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samedi 22 août 2026 à 06:21

Montceau-les-Mines

Alzheimer : une fugue, des failles, et une famille qui cherche des réponses



 

Il y a des faits qui devraient alerter immédiatement, des situations où la vulnérabilité d’une personne âgée impose une réaction rapide, coordonnée, évidente.

Pourtant, ce qui s’est produit aujourd’hui dans une famille Montcellienne laisse une impression troublante : celle d’un système qui observe, constate… mais ne protège pas.

Une grand‑mère atteinte d’Alzheimer a fugué, parcouru un kilomètre, s’est retrouvée à moitié dévêtue chez des voisins, et malgré cela, elle a été renvoyée seule à son domicile !

La question est simple : comment est‑ce possible ?

Une fugue qui révèle une fragilité extrême

La personne, atteinte de la maladie d’Alzheimer, vit seule. Son unique soutien quotidien est une infirmière qui passe pour ses médicaments.

Hier, malgré un portail fermé et des difficultés habituelles à manipuler les verrous, elle a réussi à sortir de chez elle. Un acte qui, pour elle, n’a sans doute aucun sens… mais qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

« Elle a marché environ un kilomètre, désorientée, vulnérable, partiellement dévêtue, avant de pénétrer dans la cour d’une maison. La personne qui l’a trouvée a fait preuve d’une bienveillance exemplaire, prenant soin d’elle et permettant, par simple bouche‑à‑oreille, de nous prévenir» nous raconte un proche.

Une ambulance fantôme

Sans cette chaîne humaine, l’histoire aurait pu basculer dans l’irréparable. En effet, le SAMU appelé à la rescousse, annonce l’arrivée d’une ambulance… La famille attend. Au bout d’un certain temps, comme sœur Anne, ne voyant rien venir, elle rappelle le SAMU qui annonce que finalement, aucune ambulance n’est disponible…

Ce revirement interroge. Comment une prise en charge peut‑elle être annoncée, puis annulée sans explication claire ?

Dans une situation où chaque minute compte, ce décalage laisse un goût amer et une inquiétude profonde.

En désespoir de cause, la famille conduit elle‑même la grand‑mère aux urgences de Montceau, vers 18 h 20. La vieille dame est prise en charge. Le personnel médical lui fait passer un scanner cérébral et une analyse de sang. Les résultats semblent rassurants.

À 22 h 20, la décision tombe : cette personne fragile doit rentrer chez elle.

« Rien d’alarmant, il faudra revoir la situation avec le médecin traitant » dit‑on à la famille sidérée.

Rien d’alarmant, vraiment ?

Mais comment considérer qu’il n’y a « rien d’alarmant » quand une personne atteinte d’Alzheimer fugue, se met en danger, et ne peut plus garantir sa propre sécurité ?

Comment justifier un retour, seule, dans le même environnement qu’elle a quitté quelques heures plus tôt, sans conscience du danger ?

Des dispositifs engagés… mais qui n’agissent pas encore

La famille a entamé des démarches, qui sont en cours. Mandataire judiciaire, DAC (dispositif d’appui à la coordination), APA (Aide pour les personnes âgées en perte d’autonomie) … Mais concrètement, rien n’est en place. On parle de délais, de dossiers en traitement, de procédures. Et de lenteur administrative…

Pendant ce temps, une femme vulnérable est renvoyée seule chez elle, sans surveillance, sans aide, sans protection. La famille est désemparée. Et elle n’est probablement pas la seule !

Un appel à témoignages

« Ce témoignage n’est pas une accusation, ni une polémique » précise la famille.

Ajoutant ; « C’est une demande de compréhension, d’explications, et de retours d’expérience ».

Les questions sont multiples : d’autres familles ont‑elles vécu une fugue similaire ? Un proche atteint d’Alzheimer peut‑il réellement être renvoyé seul après un tel événement ? Vers qui se tourner quand les dispositifs existent, mais ne se mettent pas en place ? Quelles solutions ont permis, chez vous, de sécuriser durablement un proche ?

Ce soir, une famille cherche des réponses…

Et derrière elle, c’est toute une question de société qui se pose : comment protéger ceux qui ne peuvent plus se protéger eux‑mêmes ?

