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dimanche 12 août 2012 à 18:18

« Savoir le dire  » : notre nouvelle rubrique

Un peu d’égards envers les demandeurs d’emploi



Retrouvez ici régulièrement une nouvelle rubrique baptisée « Savoir le dire ».

 

Un peu « poil à gratter », humoristique, dérangeante… elle n’aura d’autre objet que d’aborder l’actualité différemment (si on ne voulait pas copier, on adapterait un slogan de France Inter : « lisez la différence !« ) en vous faisant réagir.

 

A nous et à vous de jouer.

 

Cela étant, voici le premier  » jus » :

 

 

 

« S’il est une situation douloureuse rencontrée par  bon nombre d’entre nous, c’est bien d’être en situation de demandeur d’emploi. Certes, on nous dira qu’en raison de la conjoncture actuelle, bla, bla, bla…. Il n’empêche que la plupart des « chômeurs » cherche véritablement du boulot et fait de gros sacrifices pour envoyer moult candidatures aux employeurs potentiels. Envois de CV et lettres de motivation par mail (les moins coûteuses, reconnaissons-le) ou envois des mêmes documents par la Poste, moyennant cette fois le prix du timbre. Dernièrement, l’une de mes amies me racontait qu’elle avait envoyé une vingtaine de CV par ce moyen (ce qui lui a couté un peu plus de 10 euros, sans compter le papier, l’encre et le temps passé) et qu’elle était écœurée de ne pas avoir un seul retour.

 

 

Comme elle le dit amèrement : « Je suis d’accord que pour un poste à pourvoir, on ne peut retenir tous les candidats, mais au moins qu’on leur réponde ! Nous faisons l’effort de postuler mais les employeurs nous traitent comme des moins-que-rien et cela, ce n’est pas acceptable ! ».

 

 

 

Et le problème s’est vérifié pour un autre « chômeur » qui avait été convoqué pour un emploi de vacataire dans une station-service. Faute de trouver un travail dans sa branche, celui-ci, malgré de nombreux diplômes, était prêt à assurer ce boulot d’été avec une belle motivation. Au cours de l’entretien avec la responsable, celui-ci s’est entendu poser une question qui l’a mis hors de lui : « Et ça ne vous fait rien de postuler pour ce travail avec tous vos diplômes ? ». Style « tu as des capacités intellectuelles certes, mais sauras-tu avoir des capacités physiques pour servir le petit déjeuner aux routiers qui composent la majorité de la clientèle ? ». Le « chômeur », pas fou, a préféré finalement en rire et se dire que cette personne avait plutôt peur d’embaucher quelqu’un de plus diplômé qu’elle !!!

 

 

 

 

Au final, au bout d’une semaine sans nouvelles de sa candidature, notre homme rappelle cette dame et lui demande si le poste est pourvu. Et il l’était ! Il lui fit donc gentiment remarquer qu’elle aurait pu le tenir informé de cela. Et là, cette brave femme lui répond sans rire : « Ah ! ben non, avec le nombre de candidatures qu’on a eues, on ne peut pas répondre à ceux qui n’ont pas été pris ! ». Et pourtant, ne pensez-vous pas que ce serait la moindre des politesses ? Mais non ! La grande majorité des employeurs se croient à la foire aux bestiaux de Saint-Christophe : on regarde, on fait son choix et on élimine les « déchets » sans daigner les prévenir. Allons, un peu de civisme, mesdames et Messieurs les recruteurs, les demandeurs d’emploi méritent eux aussi un peu de respect. Non ?« 
 

 

 

 

 

 






4 commentaires sur “« Savoir le dire  » : notre nouvelle rubrique”

  1. James dit :

    Oui, et comme ça va en étonner plus d’un, le but premier d’un chômeur n’est pas de se la couler douce en se gavant de programmes télévisuels lobotomisant, pas même de miser une partie de ses indemnités (auxquelles il a droit, rappelons-le ; et pourquoi ? Parce qu’en trimant, il a cotisé pour !) Sur le tocard de la fameuse troisième course à Chantilly pour les dilapider ensuite dans un ticket de la FDJ, non ! Le but de ce « parasite » est de retrouver, et fissa, le monde du travail ; un monde joyeux, gratifiant, épanouissant, il va sans dire, mais peu importe, c’est ainsi, il veut le retrouver, ce monde-là … Et que fait-il pour ? … Il envoie des candidatures assorties d’un CV. Mais attention ! Pas des candidatures torchées à la va-vite avec un CV dégueulasse ! Non ! … Le chômeur, il a bien étudié le dossier, à savoir ce qu’il faut y mettre dans une lettre de motivation, soignant les termes et la présentation, grammaire et orthographe comprises ; aux petits oignons, la lettre. Quant au CV, idem, il te l’a mitonné impeccable, d’une lisibilité à toute épreuve, du velours. Et il est enthousiaste, le chômeur. Il y croit. Ça va finir par payer.

