La Claudine aime les week-ends…
Surtout quand le port fait courir tout le Bassin minier.
La Claudine aime les week-ends…déjà parce qu’on n’est pas obligé de regarder sa montre toutes les cinq minutes, ensuite parce qu’ils réservent parfois de belles surprises. Mais alors celui-là, il mérite largement la médaille d’or du week-end réussi.
La Claudine en a vu des fêtes du port depuis trois années. Elle a vu les débuts, les hésitations, les premières animations, les bonnes idées qui cherchaient encore leur vitesse de croisière.
Eh bien cette quatrième édition, elle a franchi un cap et pas un petit.
Dès le matin, il y avait du monde partout. Des coureurs, des marcheurs, des familles, des promeneurs, des chineurs, des plaisanciers, des curieux, les musiciens du Conservatoire (CRC) qui enchantaient l’ouïe des passants. À croire que tout Montceau et le bassin minier avaient décidé de sortir de chez eux en même temps.
Et franchement, quel plaisir !
La Claudine a particulièrement aimé voir tous ces enfants courir. Les petits, les plus grands, ceux qui partaient à fond comme s’ils visaient les Jeux olympiques et ceux qui regardaient surtout si papa et maman étaient encore derrière.
Mais ce qui l’a touchée, c’est le nombre impressionnant de tandems mère-enfant. Des mamans qui couraient avec leur fils, leur fille, parfois en tenant la main des plus petits. Des sourires, des encouragements, des éclats de rire.
Au fond, ce n’était plus seulement une course, c’était une photographie du bonheur familial.
Et cela valait toutes les médailles.
La Claudine a également trouvé géniale l’idée de faire coïncider la fête du port avec la traditionnelle brocante populaire du premier dimanche du mois. Voilà une idée simple, mais brillante.
D’un côté les sportifs, de l’autre les chineurs, d’un côté les bateaux, de l’autre les stands, d’un côté les animations nautiques, de l’autre les trésors improbables trouvés pour deux euros cinquante.
Résultat ?
Une foule permanente et une ambiance qui ne retombait jamais. On passait des allées de la brocante aux quais du port comme on change de chaîne de télévision, sauf qu’ici tout était intéressant.
Et puis il y avait l’eau. Après tout, une fête du port sans eau serait un peu comme une fête de la musique sans musique.
Cette année, les activités nautiques avaient particulièrement fière allure. La Claudine est restée un long moment à regarder les équipages de dragon boat fendre le canal à grands coups de pagaie parfaitement synchronisés. Une belle démonstration d’énergie collective où l’on comprenait très vite qu’un bateau n’avance que lorsque tout le monde rame dans le même sens. Une leçon qui pourrait parfois servir ailleurs.
Plus loin, les pédalos ne désemplissaient pas, certains profitaient du soleil pour une balade paisible, d’autres transformaient la promenade en véritable compétition familiale. Depuis le canal, les participants découvraient le port sous un autre angle, avec cette impression agréable de prendre un peu le large sans quitter Montceau.
La Claudine a même surpris plusieurs promeneurs déclarer qu’ils n’avaient jamais vu le port aussi vivant.
Et puis cette année, les quais ressemblaient à un véritable terrain de découvertes. Ici, des enfants patientaient devant l’atelier maquillage avant de repartir transformés en tigres, en pirates ou en princesses. Là, d’autres s’essayaient aux jeux en bois géants sous le regard amusé des parents.
Les plus jeunes n’étaient pas oubliés, loin de là. Les jeux en bois ont connu un succès permanent. On y voyait des enfants concentrés comme de véritables stratèges, sous le regard amusé des parents qui n’étaient pas toujours plus habiles qu’eux.
Et puis il y avait ce superbe manège en bois à l’ancienne qui tournait doucement sous le soleil. Pas de lumières clignotantes ni de musique assourdissante, simplement le plaisir intemporel de prendre de la hauteur quelques instants. À voir les sourires des enfants et les téléphones des grands-parents immortalisant la scène, il était facile de comprendre que certaines animations traversent les générations sans prendre une ride.
Et puis il y avait cette nouveauté qui a fait l’unanimité : le petit train touristique.
La Claudine a adoré. D’abord parce qu’il permet de redécouvrir Montceau autrement. Ensuite parce que les jeunes guides du Conseil municipal des jeunes ont assuré comme des professionnels. Une belle diction, des commentaires précis, des anecdotes historiques, géographiques et humaines. Les voyageurs ont terminé la visite sous les applaudissements.
Et quand un public applaudit spontanément, c’est généralement qu’il ne s’est pas ennuyé.
La Claudine a également remarqué quelque chose qui ne trompe jamais, le nombre d’élus présents. Et pas seulement pour la photo.
