CODEF (Collectif des Usagers des hôpitaux)
Hôpital Jean Bouveri : quand on efface un nom, on efface une histoire 1/3
Communiqué :
« Depuis près d’un siècle, l’hôpital de notre bassin de vie porte un nom : Jean Bouveri.
À sa création comme hôpital‑hospice, il a été installé dans le château de Galuzot, acquis par la commune de Montceau les Mines avant 1914, puis officiellement institué par décret en 1920. En 1927, à la mort de son maire, la commission administrative décide de baptiser l’établissement « Hôpital Jean Bouveri », décision qui marque l’inscription de son nom dans notre histoire locale. Presque cent ans plus tard, ce nom disparaît peu à peu de la communication officielle. On ne parle plus que de « Centre hospitalier de Montceau ».
Sur les logos, le site internet, les documents publics, le mot « Montceau » s’affiche en grand, tandis que « Jean Bouveri » se fait discret ou s’efface. Pourtant, dans les registres officiels, l’appellation demeure : la dénomination juridique, les bases administratives et les annuaires professionnels continuent de reconnaître le « Centre hospitalier Jean Bouveri ». Ce glissement n’est pas anodin.
Effacer un nom, c’est effacer une histoire. Effacer un nom comme celui de Jean Bouveri, c’est effacer un combat. Qui était Jean Bouveri ? Jean Bouveri (1865–1927) n’est pas un nom neutre ni un simple hommage de convenance. Il est d’abord un mineur, un ouvrier du bassin minier, devenu syndicaliste, militant socialiste, puis maire de Montceau‑les‑Mines en 1900, réélu sans discontinuer jusqu’à sa mort. Il est aussi député, puis sénateur, figure nationale du mouvement ouvrier et socialiste français. Dans une ville longtemps tenue par la droite et par la Compagnie des mines, son élection marque un tournant : c’est l’irruption d’un pouvoir municipal qui porte la voix des travailleuses et des travailleurs, qui investit dans les écoles, les équipements collectifs, les œuvres d’assistance.
C’est sous sa municipalité qu’est décidée la construction d’un hôpital public, distinct de l’hôpital de la Compagnie alors réservé au personnel minier, après des années où la ville ne disposait que de quelques lits concédés pour ses malades. Que l’hôpital ait pris son nom en 1927 n’a donc rien d’un hasard : on rend hommage à un maire de gauche, issu du monde ouvrier, qui a voulu pour sa ville un hôpital public ouvert à tous, et non une simple dépendance de la Compagnie des Mines. Effacer ce nom, c’est dénaturer cette histoire, la gommer derrière une appellation purement géographique, « Hôpital de Montceau », présentée comme neutre, mais politiquement très chargée.
L’ancienne Mairesse en sait quelque chose ! Effacer le nom de Jean Bouveri, c’est effacer les grandes heures de l’hôpital : celles où, sur le site de Galuzot, notre établissement a grandi, s’est doté de nouveaux pavillons, d’une maternité, de services de pointe, pour devenir un véritable hôpital de référence du bassin minier et bien au delà.
C’est s’éloigner de la période où l’hôpital, arraché à la tutelle de la Compagnie des mines, a connu un développement continu, au service de toute la population, bien avant la cascade de fermetures de services des années récentes. À suivre… »
Hôpital Jean Bouveri : quand on efface un nom, on efface une histoire 2/3 4 Mai 2026


