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lundi 9 mars 2026 à 06:00

Montceau : Semaine du droit des femmes

Éclats de femmes : burlesque et liberté au temps du muet



 

À l’occasion de la Semaine du droit des femmes, le cinéma Le Capitole a ouvert ses portes ce dimanche, pour un ciné‑concert consacré aux pionnières du burlesque muet.

Dans un premier temps, Marie‑Claude Jarrot n’a pas manqué de rappeler que le Capitole restait, pour l’heure, « le plus beau cinéma de France ». Elle a souligné combien il lui paraissait naturel que des femmes d’exception, engagées et inspirantes, soient mises à l’honneur durant cette Semaine du droit des femmes.

Six femmes d’exception sur la façade de la mairie

Depuis huit jours, la façade de la mairie arbore ainsi les portraits de plusieurs figures féminines remarquables : Lise London, résistante communiste dès 1940,  Marguerite Merle, gardienne de l’hôtel de ville durant la guerre et agent de liaison, Yvonne Emorine, autre grande figure montcellienne engagée dans les actions clandestines de la Résistance,  Suzanne Millerioux, artiste peintre et lithographe née à Montceau,  Ginette Baudin, actrice et chanteuse emblématique du cinéma populaire et Ginette Doyen, prodige du piano devenue soliste internationale.

C’est dans ce même esprit de transmission et de valorisation des parcours féminins qu’a eu lieu, ce ciné concert.

L’invisibilité des femmes

La présentation de Bunny Godillot a donné le ton : chaleureuse, éclairante, et résolument tournée vers la redécouverte de ces figures féminines trop longtemps oubliées.

Elle a également rappelé qu’à l’époque, le nom des acteurs apparaissait au générique, mais rarement celui des actrices. Lorsqu’elles étaient mentionnées, c’était souvent uniquement sous le prénom de leur personnage. Une manière subtile, mais révélatrice d’effacer leur identité, que ces courts métrages permettent aujourd’hui de remettre en lumière.

Bunny a également souligné la modernité de ces héroïnes indisciplinées, rappelant combien Léontine, Rosalie et leurs consœurs ont bousculé les codes dès les débuts du cinéma. 

A donc été présenté un programme de neuf courts métrages burlesques muets qui mettait en lumière des héroïnes aussi intrépides qu’imprévisibles. Léontine, Rosalie et bien d’autres figures féminines du tout début du cinéma français, s’y déploient avec une énergie dévastatrice.

Jamais à court d’idées, elles électrisent les passants, sèment le chaos, s’envolent, font tourner les têtes, parfois littéralement, se mettent en grève ou suivent simplement leurs envies les plus folles.

Les autres films du programme suivent le même esprit : des femmes qui s’émancipent, bousculent les normes, renversent l’autorité, s’envolent, se révoltent, sabotent les conventions sociales ou suivent simplement leurs envies.

À travers ces aventures débridées, le burlesque devient un terrain de liberté où les héroïnes prennent toute la place, avec une énergie et une audace qui semblent incroyablement modernes.

Ces films, drôles et irrévérencieux, révèlent une galerie de personnages féminins libres, indisciplinés et jubilatoires, qui bousculent les normes de leur époque et réinventent le burlesque à leur manière.

Pour illustrer cette invisibilisation, les courts métrages présentés lors du ciné‑concert en donnent un exemple frappant. Par exemple, la grève des nourrices et la pile électrique.

La Grève des nourrices

Dans cette comédie burlesque, les nourrices, fatiguées d’être exploitées et mal considérées, décident de se mettre en grève. Leur absence plonge immédiatement les familles bourgeoises dans un chaos total : les bébés pleurent, les parents paniquent, rien ne fonctionne sans elles. Le film joue sur l’inversion des rôles et montre, avec humour, à quel point ces femmes sont indispensables. C’est une satire sociale vive et joyeusement anarchique.

 

La Pile électrique

Une jeune femme se retrouve équipée d’une pile électrique qui électrise tout ce qu’elle touche. Chaque contact déclenche des secousses comiques, des bonds incontrôlables et des réactions en chaîne. Passants, policiers, commerçants : tout le monde finit secoué. Le film est un tourbillon d’énergie et de gags physiques, où l’héroïne devient une force incontrôlable qui perturbe l’ordre public avec une jubilation contagieuse.

Gaël Mével violoncelliste

La projection était accompagnée en direct par le violoncelliste Gaël Mével, dont le jeu sensible et inventif a redonné toute leur intensité aux images muettes. Ses improvisations, tantôt délicates, tantôt espiègles, ont souligné avec finesse l’énergie des héroïnes burlesques à l’écran.

Le débat

À l’issue de la séance, un débat a été animé par Bunny Godillot, permettant au public d’échanger autour des films, de leur contexte et de la place des femmes dans l’histoire du cinéma. Puis tous se sont retrouvés autour du verre de l’amitié, dans une atmosphère chaleureuse et conviviale.

 

Nelly Desplanches

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