    Mais le temps passe, et rien.

    Quand je dis rien, j’exagère à peine, car voilà, c’est le point, c’est donc là où je voulais en venir : un employeur sur quatre (et encore, j’arrondis généreusement) prend la peine de (lui) répondre.
    Un sur quatre…

    Convocation à Pôle-Emploi,

    Enfin m’y voilà à Pôle Emploi, j’arrive en retard…

    Je m’excuse, précisant qu’il est impossible de se garer…

    La fille me sourit. Elle doit avoir l’habitude.

    Je vais m’asseoir, sagement, avec mon petit cartable noir, sur un siège bleu en plastique, et j’attends. Qu’on m’appelle. Je me dis que ça devrait aller vite. Mais ça traîne. Alors je promène mon regard, à droite, à gauche.

    C’est tout bleu et blanc. Un peu comme le logo de la radio France Bleu

    C’est impersonnel, triste et propre.

    Ce que je prends pour ma “conseillère” n’est pas désagréable. Loin de là. Juste, elle me semble lasse. Elle tape sur son clavier et moi je remplis les feuillets qu’elle me tend. Je coche des “OUI” des “NON”, je soussigne et je signe. Peu de mots sont échangés. Mais je me dis qu’une fois cette paperasse expédiée, nous entrerons dans le vif, qu’elle me demandera ce que je recherche, comme emploi, si j’ai des pistes, des envies, afin d’établir “ensemble”, un “projet personnalisé”. Mais pas du tout. Elle me demande si je suis libre mercredi en fin de matinée. Je réponds que oui. Et me voila cochant, soussignant et signant de plus belle…

    Mercredi, fin de matinée :

    Je pourrais, je crois, décrire le parcours de ceux qui m’entourent. A l’œil nu, ça se devine, ces choses-là. Ce qui les unit et les trahit ce sont leurs regards. Il y a de la résignation. Entre autres… Sinon, un peu de tout : jeunes, moins jeunes, égarés, silencieux, anxieux ; la routine, quoi…

    En face de nous, un trio. Un tableau. Et des marqueurs de toutes les couleurs.
    On s’enquiert du fait de savoir si tout le monde est là. Apparemment, il manque quelqu’un… Il ne viendra pas. Tant pis… L’exposé commence.

    Ce qui est assez désagréable, pour dire franchement les choses, c’est le ton sur lequel on s’adresse à nous. Oh, il n’est pas méprisant, non, du tout même, mais pourquoi nous parler comme si nous étions alités, malades ou je-ne-sais-quoi ? C’est peut-être nos gueules, me dis-je, cette lassitude qui se lit, trop bien.
    Bref…
    On nous explique en quoi ça consiste, ce « travail ». On nous le vend. Puis, on nous demande s’il y a des questions.
    Il y en a.

    – Est-il possible de faire plus de 20 heures par semaine ?

    La réponse est non… Les visages se ferment. Déjà qu’ils n’étaient pas brillants…
    Vu le tarif (9,00 € l’heure, et c’est du brut !) je comprends. Suffit de multiplier par vingt et les comptes sont vite faits. Le quotidien, avec ça, tu ne l’assures pas…

    C’est typiquement ce qu’on appelle un « job d’appoint ».

    Demandeurs d’emploi depuis 36 mois J’ai accepté. Pas le choix. Faut bien manger…

    Je m’assois sur tout. Sur mon expérience, mes compétences, mes acquis, et bien sûr, sur toute prétention salariale.

    Je sais que ça ne me mènera nulle part. Mais c’est tout ce qu’il y a…

    Oh ! bien sûr, si Pôle Emploi proposait des formations, de celles qui permettent, ciblées, de vous diversifier, vous améliorer en tel domaine, compléter un parcours, l’enrichir, ça se passerait différemment. Du moins, faut-il l’espérer… Mais Pôle Emploi n’en propose pas. Pourtant sur les dépliants, très chouettes, en couleur, il est bien écrit que Pôle Emploi mobilisera « tous les moyens nécessaires pour faciliter votre insertion professionnelle (formations, aides à la mobilité..) ».

