Chaque jour nous constatons, même ici à Montceau et en Saône-et-Loire
Chaque jour nous constatons, mais à force de voir, ne regardons-nous plus ?
Chaque jour nous constatons que l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les sols qui nourrissent nos enfants sont chargés de substances dont nous ne maîtrisons plus ni la diffusion ni les effets. Les PFAS — ces « polluants éternels » — font désormais l’objet de préoccupations jusque dans plusieurs territoires français, et la Bourgogne-Franche-Comté n’est pas épargnée par les interrogations sur la qualité de l’eau. Dans la région, plusieurs captages font l’objet de surveillances renforcées par les agences sanitaires.
Chaque jour nous constatons que les pesticides, pourtant encadrés, continuent de contaminer les nappes phréatiques. En Bourgogne-Franche-Comté, environ 60 % des points de mesure des cours d’eau présentent des traces de pesticides (données agences de l’eau). En Saône-et-Loire, territoire fortement agricole, ces résidus sont régulièrement détectés.
Chaque jour nous constatons que le cadmium, métal lourd issu notamment des engrais phosphatés, s’accumule dans les sols agricoles et se retrouve dans notre alimentation. Selon Santé publique France, près de la moitié des adultes présentent des niveaux d’imprégnation supérieurs aux valeurs de référence, une réalité qui concerne aussi les territoires ruraux.
Chaque jour nous constatons que, derrière les guichets et au bout du téléphone, l’humain disparaît. À Montceau-les-Mines comme ailleurs, les difficultés d’accès aux services publics sont régulièrement signalées. En France, près de 13 millions de personnes sont en difficulté avec le numérique (INSEE), une situation particulièrement marquée dans les territoires vieillissants.
Chaque jour nous constatons que la simplification administrative produit l’effet inverse. Dans un bassin comme celui de Montceau, où près de 30 % de la population a plus de 60 ans (INSEE), la dématérialisation totale des démarches devient un obstacle concret pour une partie des habitants.
Chaque jour nous constatons que la société avance à deux vitesses. À Montceau-les-Mines, le taux de pauvreté dépasse 20 %, nettement au-dessus de la moyenne nationale (INSEE). En Saône-et-Loire, le revenu médian reste inférieur à la moyenne française, tandis que la précarité énergétique touche une part importante des ménages. Les associations locales constatent une hausse continue de la demande d’aide alimentaire.
Chaque jour nous constatons que l’hôpital public s’essouffle. En Bourgogne-Franche-Comté, la densité de médecins est inférieure à la moyenne nationale, et certains territoires sont classés en zones sous-dotées. Au centre hospitalier de Montceau, comme ailleurs, les tensions sur les effectifs et les services sont régulièrement évoquées, avec des réorientations vers Chalon-sur-Saône ou Le Creusot.
Chaque jour nous constatons que la presse, pourtant essentielle à la démocratie, réduit souvent le champ de notre compréhension. Les sujets complexes sont survolés, les débats raccourcis, les enjeux de fond relégués derrière l’actualité immédiate. C’est précisément pour cela que Montceau News s’est donné une mission claire : informer ses lecteurs non seulement sur les faits, mais sur le fond des choses. Donner à comprendre, contextualiser, relier les enjeux nationaux aux réalités locales. Refuser la simplification excessive sans renoncer à la clarté. Parce qu’un territoire ne peut avancer sans citoyens éclairés.
Chaque jour nous constatons que le débat politique se transforme. Là aussi, localement comme nationalement, les postures prennent parfois le pas sur les solutions concrètes.
Chaque jour nous constatons que les décisions publiques s’appuient de plus en plus sur des logiques quantitatives : indicateurs, rentabilité, optimisation. Mais comment mesurer l’isolement d’une personne âgée face à un service dématérialisé ?
Chaque jour nous constatons que nous nous effaçons.Non pas que nous disparaissions physiquement, mais nous nous diluons dans un système qui nous considère moins comme des citoyens que comme des dossiers, des profils, des statistiques.
Chaque jour nous constatons, et pourtant nous nous habituons.
C’est peut-être là le constat le plus inquiétant. Car constater ne suffit plus.
À Montceau comme ailleurs, il devient nécessaire de comprendre, de débattre, d’agir. Il devient nécessaire de redonner du sens, du temps, de l’humain. Et de refuser que l’évidence s’impose sans discussion.
Chaque jour nous constatons. Rste à savoir si, demain, nous déciderons.
Gilles Desnoix
Sources : INSEE, Santé publique France, ANSES, Agences de l’eau, ARS Bourgogne-Franche-Comté, DREES, Défenseur des droits, Ministère de la Transition écologique, Observatoire des inégalités, Le Monde, France Info, Mediapart, France Inter, Cash Investigation, Le Journal de Saône-et-Loire, France 3 Bourgogne, Montceau News


