Montceau-les-Mines – Rassemblement républicain
devant l’hôtel de ville

Face aux événements qui ont récemment touché notre pays, la Maire Isabelle Louis a appelé à un rassemblement républicain. Elle a invité l’ensemble des Montcelliennes et des Montcelliens à se rassembler devant la mairie, ce lundi 19 octobre à 18h 00.
Une soixantaine de participants ont répondu à cet appel pour montrer leur attachement aux valeurs de solidarité et républicaines qui fondent la nation.
La Maire déplore les dégradations des bâtiments publics, des commerces, …
« S’en prendre aux symboles de la République, c’est s’attaquer à ce qui nous rassemble ».
La Maire adresse tout son soutien aux élus, aux agents et aux habitants des communes touchées. « Face à la violence, nous répondons par l’unité et le calme ».
À la suite du discours d’Isabelle Louis, les participants ont entonné la Marseillaise.
« « Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des forces de l’ordre et des services de secours,
Mesdames et Messieurs les agents de la Ville,
Chères Montcelliennes, chers Montcelliens,
Nous sommes rassemblés devant notre Hôtel de ville, comme des milliers d’élus et de citoyens partout en France aujourd’hui, à l’appel de l’Association des maires de France. Nous sommes là pour dire une chose simple : la République ne se laisse pas intimider.
Samedi dernier, en marge des manifestations, des bâtiments publics ont été pris pour cible. À Marseille, à Lille, des portes de mairies ont été forcées. À Limoges, l’Hôtel de ville a été incendié, et son beffroi s’est effondré sous les yeux des habitants.
Je veux le dire avec la plus grande clarté : s’attaquer à une mairie, c’est s’attaquer à la République.
Une mairie n’appartient ni à un maire, ni à une majorité, ni à un parti. Elle appartient à tous les habitants. C’est la maison commune. C’est là qu’on déclare la naissance d’un enfant, qu’on se marie, qu’on vote, qu’on vient chercher de l’aide quand la vie devient difficile. C’est la porte de la République la plus proche de chacun d’entre nous. Brûler une mairie, c’est brûler un peu de ce qui nous relie les uns aux autres. Ces actes sont intolérables, et leurs auteurs devront en répondre devant la justice.
Ce soir, j’adresse tout mon soutien et toute mon amitié à mes collègues maires de France dont les communes ont été touchées. Je pense en particulier au maire de Limoges et à ses habitants. Devant son hôtel de ville en flammes, il a eu ces mots : « C’est un monument qui brûle, mais ce n’est pas la République. » Il a raison. Les pierres se reconstruisent. La République, elle, tient debout parce que nous la tenons debout, ensemble.
Je pense aussi aux commerçants qui ont vu, en quelques minutes, le travail de toute une vie détruit ou pillé. Ce sont des artisans, des indépendants, des petites entreprises qui font vivre nos centres-villes. Je pense aux riverains qui ont retrouvé leur voiture incendiée, leur rue saccagée, leur quartier défiguré. Ce sont souvent des familles modestes, des salariés qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler. Ce sont eux, les premières victimes de ces violences. À toutes et à tous, je veux dire que vous n’êtes pas seuls.
Je pense enfin aux policiers, aux gendarmes, aux sapeurs-pompiers et aux agents publics qui ont été en première ligne, souvent au péril de leur sécurité. Je leur adresse notre reconnaissance.
Ici, à Montceau-les-Mines, tout s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Je veux en remercier chaleureusement les Montcelliennes et les Montcelliens. Ceux qui ont voulu exprimer leurs inquiétudes l’ont fait dans le respect des personnes, des biens et de nos institutions. C’est l’image de notre ville, et j’en suis fière. Elle montre qu’on peut dire sa colère sans rien abîmer de ce qui nous appartient à tous.
Car il ne faut pas s’y tromper : ceux qui cassent ne servent aucune cause. Ils trahissent celle des manifestants, et ils font taire des revendications qui méritent d’être entendues.
Ces revendications, je refuse qu’on les oublie.
Le 17 octobre, ce ne sont pas quelques centaines de casseurs qui ont marqué notre pays. Ce sont des centaines de milliers de Françaises et de Français descendus dans la rue, pacifiquement, pour dire une colère profonde et légitime.
C’est la colère de ceux qui travaillent et qui n’y arrivent plus. Ils font le plein en comptant chaque euro. Ils renoncent, en fin de mois, à ce qui devrait être normal.
C’est la colère des lycéens et des étudiants, qui ne demandent rien d’autre que d’étudier dignement. J’ai consacré une grande partie de ma vie professionnelle à l’Éducation nationale, et je sais ce qu’ils vivent. Ils ne réclament pas un privilège. Ils veulent un professeur devant chaque classe, des locaux décents, un avenir.
C’est la colère des travailleurs, qui veulent une chose simple : vivre de leur travail, et en vivre dignement.
Ici, nous connaissons cette exigence. Montceau est une ville de mineurs. Nos parents, nos grands-parents se sont battus pour leur dignité, pour leur salaire, pour leur sécurité. Ils l’ont fait debout, unis, solidaires. Ils nous ont appris que la lutte sociale et le respect de la République ne s’opposent pas. Elles vont ensemble.
Alors je le dis ce soir sans détour : j’apporte mon soutien plein et entier à ces milliers de Françaises et de Français qui manifestent pacifiquement. Je refuse que les violences d’une minorité servent de prétexte pour ne pas entendre la majorité.
J’appelle le Gouvernement à entendre ce message, et à apporter des réponses concrètes et rapides sur le pouvoir d’achat, sur les moyens de l’école et de l’université, sur la juste rémunération du travail. Le silence et l’attente ne sont plus possibles.
Les maires sont en première ligne. Comme maire de Montceau et comme présidente de notre Communauté urbaine, je vois chaque jour ce que vivent nos concitoyens. Nous demandons à être entendus, et nous demandons qu’on nous donne les moyens d’agir.
Il y a plus d’un siècle, Jean Jaurès, le député des mineurs de Carmaux, disait à des lycéens d’Albi : « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. » Ce courage, c’est celui de ces jeunes et de ces travailleurs qui manifestent pour un avenir meilleur. C’est aussi le nôtre, à nous, élus, qui devons les entendre et leur répondre.
La République, ce n’est pas seulement des bâtiments à protéger. C’est une promesse à tenir : liberté, égalité, fraternité. Défendre nos mairies et défendre la dignité de ceux qui manifestent, c’est un seul et même combat.
Vive Montceau-les-Mines, vive la République, et vive la France ». »





