Montceau-les-Mines : Quand les murs du Vendôme et du Plessis se lézarde
Une partie de notre patrimoine va disparaître.
Le café et le théâtre de l’Hôtel de Ville furent construits dans le dernier quart du XIXe siècle, dans la rue de la Marine. Le café de l’Hôtel de Ville (ex-Vendôme) était, à cette époque, le lieu de rendez-vous des « Jaunes », groupe de personnes soutenant la direction de la Compagnie des mines.
Il existait un autre café, créé dans les années 1870 rue du Nord (aujourd’hui l’ancienne perception et la Caisse d’épargne), qui était le rendez-vous des « Rouges ». Dans les années 1905, cet établissement devenant trop petit pour les réunions syndicales, et grâce à une souscription populaire, le Syndicat des mineurs fut édifié. L’ancien bar, rue du Nord, fut remplacé par un cabaret, l’EDEN, qui disparut dans les années 1920, suite à l’apparition du cinéma.
Le théâtre de l’Hôtel de Ville, dont le nom était indiqué sur un fronton en béton (voir photo jointe), fut incendié en 1909, année où la rue de la Marine devint la rue Ferrer. Lors de sa reconstruction, il fut transformé en cinéma sous le nom d’OMNIA-CINÉMA. En 1942, il changea de nom : il devint le REX, avec une salle de 800 places. Dans les années 1970, l’établissement fut divisé en trois salles. Devenu Le Plessis, il fut repris par la famille Dvoine.
Mais que restera-t-il de ce lieu de partage, de connaissance et de culture ?
Les souvenirs :
Des messieurs avec leur chapeau haut de forme et des dames avec leur chapeau fleuri, qui venaient voir les actualités alors que la radio en était à ses premiers balbutiements.
Des enfants qui s’exclamaient devant les premiers dessins animés : les Mickey, Blanche-Neige… et qui, à l’entracte, attendaient le passage de la corbeille pleine de bonbons, de popcorn et de sucettes rouges…
Des couples qui profitaient de l’obscurité pour se donner la main, pour échanger leurs premiers baisers… des tissus qui bruissaient…
Tout ce passé va disparaître, car un peu plus d’un siècle a eu raison de ces bâtiments construits en matériaux pauvres.
Que deviendra ce lieu ? Un square, une place ou un lieu de repos ? Mais que le nom qui lui sera donné ne soit pas celui d’un homme « célèbre » : il y en a plein les tiroirs, mais plutôt un nom, une phrase ou un poème rappelant notre passé.
N’oublions pas notre passé.





