saisie par le gouvernement. Quant aux
agents, ils hésitent entre surprise et colère. « Pour être honnête, le procédé me semble un peu délirant, déclare France-Line Mary-Portas, de la CGT Insee. Et de
rajouter, le gouvernement nous dit, en substance : “Nous allons ficeler notre réforme, et dans un second temps, vous nous produirez l’indicateur ad hoc. ” Ce n’est pas
ainsi que ça marche d’habitude. L’Insee produit ses statistiques de manière indépendante, sans recevoir de pression de la part d’un gouvernement. »

 

Problème, ce nouvel indicateur tombé du ciel pose de nombreuses questions.

Pourquoi demander à l’Insee de créer de toutes pièces un indice, alors qu’on aurait très bien pu s’appuyer sur des statistiques existantes, comme le salaire moyen par
tête par exemple ? Le gouvernement, évidemment, jure que ce n’est pas un moyen pour faire diminuer les pensions.

Les agents de l’Insee sont plus sceptiques. En décembre dernier, un collectif regroupant une cinquantaine d’agents de la direction générale de l’institut s’est
constitué. Ces agents font part de leurs inquiétudes : « Tout le problème est de savoir comment sera construit cet indicateur. Évidemment, le risque est qu’il évolue
moins vite que le niveau moyen des salaires, auquel cas cela sera préjudiciable pour les futurs retraités. Est-ce que le futur indicateur intégrera le revenu des
indépendants, dont celui des micro-entrepreneurs ? Ces derniers ont des revenus très faibles, avec peu d’évolution. »

Le principe est connu, plus l’assiette est élargie, plus il y a risque d’intégrer des revenus qui augmenteront moins vite que les salaires. En tout état de cause, cela
signifie que les député-e-s vont devoir se prononcer dans les semaines qui viennent « à l’aveugle », sans connaître l’un des paramètres les plus décisifs de la réforme : la
future valeur du point.

Non seulement avec des indicateurs connus issus du rapport Delevoye, nous n’y comprenions rien, maintenant il faudrait que l’on comprenne une réforme avec un
indicateur qui n’existe pas.

Nous ne le dirons jamais assez, « il ne faut rien lâcher ! »… à jeudi !”

 



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Un commentaire sur “Montceau : Union locale CGT”

  1. chimel dit :

    bjr ,

    c’est vrai que “c’est flou” quand le site local du mouvement des gilets jaunes qui se prétend indépendant de tout appareil politique ou syndical apparait hérissé de drapeaux de la cgt .

    bon dimanche et bon courage a vous.