Blanzy : Les promeneurs s’interrogent…
Petit étang du Plessis : pas de nettoyage prévu avant la remise en eau

Le petit étang du Plessis, vidé il y a plusieurs mois, offre aujourd’hui un visage inhabituel. À sec, la cuvette s’est rapidement couverte d’herbes hautes et de végétation spontanée, donnant au site un aspect sauvage qui surprend les promeneurs, comme les riverains.
Alors que cet étang va être remis en eau prochainement, une question revient avec insistance dans la population : le fond sera‑t‑il nettoyé avant le remplissage ?
Pour de nombreux habitants, l’enjeu est double. D’un côté, certains craignent que la végétation accumulée ne gêne la qualité de l’eau, ou ne favorise l’envasement rapide.
D’autres y voient d’un autre côté, une opportunité de remettre l’étang en état avant son retour à la normale, notamment en retirant ces herbes, branches ou dépôts qui auraient pu s’y accumuler.
Des frayères extraordinaires
Nous avons sollicité l’avis de Michel Canet, président de la Gaule Montcellienne, quant à ces questions que se pose la population.
Il est à noter que la gestion du site ne relève pas de l’association de pêche, mais de Voies Navigables de France (VNF) et de l’Office Français de la Biodiversité (OFB).
Michel Canet indique : « D’importants travaux ont été réalisés récemment pour remettre la digue aux normes européennes. VNF a fait un excellent travail sur ce chantier d’envergure, souligne-t-il. En revanche, aucun budget n’avait été prévu pour le nettoyage du petit étang ».
La Gaule Montcellienne, de son côté, n’avait pas le droit d’intervenir. « Pour nettoyer le fond, il aurait fallu faire appel à une société spécialisée, avec un coût conséquent », explique Michel Canet. L’association ne pouvait donc ni financer, ni réaliser elle-même cette opération, pour peu qu’elle en aurait eu le droit.
Mais quelles vont être les conséquences si l’étang est rempli sans nettoyage préalable ?
Michel Canet se veut rassurant, tout en restant réaliste : « À court terme, les herbes actuellement présentes vont se décomposer sous l’eau, probablement entre mars et avril. Cette décomposition pourrait rendre la pêche un peu plus difficile la première année.
À long terme, en revanche, cette végétation en décomposition constitue un atout. « Cela va créer des frayères extraordinaires », affirme-t-il. Ces zones sont essentielles à la reproduction des poissons, offrant des refuges naturels, où les femelles déposent leurs œufs.
Si le nettoyage n’est donc pas prévu, les pêcheurs comme les riverains peuvent espérer que cette phase transitoire profite à la biodiversité du site.
Un remplissage prévu après la fin des travaux
Et Michel Canet d’expliquer : « Le petit étang du Plessis ne se remplira pas immédiatement. Son niveau d’eau remontera naturellement, au fil des précipitations, mais seulement une fois les travaux terminés. En effet, des opérations de remplacement de vannes sont toujours en cours sur la digue, et un niveau précis doit être respecté avant toute remise en eau ».
Ajoutant : « Selon les prévisions, le grand étang du Plessis devrait atteindre une cote d’environ 5 mètres au début du mois de mars. Son remplissage complet, lui, n’interviendra pas avant le mois d’avril, à l’issue des travaux.
Il est important de rappeler que les deux plans d’eau sont liés : le petit étang est entièrement tributaire du grand, et son niveau dépend directement de celui-ci… ».
Au‑delà des questions pratiques, l’avenir du petit étang du Plessis rappelle combien ces espaces, parfois modestes, jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique et le lien des habitants à leur environnement.
Entre contraintes budgétaires, impératifs techniques et attentes locales, la remise en eau marque une étape importante. Reste désormais à voir comment ce renouveau sera accompagné et si la nature, comme souvent, saura transformer cette période de transition en véritable opportunité pour la vie aquatique et pour ceux qui aiment ce lieu.
Nelly Desplanches








