Montceau-les-Mines – Réunion publique
Le crématorium ne remporte pas tous les suffrages

La municipalité a organisé à la salle des fêtes du Magny, une réunion publique relative à la construction et à l’exploitation du crématorium sur la zone du prélong.
La Maire Isabelle Louis a ouvert la séance et souhaité que ce temps d’information permette d’éclairer et d’alimenter la discussion.
« Aux affaires depuis le 22 mars, j’ai trouvé ce dossier dans un état d’avancement certain qui ne nous laisse qu’une faible marge de manoeuvre. Pour autant nous devons assurer la continuité du service public. Je n’ignore pas les réserves que suscite ce projet, les hostilités que soulèvent ce dossier », confie Isabelle Louis en guise d’introduction.
D’ailleurs, le crématorium sera à l’ordre du jour du prochain conseil municipal du lundi 27 avril 2026 : deux délibérations, 9 et 10.
En effet, ce projet suscite de nombreuses inquiétudes et de refus de la part des riverains qui se sentent lésés. Ils auraient souhaité qu’on vienne à leur rencontre.
Anne Sevin, adjointe au développement économique, a rappelé quelques repères du dossier. Il y a une forte augmentation de la demande. En 2024, 57 % des cérémonies sont des crémations sur le bassin de vie.
Sur le département, on a trois crématoriums : Le Creusot, Crissey et Sancé. Il y a une réelle nécessité sur le bassin.
Une procédure a été menée, une démarche de concertation, une enquête publique du 14 novembre au 1er décembre 2025.
Le commissaire enquêteur a produit son rapport dont la synthèse est sur le site de la ville.
L’objectif de cette réunion est d’apporter des réponses par l’opérateur sur l’implantation, les nuisances sonores, visuelles, la valeur des biens, …
Viviane Perrin, vice-présidente en charge de l’urbanisme et du foncier à la CUCM a rappelé que Montceau a été choisi pour sa centralité.
Elle indique que trois sites avaient été proposés mais le dernier a été retenu pour sa proximité avec la RCEA et présentant un délai plus rapide pour l’aménagement et une cohérence avec l’existant. Elle propose de faire un groupe de travail qui réunira la CUCM, la ville et les habitants.
Marc Grasset, directeur grand projet infrastructures chez Funecap Groupe a exposé le projet.
La construction de ce crématorium va éviter les délais d’attente et répondre à l’augmentation de la demande.
« On est dans un cas de DSP (délégation de service public). Le bien appartient à la ville. Nous avons répondu à un cahier des charges (horaires, tarifs, fonctionnement, …)
Le chantier fera fonctionner l’économie locale avec l’intervention d’entreprises locales du BTP et la création de 2 emplois, puis un troisième.
L’idée est d’avoir une construction le plus compacte possible, avec un impact moindre présentant des aménagements de surfaces, un environnement stable et calme.
Le responsable a ensuite présenté des données techniques sur les fumées, les rejets atmosphériques, …
30 % de la toiture sera équipée de panneaux photovoltaïques. Un bâtiment quasiment autonome, coût carbone très bas, isolé thermiquement et phoniquement.
L’établissement est soumis à un contrôle tous les deux ans qui permet le renouvellement de l’habilitation.
La situation du bâtiment par rapport aux habitations : nous avons rajouté des arbres et des haies de grandes tailles. Le bâtiment sera parfaitement intégré dans l’environnement.
Le parking de 70 places répond à la demande du cahier des charges. Il faut savoir qu’une cérémonie, c’est 15 voitures.
Suite aux diverses présentations, la parole a été donnée à la salle.
Les riverains ont exposé leurs craintes et ce qui nourrit leurs oppositions : les problèmes de circulation déjà présents dans le quartier, les rejets, la perte de valeur de leurs biens immobiliers, le manque de concertation de la part de l’ancienne municipalité, …
Pourquoi avoir choisi ce site ?