    Mais peut-être que c’est réservé aux plus jeunes. Ceux qui ont un avenir…

    Faut-il préciser que, lorsque vous reprenez « une activité réduite », vous sortez des chiffres du chômage (tout en restant inscrit). Plus précisément vous ne faites plus partie de la fameuse catégorie A… Bref, vous contribuez à faire baisser le taux de chômage en France (à ce compte-là, vous pouvez annoncer, qu’il sera de 9% à la fin de l’année).
    On comprend mieux, dès lors, que l’on nous pousse à « l’activité réduite »
    Nonobstant, je ne suis pas certain que cela constitue un progrès social. Ni humain… Une bonne nouvelle, quoi !

    Je précise, en outre, que je ne suis pas attentiste ; je veux dire que je ne me repose pas sur Pôle Emploi.

    J’ajoute que, quand j’entends parler à tire-larigot de « sortie de crise », je me demande qui ça concerne. Pour nous, les demandeurs d’emploi, la « sortie de crise » c’est l’ « entrée dans la précarité ». Ce sont des petits contrats à la journée, à la semaine, payés une misère. La crise est passée par là, doit y avoir un rapport, je présume…

    Mais tout de même, faudrait songer à arrêter de nous traiter comme des « profiteurs » ou – comme décrit plus haut – comme des « alités ». Et, si ça existe, je veux dire « les profiteurs », ils ne feront JAMAIS une majorité. Parce que l’immense majorité, elle se bat. Elle accepte tout. Déclassement compris.

    Notre fierté, notre dignité, nos prétentions diverses et variées, on les oublie. Pas sûr que ceux qui nous emploient en soient bien conscients…

  2. Babs210 dit :

    Je ne peux malheureusement que vous dire bravo James pour votre courrier magnifique qui dépeint si bien notre quotidien. Mais parlons un peu de Pôle Emploi. Lors de ma dernière « visite » ma « conseillère » m’a recommandé de refaire mon CV (que j’avais rédigé sur les conseils d’un cabinet de recrutement) et de lui renvoyer par mail, en me précisant avec effectivement un air triste, que ce ne serait pas elle qui le recevrait : son contrat finissait le soir même et elle se retrouvait sans travail… alors je me suis retrouvée en train d’essayer de remonter le moral de celle qui était censée m’aider à sortir la tête de l’eau…
    Pourtant les agents de Pôle emploi, je les connais. J’y ais travaillé pendant la période des CES. Croyez moi ce sont des gens formidables à qui l’on ne donne pas les moyens de remplir leur mission et qui sont démunis face aux situations de détresse qu’ils rencontrent.
    Je ne dirai jamais du mal d’eux. Il n’en va pas de même pour leur direction qui les traite si mal ; alors vous pensez, nous, les chômeurs, ladite direction elle s’en fiche royalement (je parle bien sûr de la direction départementale et même régionale).
    D’après votre courrier, James, il semble que ce soit votre premier contact avec cette agence. Alors courage et je vous souhaite bonne chance !!! Cette chance qui continue de me bouder … Mais on y arrivera !!! ça ne peut pas être pire n’est-ce-pas ?

  3. Daniel Z dit :

    «  »Style « tu as des capacités intellectuelles certes, mais sauras-tu avoir des capacités physiques pour servir …. » »
    Au risque de vous surprendre, mais l’employeur avait raison.
    Les diplomes prouvent que vous avez suivi un cursus fixé par l’E.N. et rien d’autre.
    Les capacités à etre efficace, c’est tout autre chose et je trouve qu’estimer d’autres métiers comme inférieurs est insultant.
    Il y a quelques années, j’avais quelque peu exité mon patron en insistant pour avoir un poste sur un chariot élévateur.
    Il m’a assez sèchement remis à ma place en me faisant constater qu’il me faudrait peut être des années avant d’atteindre l’efficacité des gars en place….et qu’eux, ils étaient indispensables à la marche de l’entreprise.
    Alors abandonnez la référence diplômes quand à la certitude d’être supérieur.
    Ceci dit, bonne chance pour la suite, amitiés.

  4. Babs210 dit :

    Et bien, mais me voilà encore d’accord avec vous !!! J’en ai franchement marre d’entendre dénigrer les bacs pros, les CAP, les métiers appris sur le « tas »… Ces jeunes en bac pro font le double de travail et sont compétents tout de suite. Je me suis échinée pendant 2 ans en BTS à Lyon pour apprendre la sténo, pour arriver ensuite dans une entreprise où l’on pratiquait une autre méthode, et je ne m’en suis jamis resservie. Ce que je sais, je l’ai appris au cours de mes différents emplois… y compris le fonctionnement de pôle emploi …