« La mère en gueule » (Journées du patrrimoine 2012)
Le "Parler Montcellien" mis (très justement) en évidence !
C’était ce dimanche à l’auditorium des Ateliers du jour, la salle était pleine et la conférence, menée par les membres de la Mère en gueule et des figures bien connues du bassin minier, ont parlé avec passion de notre « parler montcellien », n’oubliant pas de rendre hommage à tous ceux, (écrivains en particulier » qui, par leurs recherches et la qualité de leurs ouvrages nous apprennent à le connaître et surtout à le faire perdurer dans le présent et le futur.
Tous les intervenants, les Eliane, Bubu, Gisèle, Gérard, Pascal, Michel, Jean Paul à l’accordéon, ont conquis l’auditoire.
Quelques interventions sur les ouvrages :
– « Y’est pt’être pas vrai, mais l’monde y dit ! » Pierre Jarjaille (Eliane / Bubu)
– « D’ssur mon ceyeau : la Mère Cannesson » Pierre Jarjaille (Gisèle / Eliane)
– « Les Vieilles de chez nous » Gil de Bert : Gilbert Lauprêtre (Eliane / Gisèle)
– « L’ouée, le lapin et le p’tchet cotson » Antoine Maringue (Bubu)
– Intervention de Lorena Bettocchi sur la réédition des travaux de Maringue par Les Nouvelles Editions du Creusot; intérêt de préserver le patois, approche de Maringue et de ses travaux, patrimoine, coutumes et traditions, Unesco…
– « Dialogues en patois 1,2,3,4 » Antoine Maringue (Gisèle, Bubu, Eliane)
– Coutume de Pâques et chansonnette « Si t’étos v’ni » recueillie par Antoine Méchin (Gisèle et Jean Paul à l’accordéon)
– Vieux chant de beutier chanson recueillie par Antoine Méchin
– Coutume de Mai et chanson recueillie par Antoine Méchin (Eliane)
– Entendu au bal » Antoine Maringue (Gisèle, Eliane)
– Coutume Le lendemain des noces A. Maringue (Bubu et Jean Paul)
– « La tournée du Julot Basset » Roger Maillot (Michel Billard)
– « La Mère Braillou est arié patraque » Roger Maillot
– « Sapré popol ; acte 3 scène 2, p75 à 79 » Jean-Noël Marchandiau (Gérard, Eliane, Bubu)
– Les enfants de cinq sous » opéra de Gilbert Morèle, présenté par l’auteur
– Le Glaude et la Maria » Edmond Lauxeur (Gisèle, Eliane, Bubu)
Il fut ensuite expliquées quelques expressions montcelliennes :
– Et’e ch’tit comme un garde : Etre prêt à porter tord à quelqu’un en cachant son jeu : C’t’homme-là, au vaut rien : aul est ch’tit comme un garde.
– Y’en rouche ! Pleuvoir à verse
– Les chiens font pas des iéves : Si le père n’a rien valu, il est naturel que le fils ne vaille rien. C’est en somme l’expression : Tel père, tel fils, prise uniquement en mauvaise part.
– Mener sa râpe : Bavarder à tort et à travers, sans discernement.
– Payer à la gline : S’acquitter d’une dette par de petits et nombreux versements.
– Y’est un vrai heurchon-Bidaut : Se dit d’une personne acariâtre, d’un abord difficile. Les Bidaut étaient une tribu de romanichels qui se nourrissaient surtout de hérissons.
– Avoir la corée dure : Avoir une santé de fer. Pour monter dans c’tes feusées, y faut avoir la corée dure !
– Aul a fait vilain : Crier sous l’emprise de la colère. J’sus arrivé en r’tard, mon père, aul a fait vilain. S’emploie aussi pour caractériser un violent orage: Y fait vilain!
– Faire l’andouille : Cette expression s’emploie quand la combinaison d’une femme est plus longue que sa robe et dépasse par-dessous.
– Quel grand dépendeur d’andouilles ! Homme de grande taille, peu affable et qui n’attire pas la sympathie. Au fait l’intéressant c’te gars-là, mais dans l’fond, y’est un grand dépendeur d’andouilles.
