Commémoration de la libération de Blanzy
Passionnante et instructive de Roger Marchandeau et Roland Soufflet !
Comme dans tout le bassin minier, Blanzy a été ce vendredi le théâtre de diverses manifestations commémorant la libération de la ville le 5 septembre 1944. En présence des maires de Blanzy, Marigny et des Bizots, d’André Quincy, président du comité de liaison Mémoire et Fraternité de Blanzy-Marigny-Les Bizots, et d’anciens résistants, deux conférenciers sont intervenus à 20h salle Jacques Prévert pour clôturer cette journée. Une centaine de personnes est venue les écouter.
Roger Marchandeau, historien local, a repris dans le détail l’histoire de l’occupation de la ville. De l’arrivée des Allemands le 17 juin 1940 à Montceau jusqu’au récit de la bataille de Galuzot le 6 septembre 1944 et à la libération de Blanzy, il a captivé son public par un récit précis des événements.
Dès le 4 juin 1944, le message destiné à prévenir la résistance de démarrer le Plan Vert était diffusé sur les ondes (« Le premier accroc a couté 200 francs »). Destiné à empêcher les nazis d’acheminer des renforts en Normandie, il demandait à tous de détruire les moyens de communication, et en particulier les voies ferrées. La Saône-et-Loire entrait donc en guérilla. A partir du 2 septembre, maquisards et partisans du département intensifient les embuscades et les coups de main pour freiner cette remontée allemande, qui voulait en particulier conserver la stratégique ligne ferroviaire Paray-Chagny. Le passage entre Blanzy et Montchanin étant coupé par les partisans, l’occupant se regroupe sur Montceau pour tenter un passage, tandis que les FTP se positionnent pour les attaquer. Dans la nuit du 5 septembre, les Allemands prennent la fuite, évitant de sanglants combats. Dès le 6 au matin, la compagnie du PC, le groupe André, le groupe Antoine et la compagnie Fred entrent dans Blanzy, libérée. La dernière grande bataille du bassin minier, à Galuzot, se solde après 5 heures de combat par l’emprisonnement de 700 soldats allemands. De Lattre de Tassigny pénètre dans Montceau le 7, et le dimanche 10 septembre, les villes retentissent des défilés de la Libération.
Autre historien local, originaire de Marigny, Roland Soufflet a régalé l’assemblée par ses souvenirs d’enfance sous l’occupation. Agé de 9 ans au début de la guerre, il a fêté ses 12 ans au moment de la Libération. Il a retracé le quotidien des habitants ruraux, se basant sur sa vie et ses propres expériences. Beaucoup de rires ont fusé dans les rangs lors des descriptions de lavage de tête avec d’hypothétiques lessives à la chaux, du ramassage des limaces pour nourrir cochons et volailles, ou du tricotage des « chaussons à pattes » enfilés par les paysans dans les sabots. Il est en particulier revenu sur l’un des principal moyen de subsistance de l’époque : le troc. Tout se troquait : les aliments, le bois, les outils, les matières premières, les services… Même après la guerre, en 1946, ce troc a perduré, permettant à notre conférencier de se loger gratuitement, lors de ses examens du brevet, contre une pintade et du beurre ! Il a fait ressurgir parmi l’assistance des arrière-goûts culinaires ou rappels de tenues vestimentaires. Et de chacun de commenter les recettes de l’époque et les techniques de torréfaction de l’orge, qui ne semble pas avoir laisser de souvenirs impérissables aux natifs de l’époque ! Malgré la pénurie de matériel pour les travaux des champs ou de carburant pour les tracteurs, les habitants des campagnes environnantes parvenaient à trouver des solutions pour que l’exploitation fonctionne.
Avec forces anecdotes et bons mots, Roland Soufflet a su nous replonger dans la vie quotidienne des saône-et-loiriens, avec tous les soucis, les difficultés, mais aussi les joies qu’il a connus pendant ces années noires?
L’assistance a ensuite pu intervenir, avec en particulier les témoignages de plusieurs habitants ayant vécu les événements cités et cherchant encore des réponses à certains faits. Cette soirée a été riche d’enseignement, en particulier pour les plus jeunes présents qui permettront peut-être que cette mémoire ne se perde pas.
Véronique Décrenisse-Kieny








