Grève à la centrale Lucy (Montceau-les-Mines)
Les raisons de la colère...
La CGT Mines Energie a diffusé un tract expliquant les raisons de ce mouvement, tract intiulé : « E.ON en France : et la mascarade continue !! »
« La ligne directe d’E.ON datée du 13 février 2012 nous dit de nous préparer à la transition de notre outil de production et consolider notre avenir sur un an. Encore faut-il pour cela, savoir de qui parle E.ON. Mis à part quelques termes SNET dans la première page, il en faut quatre à E.ON et sa direction générale en France pour essayer de convaincre les salariés du bien fondé d’une éventuelle restructuration.
Ce n’est qu’à la dernière page, que l’on nous parle d’agir au sein de la SNET.
Ceux qui veulent agir, ne sont ni plus ni moins que les Organisations Syndicales et la CGT en tête. L’accord sur la mise en place des groupes de travail que la CGT a signé vous en
apporte la preuve. E.ON les bafoue au travers de sa ligne directe et au risque de déplaire, il manque toujours le groupe de travail des projets autres comme Lacq, stockage thermique, stockage d’hydrogène par exemple pour ensuite pouvoir faire les groupes de travail de synthèse en vue d’une consultation ultérieure mais pas à la date mentionnée par E.ON. Et si, au demeurant, E.ON en France a donné tous les documents aux experts ce qui, entre nous, est loin d’être fait.

Mais revenons sur le torchon « ligne directe » d’E.ON. Effectivement le secteur de l’énergie connaît un profond changement depuis le 1er juillet 2011, et E.ON n’y est pas étranger avec l’appui de l’état et de certains de ses amis.
Comment ne pas parler de la loi NOME qui impose à EDF de revendre 25% de sa production nucléaire à un prix fixe à des opérateurs comme E.ON en France, pour que ceux-ci puissent la revendre dans leurs offres de mix énergétiques. C’est le plus grand « HOLD UP » de l’histoire de l’énergie qui va se traduire par une hausse de la facture d’électricité aux usagers En ce qui concerne les directives GIC (grandes installations de combustion) et IED (industrial emission directive) ainsi que la fin des quotas gratuits de CO2, ces données réglementaires et technologiques sont connues depuis de nombreuses années,
précisément pour permettre aux énergéticiens de s’adapter. Les allocations gratuites de CO2 ont assuré à la SNET une rente d’une centaine de millions d’euros par an.
Mais comment E.ON a-t-il employé ces fonds pour anticiper l’évolution de la SNET avec le souci de l’efficacité industrielle et de l’emploi statutaire ????
2011 fût une des années les plus chaudes de ces dernières décennies, mais pour autant les vérités du jour ne sont pas celles de demain. C’est ainsi que février 2012 nous a rappelé que notre système électrique n’est pas à l’abri de problèmes contrairement à ce que veut nous faire croire E.ON en France. Pour preuve des records de consommations jours sur jours atteignant 101700 MW de pointe nous obligeant à importer près de 7000 MW, l’Angleterre devenant notre premier fournisseur devant l’Allemagne. Pourtant on nous avait dit que la fermeture du nucléaire allemand n’aurait pas d’impact sur nos échanges avec eux !
D’ailleurs le reportage sur la centrale Emile Huchet , où son directeur Germain Grandjean vante les mérites du charbon et des centrales de la SNET, de même que la réquisition par la préfecture des Bouches du Rhône, du personnel gréviste de la centrale de Provence, à la demande d’E.ON, démontre toute l’importance qu’ont nos centrales dans ces périodes pour contribuer au maintient du réseau et donc du Service Public de l’énergie ce dont E.ON se fout royalement en voulant arrêter prématurément ses centrales.
Mais qu’en pensent nos élus et hommes politiques, qui devront y faire face dès 2013 et plus particulièrement en 2016, du problème de notre indépendance énergétique ?
L’arrêt de nos centrales SNET, le programme « renouveau » dans l’hydraulique et « grand carénage » dans le nucléaire dès 2013 vont mettre à mal notre production d’énergie électrique. Est-ce le doux rêve d’E.ON en France afin de faire augmenter les prix et d’aller vers la casse du tarif régulé ?
Les décisions envisagées pour nos tranches GIC sont précipitées, c’est à se demander si nous ne fermons pas nos centrales pour rentrer dans le moule et faire parti des 11000
suppressions d’emplois chez E.ON AG.
Dès leur première réunion, les groupes de travail ont fait apparaître des marges de manœuvre pour ces tranches. Pistes que le direction n’avait pas étudiées ou n’avait pas
envie d’étudier. Notamment sur le combustible mais également sur le rôle du CODAP.
Pour les LFC, c’est pire. Ils passent la directive GIC et ont besoin d’un « lifting » pour passer la norme IED. Là encore, l’audit mené dans le cadre des groupes de travail devra éclaircir ce point. Mais comment ne pas faire état des deux 600 MW puisque dans cette ligne directe, il est dit qu’elles doivent améliorer leurs performances et assurer leur compétitivité, cela veut dire tout simplement qu’elles sont, elles aussi, sur la sellette.