– Tomber en ardevelles : Se défaire, se démonter en parlant d’un objet. Une chaise qui se démonte tombe en ardevelles. Se dit aussi à propos des aliments qu’une trop longue cuisson fait tomber en morceaux : Mon poulet a trop cuit; aul est tombé en ardevelles!
– Sec comm’ le cul d’un couvreur. S’applique aux personnes très maigres, mais aussi aux aliments desséchés à cause d’une longue cuisson : C’te rôti, aul est sec comme le cul d’un couvreur !
– Que j’me veux don mal ! Que je me déteste ! Se dit quand on a commis une étourderie, un oubli ou une maladresse : J’ai cassé mon saladier neuf, que j’me veux don mal !
– Se r’tourner la peau du cul su’la téte : Faire à sa guise, sans s’occuper des autres. Dans ma maison, je sus bien tranquille, je peux ben me retourner la peau du cul sur la tête, personne veut y voir.
– Y déprave la gueule. Se dit d’un mets trop épicé ou d’une boisson trop forte qui irrite la bouche.
– Y z’ont une taboulée d’gamins : une grande quantité.
– Aga le don ! Dans le sens de : Regarde-le, celui-là…
– Apporte ton butin ! les vêtements, le linge.
– Ses sous, aul les peutfine: il en fait mauvais usage.
– Vous ez t’y fini d’bouriauder c’te chat ! Le malmener
– Gros malin ! T’as pas vu l’loup péter sur la piarre de boué ! Pour se moquer de celui qui fait le malin, qui se vante de tout connaître, d’avoir tout vu.
Les intervenants (Bubu, Gisèle, Eliane,Michel), intéressèrent ensuite le public avec les œuvres succulentes de Jean-Pierre Valabrègue et Norbert Murat avec :
– Présentation des travaux de Jean-Pierre Valabrègue , éminent linguiste, également membre de la Physiophile. Son dictionnaire du français régional parlé et écrit dans le Bassin Minier de Montceau, même s’il ne fait pas l’unanimité –d’aucun considérant que l’exigence du linguiste, surtout quand il a le tord de ne pas être du crû, ne saurait faire justice à la truculence du parler montcellien- son dictionnaire, donc, aura permis une large diffusion et la reconnaissance de ce riche vocabulaire montcellien. Le travail de diffusion qu’il poursuit régulièrement par le biais des journaux locaux participe, nous le pensons, à la nécessaire réappropriation par le populaire de ce que nous considérons comme une de nos langues maternelles, et qui, à ce titre, est aussi l’une de nos richesses culturelles.
– « D’ssur mon séyeau » L’écho du choûtot ; Jean-Pierre Valabrègue
– « Tous au Syndicat » L’écho du choûtot ; Jean-Pierre Valabrègue
– « Le ch’tit canon » p137/141 Les aventures du Toine Goubard, Maurice Mazoyer’
– Le secret du mari tiaulé » Les 36 tournées de la Gueurouette, Norbert Murat
Présentation du travail de Robert Meunier, alias Norbert Murat (Bubu) : Certains ont sans doute reconnut une des tournées de La Gueurouette, publiées il y a quelques années dans les colonnes d’un gratuit local et disponibles depuis en librairie… Les écrits de Norbert Murat, pseudonyme d’un enfant du pays que vous connaissez peut-être nous intéresse, parce qu’il réussit lui aussi, nous semble-t-il à La Mère en Gueule, ce difficile challenge qui consiste à raconter nos histoires locales en conjuguant le vocabulaire et des expressions montcelliennes avec une écriture moderne : la truculence et le jus montcellien dans une langue accessible et compréhensible par tous.
– «Le portail peinturé en jaune. » Les 36 tournées de la Gueurouette, Norbert Murat (Gisèle)
Conclusion de La Mère en Gueule :
Il est difficile en si peu de temps de citer tous ceux qui font le « parler montcellien » (merci à eux), que ce soient les individus ou les groupes sociologiques (mineurs, étrangers etc…)
Le mot de la fin est revenu à Gisèle et Eliane :
Oh ben, mon vieux ! Avec tout c’travail, ch’sons afnies! Vous pouvez pas savoir ! Afnies ! Afnies !
Jean Michel LENDEL


