La boussole de la résilience du CEREMA
Montceau : un projet de long terme et une méthode partagée
Ce mardi 26 août 2025 un temps de travail s’est tenu, du lac au centre-ville, sur un projet d’avenir partagé lors d’un atelier autour du lac du Plessis.
Madame la maire de Montceau-les-Mines, également présidente du CEREMA, porte une vision ambitieuse à 10 ans pour le lac du Plessis et sa liaison avec le centre-ville. Pour la concrétiser, elle a choisi d’utiliser la boussole de la résilience élaborée par le CEREMA, avec l’appui du cabinet ACV2. Elle parle d’une inscription dans le futur PPI de la ville si elle est de nouveau élue. Ce premier atelier est une première étape sur un chemin qui sera sans doute long avec beaucoup de consultations et d’études. Mais il faut bien commencer quelque part. Ailleurs en France le CEREMA, que dirige Mme le maire, pratique d’autres projets fondés sur la boussole de la résilience. Il sera très intéressant de les suivre aussi.
Un travail collectif de terrain
L’atelier, sous la Houlette de Mme la maire, a débuté par un tour du lac du plessis, permettant aux participants – représentants des services municipaux, de la CUCM, de VNF, de l’OPAC, du club de voile et de l’association de pêche – de partager leurs observations, de poser leurs questionnements et de proposer des pistes.
Ce travail préparatoire a nourri la réflexion collective organisée ensuite au centre nautique.
Les contributions ont été restituées selon quatre axes :
- Atouts : cadre paysager, présence de l’eau, activités sportives et de loisirs, déplacements doux déjà amorcés, proximité des équipements.
- Faiblesses : manque d’aménagements pour les familles, absence d’ombre, fluctuations du niveau du lac, circulation automobile difficile, qualité bactériologique de l’eau insuffisante.
- Opportunités : liaisons douces avec le centre-ville et les zones commerçantes, renforcement des îlots de fraîcheur, valorisation des grands événements sportifs et de pêche.
- Menaces : réchauffement des eaux, pollution et ensablement, nuisances liées aux véhicules motorisés.
Dans un second temps, les participants se sont répartis en deux groupes pour reporter sur plan l’ensemble des constats et propositions.
Une méthode progressive et partagée
La démarche a reposé sur plusieurs étapes claires :
- Préparation : identification des vulnérabilités locales et appropriation de l’outil par les agents.
- Mise en pratique : diagnostic partagé sur site, échanges en sous-groupes, projection d’actions concrètes localisées sur carte.
- Outil central : la boussole de la résilience, qui structure la réflexion autour de quatre leviers – connaître, anticiper, coopérer, innover.
Les enjeux identifiés
- Pollution et pénurie de la ressource en eau (cyanobactéries, renouvellement insuffisant).
- Risques climatiques (inondation, sécheresses, surchauffe urbaine).
- Santé des populations vulnérables.
- Fragilité des sols et biodiversité menacée.
- Contraintes liées à l’assainissement et aux usages multiples (pêche, sports nautiques, promenades, événements).
Un site stratégique et sensible
Le lac du Plessis joue un rôle hydraulique et énergétique majeur : régulation des crues, alimentation du canal du Centre, stockage d’eau. Il constitue également un lieu de vie, de loisirs et de biodiversité, à l’interface entre ville, routes et espaces naturels.
Des acquis de la démarche
- Une forte mobilisation des acteurs locaux.
- Un vocabulaire commun autour de la résilience et de l’adaptation climatique.
- Une vision intégrée prenant en compte risques, eau, biodiversité, usages et gouvernance.
- Des premières pistes d’actions pour transformer le lac du Plessis en atout territorial de résilience et non en simple vulnérabilité.
Cette démarche montre que le travail des participants, guidé par la méthode de la boussole, a permis de bâtir un diagnostic partagé et de poser les bases d’un projet fédérateur, au service de la vision portée par Madame la Maire.