Cela étant dit, les suppressions de postes envisagées tant à Gardanne qu’à Saint-Avold dépassent celles qui seraient liées au seul arrêt des 5 tranches. Les groupes de travail ont mis en évidence ce point.
Ce constat pose plusieurs problèmes :
-le dossier remis au CCE de septembre 2011 fournit des informations insuffisantes.
-cette recherche de productivité dépasse les 5 tranches nommément désignées et concerne tous les salariés.
-de ce fait, il y a un plan dans le plan (comment peut-on nous annoncer 301 suppressions de postes en 2010 et passer à 535 en 2012 sans ne rien changer !).
-comment E.ON réalise le calcul et quels paramètres sont pris en compte.
-pourquoi l’appel aux tranches SNET se trouve dans une situation de décrochage par rapport aux tranches EDF.
Cette ligne directe dévoile un peu plus la stratégie d’E.ON en France. Si le projet de réorganisation concerne la production d’électricité à partir du charbon de la SNET et ses
535 suppressions d’emplois statutaires, les projets, eux, sont ceux que développe E.ON en France avec des embauches hors statut. Cela pose la question du financement de ces projets et du respect que témoigne E.ON à l’égard de la SNET et de ses salariés. Quand on sait que la SNET a déjà engagé pour 26 M€ de dépense pour Hornaing 4 à fin 2010 et que
des embauches de liquidateurs se font chez E.ON en France avec pour référence, des missions de restructuration, des DRH de transition, des directeurs experts en restructuration, l’avenir va être compliqué à consolider.
D’autant plus qu’en 2010, Luc POYER, président directeur général de la SNET, avait signé des protocoles de fin de conflit sur chaque site de production et qu’à ce jour nous attendons leurs applications pleines et entières pour pouvoir mener à leur terme ces groupes de travail. L’objectif étant la pérennité des sites et des emplois statutaires au-delà de 2015 par la construction de moyens appropriés aux nouvelles normes. Que ce soit en neuf ou en repowering.
D’ailleurs la CGT exige que vous passiez tous les salariés d’E.ON en France au statut des industries électriques et gazières puisque cette société travaille dans la production et la
commercialisation d’énergie.
Lors d’un colloque de l’UFE (syndicat patronal des producteurs d’électricité),le 26 Mai 2009, Luc POYER est intervenu en faisant l’apologie du groupe E.ON AG et de son plan d’investissement de 10 milliard d’euros en Europe. On peut se demander si la France fait parti de l’Europe ?
En revanche, sur la vidéo du colloque publiée sur dailymotion, il fait mention de l’arrêt des tranches GIC (environ 800 MW) pour être remplacé par les CCGT de CEH (environ 850 MW) ce qui fait baisser le CO2 de la SNET de 20% selon lui, tout en s’appuyant sur 4 piliers : le charbon, le gaz naturel, l’hydroélectricité ( s’alliant depuis peut avec Hydrocop concession tout en vantant le statut des IEG de son personnel de le SNET !!) et le nucléaire. E.ON y avait déjà 800 MW de droit de tirage (accord passé lors du rachat des 35% restant de la SNET) sur le nucléaire, avec la loi nome, ils en ont 800 MW de plus.
Voilà comment E.ON compte rester le troisième producteur d’électricité en France.
– L’entreprise est sur le marché Français grâce à la SNET et son personnel au statut,
– Récupère du « cash » rapidement en vendant les filiales de la SNET bialystok et Altek,
– Lors du rachat des 35% du capital de la SNET obtient 800 MW de droit de tirage sur le nucléaire Français,
– Fait de l’affichage en annonçant des investissements dans quelques parcs éoliens (mais oublie de dire qu’il a sorti la filiale de la SNET des comptes de celle-ci) ou solaire,
– Participe au plus grand « HOLD UP » organisé sur l’énergie par le biais de la loi Nome en bénéficiant d’un droit de tirage de 800 MW supplémentaire sur le nucléaire Français,
– Essaie de grappiller des concessions hydrauliques en mettant en avant la connaissance de la France et de sa spécificité statutaire au travers des salariés de la SNET,
– Et continue le dépeçage en projetant de fermer 5 tranches charbon accompagnées de 535 suppressions d’emplois.
C’est çà la méthode E.ON AG traduite par E.ON en France.
Pour la CGT c’est inacceptable. Des patrons menteurs, voleurs, voyous ne méritent que le mépris et le déni de la part des salariés et de leur organisation syndicale.
C’est pour cela que la CGT appelle l’ensemble des salariés d’E.ON en France et de la SNET à se mobiliser, se réapproprier l’outil de travail, à rencontrer les élus, à manifester contre l’oppresseur E.ON dans le but de pérenniser les sites et les emplois à la SNET et obtenir le statut pour toutes les entités d’E.ON en France.
Ceux qui vivent sont ceux qui luttent !! »


2 commentaires sur “Grève à la centrale Lucy (Montceau-les-Mines)”
où en sont les prommesses de Monsieur Mathus il devait se refaire une centrale avec beaucoup d’embauche mais je me rends compte qu’il n’y a pas que la droite qui ne tient pas ses prommesses les socialistes aussi c’est facile de prommetre mais ensuite?
faites venir SARKOZY :
il a une baguette magique en ce moment