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samedi 9 mai 2026 à 06:11

Commémoration aux Bizots : « une défaite de l’esprit en 1940 »

« Ceux qui continuèrent de croire à la France n'étaient pas des surhommes. »



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Ce vendredi matin, la commune des Bizots a honoré ceux et celles tombés pendant la seconde guerre mondiale et commémoré la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Jean-Paul Luard, Maire de la Commune, était entouré de Sophie Clément, vice-présidente au conseil départemental et élue départementale de la circonscription, Cyrille Politi, maire de Blanzy et de Céline Jacquet, Maire de Marigny.

 

L’Harmonie de Blanzy a ouvert le défilé partant devant l’école de la commune en direction du centre-bourg, devant le monument hommage aux combattants tombés pour la France

Plusieurs élèves de l’école, des familles, des habitants étaient présents lors du dépôt de gerbes par les élus. Les élèves ont ensuite lu le manifeste, rappelant la dureté du conflit, la défaite amère de 1940, et la résistance jusqu’à la victoire finale en 1945 :

« Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne. Le 8 mai 1945, enfin, après des années d’épreuves, d’horreurs et de combats, l’Europe était libérée de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie. Libérée par tous les Alliés. Libérée avec le concours des armées de la France, « la seule France, [celle] qui se bat » et ne se rend pas.

Ne l’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit. Marc Bloch — historien, combattant de 14, volontaire à nouveau en 39, fusillé en juin 1944 — avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient « estimé très tôt naturel d’être battus ». Ceux qui continuèrent de croire à la France n’étaient pas des surhommes.

Ce furent les cent trente-trois pêcheurs de l’île de Sein, les cinquante-deux premières engagées volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce fut Jacques Lusseyran, lycéen non-voyant de 16 ans qui rassembla autour de lui les Volontaires de la liberté, avant d’être déporté à Buchenwald.

Ce furent des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions, avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder.

Cette résolution était d’abord celle de résister au déni du droit et de la justice.

« Dès le 3 septembre 1939 », rappelle le général de Gaulle, « nous avons tiré l’épée, seuls avec l’Angleterre, pour défendre le droit violé sous les espèces de la Pologne. » À Londres, sous les bombes du Blitz, à Brazzaville, où l’Ordre de la Libération est créé, se poursuivit la lutte de ceux qui pressentaient que cet affrontement était une guerre contre l’humanité. Alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale, souvenons-nous de l’amiral Muselier, rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine. Souvenons-nous des sous-mariniers du Casabianca, déjouant la vigilance ennemie pour armer la Résistance en Corse.

Et derrière eux, toutes les générations de marins qui perpétuent aujourd’hui notre puissance navale avec le porte-avions France Libre. Souvenons-nous des commandos Kieffer, débarqués à l’aube du 6 juin 1944. 

Honorons, sur les plages de Provence, les soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique — tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu’à Berlin.

De Lattre qui, face à ce qu’il appelait « les puissances multiples du mensonge », dira : « nous avons découvert tout le prix de notre civilisation en éprouvant sa fragilité. »

Rappelons-nous Simone Veil, rescapée d’Auschwitz, qui fit de sa vie une œuvre de réconciliation et de paix : l’idéal européen qu’elle nous lègue fut la réponse à la haine par la force du droit.

Cette victoire était celle du respect de la souveraineté de chaque peuple et de la dignité de chaque personne, contre ceux qui voulurent réduire notre continent à un empire de maîtres et d’esclaves.

Aujourd’hui, pour que plus jamais le pire ne redevienne possible, il nous revient de transmettre aux jeunes qui s’avancent dans la vie — alors que les derniers témoins nous quittent — le « patriotisme agissant » que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux.

Transmettre cette force morale, la première arme d’un peuple qui sut, au bord de l’abîme, se redresser.

Un peuple, le nôtre, que « ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n’ont pu détourner de son éternelle vocation ». (Charles de Gaulle, discours devant l’Assemblée nationale, 15 mai 1945).

Vive l’Europe libre. Vive la République. Et vive la France ! »

 

A l’issue d’un ultime hommage aux morts et à la fin de la cérémonie, la mairie des Bizots a offert un verre de l’amitié et de la paix.

 

EM

 

 

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