Mais qu’est-ce que la boussole de la résilience du CEREMA ?
La boussole de la résilience est un cadre de réflexion et d’action développé par le CEREMA pour accompagner les territoires face aux perturbations climatiques, économiques et sociales.
Ses objectifs
- Réduire les vulnérabilités et renforcer les capacités collectives.
- Anticiper, agir, rebondir et se transformer après une crise.
- Relier résilience et soutenabilité, car l’un ne va pas sans l’autre.
- Tirer des enseignements des crises pour progresser.
Ses destinataires
Elle peut être utilisée par tous types de territoires et d’organisations : communes, intercommunalités, régions, entreprises, associations, établissements publics, habitants.
Sa définition d’un territoire résilient
Un territoire est dit résilient s’il sait :
- Anticiper les perturbations.
- Agir pour en limiter les effets.
- Rebondir après un choc.
- S’adapter et se transformer pour atteindre un nouvel équilibre durable.
Ses principes et leviers
La boussole repose sur 6 grands principes, déclinés en 18 leviers d’action :
- Gouvernance partagée (coopération, participation, intégration des vulnérabilités).
- Cohésion sociale et solidarité (savoirs locaux, soutien aux plus vulnérables, confiance).
- Anticipation et veille (meilleure connaissance des risques, culture de la résilience, préparation de crise).
- Adaptation et innovation (retours d’expérience, expérimentation, nouvelles solutions).
- Sobriété et besoins essentiels (satisfaction des besoins vitaux, respect des ressources, économie soutenable).
- Robustesse des systèmes (limiter l’exposition aux risques, fiabilité des infrastructures, continuité des services essentiels).
Les qualités recherchées
Un territoire résilient doit être apprenant, intégré, robuste, flexible, autonome, diversifié, inclusif et redondant.
Points forts et limites de l’outil
Atouts : vision globale et systémique, souplesse d’utilisation, valorisation de la participation citoyenne, cadre pédagogique clair
Limites : parfois dense et conceptuel, manque d’indicateurs opérationnels et de hiérarchisation claire des priorités, dimension économique peu développée.
La boussole de la résilience du CEREMA est un outil stratégique qui invite les collectivités et acteurs locaux à penser autrement leurs projets : non pas seulement comme des aménagements techniques, mais comme des leviers de transformation, intégrant climat, biodiversité, usages sociaux et gouvernance.
Elle éclaire le projet du lac du Plessis en offrant un cadre structurant pour le rendre à la fois attractif, durable et résilient. En espérant que cela ne reste pas que des études mais se concrétise réellement. Pour ce faire, la ville devra faire des choix et voter les programmes et les budgets qui vont avec.
Le lac du Plessis n’est plus seulement un espace de loisirs ou un réservoir d’eau : il devient le symbole d’un territoire qui choisit d’anticiper, de s’adapter et d’innover pour préparer l’avenir. La démarche engagée à Montceau-les-Mines montre que la résilience n’est pas un concept abstrait, mais une énergie collective capable de transformer les fragilités en forces. Un cap est tracé : celui d’une ville qui fait du climat et du bien-être de ses habitants le moteur de sa stratégie de développement.
Gilles Desnoix
2 commentaires sur “La boussole de la résilience du CEREMA”
L’information est intéressante mais quid de l’étang totalement ensablé qui pourrait également servir de retenue et d’augmentation de la capacité d’eau . Le désensablement devrait être fait pendant que l’étang est en position de le faire sans cout supplémentaire et nouvelle baisse du niveau de l’étang alors qu’il est totalement possible aujourd’hui.
Oui pour la biodiversité mais la réflexion aurait dûe être entreprise en amont.
Menaces : pollution et ensablement.
Complètement d’accord avec LibEg…, pourquoi ne pas avoir profité de la baisse du niveau liée aux travaux de la digue, pour désensabler l’extrémité vers l’arrivée du ruisseau du Moulin, là où le sable s’est accumulé depuis des décennies ?