Cet épisode soulève finalement un vaste débat : celui de la prise en charge des personnes vulnérables, de la coordination des services, et de la capacité collective à garantir une sécurité minimale, lorsque l’autonomie n’est plus possible…

 

Nelly Desplanches

 

 

 

 

 

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12 commentaires sur “Montceau-les-Mines”

  1. FAB dit :

    Bonjour à tous,

    Comment peut-on qualifier une situation où le SAMU vous répond dans un premier temps : « Nous vous envoyons une ambulance immédiatement », puis, une heure plus tard, lorsque la famille rappelle, on lui annonce qu’aucune ambulance n’est disponible et qu’elle doit finalement emmener elle-même la personne aux urgences ?

    Rien que cette situation est déjà révoltante.

    Mais lorsque je lis l’article concernant cette dame et que je vois qu’après son examen aux urgences, le médecin estime qu’il n’y a « rien d’alarmant » et conseille à la famille de la ramener chez elle, je me pose vraiment des questions.

    N’aurait-il pas été plus adapté, compte tenu de sa vulnérabilité, de l’orienter vers un service de gériatrie afin qu’elle puisse bénéficier d’une évaluation complète et d’une prise en charge adaptée, plutôt que de la laisser repartir à domicile ?

    J’espère sincèrement que la direction de l’hôpital de Galuzot prendra les mesures nécessaires, qu’elle acceptera de rencontrer la famille et qu’une véritable solution pourra être trouvée pour cette dame vulnérable, mais également pour sa famille, qui se retrouve manifestement démunie face à une situation aussi difficile.

    Une personne vulnérable mérite d’être protégée et accompagnée à la hauteur de ses besoins.

  2. Isis85 dit :

    Ce qui est inadmissible dans l’histoire c’est que pour une personne ivre les ambulances ou les pompiers se déplace tout les jours et une personne qui en à réellement besoin ,rien ,on vit vraiment dans un système a revoirs c’est inadmissible…

  3. rosemicjar dit :

    Mon père a eu cette envie de sortir, de liberté….Nous le ramenIons à ses habitudes…..et sans aucun doute, ou peut être recommencerat’il……Contre ma famille qui tous répétaient … il a l’Alzheimer….j’ai refait appel à son médecin et le neurologue a levé l’alzheimer….Une aide à domicile matin et après midi et moi le soir et la nuit… ! Quelqu’un au domicile gère en lui même….puisqu’il est quelque peu attentif à la personne présente….
    Il a fini dans une maison de retraite privée à 3450 euros, sans qualité d’attention, la non entente de la famille l’a mis sous tutelle…..

  4. eve dit :

    et pourquoi cette personne n’est-elle pas en unité alzeimer, pourquoi la famille la laisse-t-elle seule dans sa maison ? honteux ! les urgences ne sont pas là pour palier aux manques de la famille

  5. malice dit :

    Je rappelle à isis…que l’alcoolisme est aussi une maladie, et que le problème n’est pas que les ambulanciers prennent en charge quelqu’un qui est ivre, mais bel et bien qu’ils ne prennent pas en charge quelqu’un en ayant besoin. C’est un peu fatiguant ce discours qui montre du doigt les étrangers, les rmistes ou pour ce cas les alcooliques alors que le problème est un manque de moyens dans les hopitaux, en psychiatrie, dans les ehpad, dans toutes les structures qui s’occupent des humains… rappelons nous en au moment de voter

  6. citoyen71 dit :

    Des dispositifs engagés… mais qui n’agissent pas encore………Historiquement , la France administrative ne travaillerait que très peu en août, on attend la rentrée. Avoir un médecin traitant, encore faut il en avoir un, disons un médecin de famille . Quand aux dossiers , j’ai accompagné il y a 8 ans , une personne , il faut s’accrocher et bousculer les portes pour activer les dossiers , bureaucratie typique. Même pour certains supports , type trajectoire , impossible d’envoyer les dossiers, encore heureux qu’il existait une structure sur le bassin minier, avec une personne compétente , qu’il fallait connaître .

  7. FAB dit :

    Bonjour, réponse à Eve, Je pense que la famille à surement fait les démarches pour la placer en unitées alzheimer et qui n’a peut être plus de place j’ai un cousin qui voudrais bien placer sa mère pour la même maladie , et bien madame aucune place dans la région creusot,Montchanin , gueugnon , la guiche , blanzy , sanvignes , et l’hopitâl de Galuzot alors je pens à la famille de cette dame ils ont peut être le même problème , donc ne jugez pas la famille sans savoir , leur vie , vous dites de rester avec elle ils sont peut être pas de la région , donc vous dites les urgences ne sont pas la pour gérer le manque de la famille non mais comme c’est marqué ils auraient peut être du la placé en service gériatrie , en espérant que cela ne vous arrivent pas la même chose qu’a cette famille.

