Autres journaux


lundi 26 janvier 2026 à 04:49

La Claudine aime les week-ends, mais parfois le lundi est le bienvenu.

  Se loger en Bourgogne-Franche-Comté : mission (quasi) impossible à 25 ans ?



La Claudine n’est pas une étudiante en quête de gîte et n’est plus une mère de famille cherchant un nid pour sa progéniture, mais autour d’elle elle entend depuis des mois parler du problème pour les jeunes de trouver un logement. Lorsqu’elle fait un tour d’horizon dans son environnement géographique, elle pointe effectivement du doigt ces difficultés.

Beaune, Dijon… mais aussi Le Creusot et Montceau-les-Mines : quand on a 25 ans et un petit budget, trouver un logement décent relève parfois de l’exploit. Entre loyers qui montent, logements touristiques qui attirent, disparité des marchés et manque d’offre pérenne, la question sociale mérite d’être posée ici aussi, loin des métropoles.

Il existe bien entendu des loyers “raisonnables”, mais les logements ne sont pas toujours accessibles. La Claudine a fait ses recherches et même si dans le département de Saône-et-Loire, les loyers au mètre carré restent nettement plus bas qu’à Dijon ou dans les grandes agglomérations : environ 9 €/m² à Le Creusot et 10 €/m² à Montceau-les-Mines (variations selon quartiers), ces loyers moyens modestes peuvent vite peser lourd pour un jeune sans revenu stable ni garant solide. Concrètement, pour un appartement de 40 m², cela représente autour de 360 € à 400 € par mois, hors charges, loin d’être gratuit, surtout si l’on ajoute les garanties exigées par les bailleurs.

Le Creusot n’est pas une destination touristique de masse comme Beaune, mais la ville et son bassin urbain comptent une centaine d’offres type Airbnb/location de vacances, avec une présence notable de biens proposés pour de courtes durées plutôt qu’en location longue durée.

Ces logements, souvent bien notés par les voyageurs et occupés toute l’année, peuvent retirer du parc disponible pour les résidents permanents, même si l’effet est loin d’être comparable à celui observé dans les centres historiques très attractifs. Et pourtant le Creusot est une ville estudiantine, une ville où les jeunes viennent trouver ou occuper un emploi. La Claudine se dit qu’il y a une dynamique de locations touristiques mais qu’elle n’est pas au niveau et n’a pas les effets dramatiques que l’on constate dans des métropoles. Et pourtant se loger, pour les jeunes, reste problématique.

Contrairement à sa sœur de la communauté urbaine, Montceau-les-Mines dispose d’un potentiel abordable, mais doit faire face à d’autres défis.

En parcourant les annonces et les vitrines des agences immobilières de la ville, la Claudine s’est aperçue qu’à Montceau-les-Mines, le marché immobilier est transversalement abordable : les prix d’achat y tournent autour de 1 000–1 200 € le mètre carré selon les quartiers, et les loyers tournent eux aussi autour de 10 €/m². Autre donnée lourde de sens social : le taux de résidences secondaires y est très faible (moins de 1 % du parc), ce qui illustre que la ville est davantage un lieu d’habitation permanente qu’une destination de vacances. La Claudine se rend bien compte que pour un jeune en recherche d’emploi ou en alternance, ce contexte peut sembler plus favorable sur le papier… Mais se heurter au manque de garanties, à la concurrence entre locataires, ou à des salaires modestes reste une réalité du quotidien.

Les données sociales du territoire montrent qu’il existe une pression réelle.

Le zonage statistique entre Le Creusot et Montceau-les-Mines montre une population d’environ 90 000 habitants, avec une part de logements vacants supérieure à la moyenne nationale (plus de 12 %) et une part de résidences secondaires faible (2,3 %).

Ces indicateurs laissent penser qu’il existe une offre potentielle de logements non occupés. La Claudine est consciente que l’écosystème local (emploi, revenus disponibles, attractivité économique) ne permet pas toujours de mobiliser ce parc locatif. C’est un constat que les jeunes, les familles, tout le monde fait.

Pourtant ce territoire dispose de points forts : loyers relativement bas comparés aux grandes villes (9–10 €/m²), marché immobilier accessible à l’achat pour beaucoup de ménages, faible taux de résidences secondaires à Montceau, donc moins de compétition touristique. Face à cela, la ville traine un certain nombre de points noirs, et c’est une réalité vécue. Même “petits” loyers deviennent lourds sans revenu stable ni garant, les locations de vacances, même modestes, peuvent détourner des logements du parc locatif, les possibilités de logement social ou aides spécifiques ne suffisent pas toujours à répondre à la demande, certaines zones souffrent d’un taux de vacance élevé tout en manquant d’habitants solvables pour les occuper.

La Claudine se pose donc la question : se loger pour les jeunes, est-ce un luxe, ou une équation complexe ?

Est-ce que se loger à 25 ans dans des villes comme Le Creusot ou Montceau-les-Mines est un luxe ? Pas forcément sur le prix brut du mètre carré, qui reste accessible : ici, pas de loyers à 20–30 €/m² comme dans les grandes métropoles. Pourtant, l’accès réel au logement, avec garanties, sécurité d’emploi, capacité à payer les charges et une bonne localisation, reste compliqué pour beaucoup de jeunes actifs, alternants ou étudiants. La question n’est donc pas tant « combien ça coûte » que qui peut vraiment s’y installer avec des conditions de vie dignes.

Le sentiment de la Claudine c’est que  dans notre région, comme souvent, le logement reste une question sociale avant d’être uniquement économique : trouver un appui, une garantie, une aide locale, une colocation, ou un coup de pouce familial peut faire toute la différence.

Au bout du compte, en Bourgogne-Franche-Comté, trouver un logement à 25 ans relève parfois plus du jeu de piste que de la simple recherche immobilière. Il faut un budget solide, un garant en béton, une patience à toute épreuve… et parfois un soupçon de chance. En attendant, certains jeunes apprennent surtout une chose : avant d’avoir un chez-soi, mieux vaut déjà avoir un plan B, un plan C… et le numéro de maman en favori.

 

Gilles Desnoix

 

blandine-250126

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer