Mouvement lycéen
Femmes solidaires des lycéen.nes
Communiqué :
« Depuis le 17 septembre à Créteil, les lycéens et lycéennes de France se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’instruction et plus généralement sur le sort fait à la jeunesse. Femmes solidaires soutient sans équivoque les lycéennes et lycéens dans leur lutte pour leur droit à l’instruction et plus généralement à vivre dignement. Nous saluons leur responsabilité et leur conscience des enjeux nationaux liées à l’Education et des enjeux sociaux face à la fracture sociale dont elles et ils sont victimes.
La solidarité qu’elles et ils ont montrée, au-delà des moyens et de leur situation sociale, est à saluer. Femmes solidaires, mouvement d’éducation populaire, bénéficie d’un agrément de l’Education nationale. Nos militantes interviennent chaque année dans des 100 aines d’établissements et de lieux éducatifs. En 2025, nous sommes allées à la rencontre de 23 612 jeunes en 2025. Ces lycéen.nes qui manifestent nous les connaissons car nous allons à leur rencontre pour des actions de préventions des violences sexistes et sexuelles et pour une meilleure éducation non sexiste et non violente. Nous faisons ensemble chaque année le choix du dialogue et de la vie démocratique qui devrait être au cœur du projet éducatif national de notre pays.
Après deux semaines de mouvement, nous pouvons dire que nous en sommes loin. Au lieu de rassurer sa jeunesse ce pays envoie les forces de l’ordre et encourage la violence en ayant un rapport disproportionné à la force. Ce n’est pas par la violence que nous luttons contre les violences, ce n’est pas en affichant de façon décomplexée une domination masculine que nous lutterons contre le patriarcat et le viriarcat qui engendrent le continuum des violences faites aux femmes et aux enfants. Femmes solidaires est inquiète de la justification des violences policières ; la jeunesse revendique avec pour seule réponse les matraques et les grenades.
Nous nous opposons sans réserve à ces violences policières et demandons au Président de la République de changer les consignes faites aux forces de l’ordre et d’interdire immédiatement les grenades de désencerclement. Pour rappel, le 9 octobre 6877 gardes à vue ont eu lieu en deux semaines dont 86 % concernent des mineur.es, contre 6730 sur l’intégralité pendant le mouvement des gilets jaunes et 700 lors des évènements de mai 68. Enfin, nous soutenons également sans réserve les revendications des lycéen.nes, des étudiant.es et des personnels éducatifs : disparitions de Parcoursup – vecteur d’inégalités sociales, source d’angoisses pour la jeunesse -, modification des rythmes scolaires, revalorisation des bourses, augmentation du nombre de professeur.es et de personnels éducatifs qualifié.es, …
Nous exigeons à leurs côtés que le gouvernement engage un audit sur l’état des établissements scolaires afin que des travaux soient effectués d’urgence là où ils sont nécessaires, notamment dans les sanitaires qui doivent être des lieux sécurisés et propres. Notre jeunesse a droit à une vie et un avenir digne. »