Cette année, la mobilisation semblait encore plus importante que lors des précédentes éditions.
Autour de Madame le Maire, présidente de la CUCM, étaient présents la sénatrice, le représentant de Voies Navigables de France, plusieurs vice-présidents communautaires, de nombreux maires du territoire, des élus de la majorité municipale et de nombreux responsables associatifs. Bref, du monde, beaucoup de monde.
Et surtout du monde qui semblait heureux d’être là. La distribution de petits morceaux de ruban tricolore aux enfants lors de l’inauguration a d’ailleurs apporté une touche à la fois symbolique et chaleureuse que la Claudine a beaucoup appréciée.
Puis il y eut le vin d’honneur, les déambulations parmi les exposants, les discussions, les rencontres, les retrouvailles.
Car finalement, c’est aussi cela une fête réussie : créer des occasions de se parler, créer du lien, créer du souvenir.
Quant au programme, il avait de quoi satisfaire tout le monde : courses des 5 et 10 kilomètres, marche populaire, fanfare, pêche aux canards, jeux en bois, maquillage pour enfants, voile, dragon boat, démonstrations du SDIS, chiens sauveteurs, ô les magnifiques bêtes ! qui attiraient une foule compacte et exécutaient les exercices avec une précision impressionnante, suscitant à chaque passage applaudissements et admiration Il y avait aussi la visites de la neuvième écluse, animations musicales et même les fameux coups de klaxon des bateaux qui donnent toujours au port un petit air de fête maritime.
Les démonstrations des sapeurs-pompiers ont également retenu l’attention du public.
Côté ambiance, la fête n’a jamais cessé de battre son plein. La batucada venue de Chalon-sur-Saône a littéralement réveillé les quais avec ses percussions entraînantes. Impossible de rester immobile lorsque les rythmes résonnaient entre les bateaux et les terrasses. Les enfants tapaient dans leurs mains, les adultes marquaient le tempo du pied et certains se laissaient même entraîner dans quelques pas improvisés.
Un peu plus tard, les musiciens de Canal Hystérique ont pris le relais sur scène. Leur concert a offert une bande-son idéale à cette journée estivale. Entre deux promenades, beaucoup se sont arrêtés quelques minutes… avant d’y rester bien plus longtemps que prévu. C’est souvent le signe que la musique a trouvé son public.
Et les visites de quelques bateaux amarrés, la Claudine y a renoncé tant il y avait de queue, de prétendants curieux. Ça, c’est une marque de confiance de la part des plaisanciers, une marque d’appartenance au port et de la bonne entente avec la capitaine du port qui avait aujourd’hui revêtu son uniforme d’apparat.
La Claudine a aussi aimé voir ces pontons animés du matin jusqu’au soir, avec des visiteurs venus découvrir l’intérieur des embarcations, échanger quelques mots avec leurs propriétaires et rêver, le temps d’une visite, à une prochaine escapade sur les canaux de Bourgogne.
Et la Claudine a pris réellement conscience de ce que cela voulait dire comme organisation, et pas seulement ce jour précis, de la part des personnels communaux, de la police municipale. Heureusement, le matin, avant la distribution des coupes pour les sportifs, les intervenants sur l’estrade avaient remercié tout le monde.
Et puis il y avait ce détail qui n’en est jamais un : le soleil. Et un vrai soleil, pas celui qui hésite derrière les nuages, pas celui qui apparaît cinq minutes pour repartir aussitôt, non, le beau soleil. Celui qui remplit les terrasses, celui qui fait briller l’eau du canal, celui qui donne envie de rester une heure de plus.
La Claudine le sait bien : lorsqu’une fête est réussie, certains disent que c’est grâce aux organisateurs, d’autres affirment que c’est grâce aux bénévoles, d’autres encore remercient les participants. La vérité, c’est que tout le monde y contribue.
Mais quand, en plus, le soleil décide de venir donner un coup de main, alors là, il n’y a plus de doute possible.
La fête du port de plaisance 2026 restera comme une très belle réussite, peut-être même la plus belle depuis sa création.
Et quand on voyait les quais noirs de monde, les enfants courir, les familles sourire, les chineurs négocier, les bateaux se balancer doucement, les pagaies des dragons boat éclabousser le canal, les pédalos naviguer entre les pontons, les enfants tourner dans le manège en bois, les percussions de la batucada résonner sur les quais et Montceau profiter simplement d’une belle journée populaire, la Claudine s’est dit une chose :
Finalement, le bonheur n’est pas toujours très compliqué.
Parfois, il suffit d’un port, d’un dimanche, d’un peu de soleil… et de beaucoup de Montcelliens et d’habitants du bassin minier… avec le concours des touristes présents.
Gilles Desnoix


