51ème anniversaire du cessez le feu en Algérie (Blanzy)
Plusieurs centaines de personnes réunies au mémorial
Ils étaient plusieurs centaines à s’être rassemblés au Mémorial AFN de Blanzy, ce mardi 19 mars pour commémorer le 51ème anniversaire du cessez le feu en Algérie qui mettait fin à cette longue et douloureuse guerre. Mais ils étaient là aussi pour, conformément à la loi du 12 décembre 2012, se recueillir en cette 1ère journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
Autour de Robert Létang, Président de l’Association du Mémorial, on reconnaissait Yves Andrieux, Directeur départemental des Anciens Combattants, les Députés Philippe Baumel et Thomas Thévenoud, le Président de la CCM, Jean Claude Lagrange, Didier Mathus, Maire de Montceau les mines, Guy Emorine, Maire de Blanzy, Alain Philibert, Maire de St Vallier, Jean Yves Vernochet, Maire de Montchanin, Jean Paul Luard, Maire des Bizots, Laurent Selvez, Conseiller Général et adjoint au Maire De Montceau les mines et de nombreux élus et représentants d’associations d’Anciens Combattants dont les différentes sections de la FNACA.
De nombreux dépôts de gerbe ont été effectués :
– Pour les familles des tués (par Mme Frily)
– Pour les secteur Le Creusot Montceau FNACA ( Robert Gelet et Mme Terrand)
– Pour le Conseil Général (Laurent Selvez)
– Par les Députés Philippe Baumel et Thomas Thévenoud
– Pour les villes de Montceau et Blanzy (Didier Mathus et Guy Emorine)
– Pour l’Etat, (Yves Andrieux représentant Monsieur le Préfet de Saône et Loire)
Robert Létang fit lecture du message national de la FNACA :
« 19 MARS 1962 – Le Cessez-le-feu est proclamé en Algérie. »
« Il met fin officiellement à 10 années de guerre en Afrique du Nord. Cessez-le-feu : Quelques mots simples mais quelles paroles de vie et d’espoir, quand durant toutes ces années, chaque jour, dix hommes, dix des nôtres, sont Morts pour la France au cours d’indicibles et meurtriers combats.La Guerre d’Algérie : tant de drames, tant de morts, tant de blessés, tant de vies brisées à jamais, tant de familles dans la douleur.
Militaires appelés, rappelés, de carrière, supplétifs, harkis, 30 000 compagnons d’armes disparus !Enfants des jours sombres de la seconde guerre mondiale vous avez, pour la plupart 20 ans quand, arrachés à votre village, votre cité, votre métier, à l’affection de vos proches, vous êtes jetés dans cette guerre, aussi hideuse que tout autre guerre. Dans des conditions difficiles, avec un civisme et un courage exemplaires, vous accomplissez votre Devoir de citoyen jusqu’au sacrifice suprême. Dès 1963, nous avons prêté et tenu serment. Honorer votre Mémoire, chaque année, au jour anniversaire du Cessez-le-feu.
Devoir de fidélité des survivants aux disparus. Désormais, le 19 mars est Journée Nationale du Souvenir et de Recueillement à la mémoire des Victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
Reconnaissance d’un juste combat mené par la FNACA, l’Histoire de France est réhabilitée, Hommage solennel à tous ceux dont le destin s’est effacé devant celui de la Nation. Nous inclinons nos drapeaux dont les plis sont ceux du sacrifice et du sang versé pour les couleurs de la France. Notre drapeau tricolore, symbole de notre unité nationale, tout comme notre hymne « La Marseillaise » qui résonne dans les airs.
SOUVENIR, EMOTION, DIGNITE, RESPECT, FIDELITE, REFLEXION sont les valeurs données à nos cérémonies avec une volonté d’apaisement et de rassemblement. Voici plus d’un demi-siècle s’achevait la Guerre d’Algérie. Celles et ceux ayant survécu à cette tragédie savent combien sont précieuses 50 années de Paix. Gardiens et porteurs de la Mémoire, nous savons que commémorer, c’est arracher à l’ignorance, permettre une écriture correcte de l’Histoire dans la recherche de la Vérité sans laquelle rien ne peut se construire, préserver l’Avenir. Entrepris par notre Fédération, dès sa création, notre Travail de Mémoire est un élément essentiel du creuset républicain. Si le passé est écrit, l’Avenir se construit.
Pour les jeunes, de plus en plus associés à nos cérémonies, il se prépare sans polémiques.
Aidons-les avec sérénité. Dans le respect de toutes les mémoires, avec esprit de tolérance, regardons notre Histoire avec lucidité. Puisons dans les leçons du passé. Favorisons la réconciliation afin de tisser, jour après jour, des liens d’amitié avec les peuples d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Construisons un monde Solidaire et de Paix. »
Ce fut ensuite le tour d’Yves Andrieux, Directeur départemental des Anciens Combattants de Saône et Loire, représentant le Préfet de Saône et Loire, de faire lecture du message du Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense chargé des Anciens Combattants, Monsieur Kader ARIF :
« Le 6 décembre 2012 fut adoptée la loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.
C’est le 19 mars que fut adopté le cessez-le-feu de l’un des conflits les plus douloureux de l’histoire de notre pays.
Ce jour-là, certains se dirent « c’est fini », d’autres connurent le désarroi. Des jeunes Français évitèrent la mobilisation, d’autres commencèrent à entrevoir un retour dans leur famille.
Mais ce jour de soulagement pour beaucoup, de tristesse pour d’autres, ne signa pas la fin des drames et des horreurs. La France n’oublie pas les hommes, femmes, enfants, dont le destin fut bouleversé après cette date.
Aujourd’hui, la France rend hommage à toutes les victimes. A ces jeunes engagés ou appelés, projetés brutalement dans la guerre. Beaucoup y perdirent la vie. Les autres en revinrent marqués, dans leur chair et plus encore dans leur esprit.
La France rend également hommage aux victimes civiles. Nous disons la tristesse de la Nation qui en ce jour pleure ses morts.
L’Etat est, et restera, aux côtés des victimes et de leur famille. Plus de 50 ans après la fin de cette guerre, c’est désormais une mémoire apaisée qui doit être recherchée. Respect, solidarité, rassemblement, telle est la perspective dans laquelle doivent se placer les acteurs et témoins de cette période, et l’ensemble des Français avec eux.
La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit dans cette perspective. Elle permet d’avancer dans le travail de mémoire.
Elle encourage la transmission à l’égard des jeunes, qui seront demain les porteurs de notre mémoire réconciliée, entre Français d’abord, entre Français et Algériens également.
Pour que l’avenir soit celui de la réconciliation et de la paix, rendons hommage aux victimes. Nous ne les oublions pas. »
Après « l’Appel aux morts », furent énoncés les noms des tués aux combats.
Après les remerciements aux Drapeaux, au Maître de Musique (Musique des Sapeurs Pompiers de la CCM du Creusot) et aux personnalités, retentit l’hymne national « La Marseillaise ».
Et c’est une chanson au titre « l’Algérie », interprétée par Serge Lama qui clôtura cette cérémonie.
Jean Michel LENDEL