  8. Elodie71 dit :

    Réponse à Eve :

    Avant de juger une famille et de lui faire honte publiquement, il faudrait peut-être lire l’article jusqu’au bout et surtout connaître la situation réelle.

    Bien sûr que nous souhaitons, pour son bien-être et sa sécurité, qu’elle puisse être accueillie dans une structure spécialisée Alzheimer. Si une solution adaptée était simplement possible, pensez-vous réellement que la famille la laisserait seule chez elle ?

    Mais il y a un élément essentiel que vous semblez ignorer : cette personne est sous mandat judiciaire. Cela signifie qu’un mandataire judiciaire intervient dans le cadre d’une mesure décidée par la justice. La famille ne peut donc pas, de son propre chef, décider de la placer en EHPAD ou en unité Alzheimer contre sa volonté et régler la situation en quelques heures.

    Si c’était aussi simple, croyez bien qu’elle serait déjà dans une structure adaptée.

    Quant à dire que « les urgences ne sont pas là pour pallier les manques de la famille », c’est complètement à côté du sujet. La famille a justement cherché une solution, a appelé le SAMU et s’est retrouvée à devoir conduire elle-même une personne âgée atteinte d’Alzheimer aux urgences après une fugue d’environ un kilomètre, retrouvée à moitié dévêtue chez des inconnus.

    Le problème soulevé dans cet article n’est pas de demander aux urgences de remplacer la famille. Il est de comprendre quelle prise en charge doit être mise en place lorsqu’une personne vulnérable n’est manifestement plus en capacité d’assurer seule sa propre sécurité.

    Alors avant de parler de « honte » à une famille dont vous ne connaissez ni les démarches, ni les contraintes juridiques, ni tout ce qu’elle fait au quotidien, renseignez-vous.

    Parce que des jugements aussi faciles et aussi catégoriques sur une situation aussi complexe, oui, c’est cela qui est honteux.

  9. MICHMARE dit :

    Il est injuste de seulement accuser « Montceau les Mines » … C’est pareil dans toute la France à l’extérieur du périphérique parisien. J’ai vécu la réponse « il n’y a pas d »ambulance disponible » faite par le 15, ceci à l’autre bout du pays. C’est FAUX, il y a toujours un véhicule, peut-être faut-il attendre un peu, oui j’en conviens. Des administratifs pour gérer des dossiers et faire du vent, ça oui, il y en a et pas qu’a l’hôpital. Des soignants il en existe bien moins en mesure de recevoir des urgences…
    Pays d’administratifs !!!

  10. rosemicjar dit :

    A Elodie 71: Une mise sous tutelle….un tuteur nommé par le tribunal pour gèrer l’administratif, les dépenses…ect..Vous devriez vous diriger vers le tribunal et voir avec le juge nommé au dossier de tutelle qui convoquera la famille, ( votre mère seule, est de la responsabilité du tuteur nommé par la justice)…..
    Il y a une liste d’attente pour l’EHPAD, et si vous êtes propriétaire donc pourvu de revenus et de propriétés, vous n’êtes pas prioritaire. Il en est de même pour recevoir des aides du département…..avant les aides étaient pour tous, mais depuis longtemps si vous êtes propriétaire vous recevez moins ou pas du tout…..Une vente de la maison est faite si les revenus ne suffisent pas….Si la personne est mariée et possède 50%, sa part est saisie en paiement….Et en liste d’attente pour un HEPAD fait d’être dirigée vers une maison de retraite privée ….

  11. Partageuse dit :

    Protéger une personne, ce n’est pas l’enfermer. Pourquoi ne pas l’attacher, pendant que nous y sommes ? Cette personne a sans doute des moments où elle est lucide, où elle a pleinement le droit à une certaine liberté. Pour ces cas difficiles, la famille a peu de latitude, surtout ne pas la blâmer, savez-vous ce que l’avenir vous réserve ? C’est là que tout le monde doit être responsable, voisins, passants, c’est cela, être humain, tolérer l’autre et ses failles.

  12. Gerard13 dit :

    Mince les gens découvrent que le modèle social n’est plus un modèle et plus personne dans les pays développés ne nous l’envie