« Il a fallu chercher un foncier aménageable. Un critère était la capacité à un aménagement rapide. C’est donc cette parcelle qui a été choisie avec le terrassement déjà réalisé et pas de nécessité d’étude de sol, une optimisation des coûts financiers et pas de modification du PLUI », explique Valérie Monton, DGA Aménagement et projet territorial CUCM.
« Les autres avaient des contraintes au niveau des inondations ou alors marqué par des pollutions importantes », complète Anne Sevin.
Quel avenir pour la salle Apollinaire ?
La salle de recueillement est de moins en moins utilisée. Quel sera son devenir ?
Les élus informent qu’une réunion se déroulera ce mercredi à ce propos du Syndicat du Vernois dont dépend cette salle.
Pourquoi si près des habitations ? À moins de 50 mètres… ?
Marc grasset répond que le groupe a des crématorium dans les 50 mètres. On peut préciser que la loi n’impose pas de distance minimum.
L’étude de la DREAL n’a aucun rapport avec les rejets. C’est la DREAL qui juge de l’opportunité des études environnementales. Les rejets des fours sont gérés par des normes européennes. Nous, nous sommes beaucoup plus bas que ces normes le demandent.
Qui finance ?
Le projet représente un coût d’investissement de 3 millions d’euros pris totalement en charge par le délégataire Funécap.
La ville bénéficiera en retour de 6 % du chiffre d’affaires et du loyer soit la somme de 110 000€ par an.
Pour Laurent Selvez, « C’est une réunion qui arrive trop tard. Un sujet qui date depuis 2013. Je comprends les citoyens qui n’ont jamais été associés. Les problèmes n’ont pas été réglés. Il y a un réel dysfonctionnement. Le conseil municipal va prendre une décision mais tout est déjà décidé.
En fait, le crématorium pose le problème de l’organisation et de l’aménagement du quartier. Les habitants se sont sentis délaissés.
« Derrière vos interrogations, il faut voir des problématiques de quartier. Nous représentons l’exécutif de la CUCM et nous allons nous affairer sur ces problématiques.
Il faut travailler ensemble sur le quartier de l’Ecuyer, la circulation, concerter et alerter les acteurs économiques, … Il faut apaiser cette rue. Il y a un gros travail de voirie, d’accessibilité et reconnecter les axes principaux. L’enjeu est bien de faire coïncider les besoins ».
La Maire propose à l’assemblée de se revoir début juin.
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Quelques dates…
→ En 2012, la CUCM a signé une convention confiant la gestion de ce service à la ville de Montceau-les-Mines pour une période de 27 ans.
→Par délibération en date du 20 mars 2023, le Conseil municipal a en effet approuvé le principe d’une concession de service public portant sur la réalisation et l’exploitation d’un crématorium.
→ Octobre 2024, le Conseil municipal Ville de Montceau-les-Mines a lancé une consultation pour la réalisation et l’exploitation d’un crématorium dans le cadre d’une concession de service. Le terrain choisi pour la construction de l’équipement se situe sur une emprise d’environ 5 000 m² d’une parcelle cadastrée section CI n°472 appartenant à la Communauté urbaine Le Creusot Montceau (CUCM).
→ en décembre 2024, choix de l’entreprise validée en CM
→ le 28 janvier 2025, la Commune de Montceau-les-Mines a conclu avec la Société des Crématoriums de France un contrat de concession de services ayant pour objet la conception, la construction, le financement, l’exploitation et la maintenance du crématorium de Montceau-les-Mines pour une durée de trente-quatre (34) ans à compter du 28 janvier 2025, soit jusqu’au 27 janvier 2059. Le contrat prévoit également une période effective d’exploitation de trente-deux (32) ans à compter de la date de mise en service du crématorium.
→ le 11 septembre 2025, le préfet de la région BFC a dispensé le projet de création de crématorium à évaluation environnementale
J.L Pradines














